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ÉCONOMIQUES

Il n'y a pas un mot à retrancher à ces réflexions qui pourraient servir de conclusion à notre exposé : mais on nous permettra de dégager quelques points qu'il convient, en terminant, de mettre en évidence, car ils répondent à' des erreurs répandues d'autant plus facilement qu'elles circulent sans contrôle. Ce sont, en quelque sorte, les conséquences et les enseignements des lois économiques que nous avons énumérées.

(1) Levasseur, La Population, lome m, page 55, ch. ii. La population et les subsistances.

La population augmente dans tous les pays, mais plus les pays avancent en civilisation, plus la natalité diminue, c'est-à-dire plus l'accroissement de la population est faible. En se reportant au rapport du comité de contrôle du dernier recensement de 1901, on voit que la population européenne, qui était de 175 millions vers 1800, était de 400 millions vers 1900-1905. Elle a donc plus que doublé.

Il est inexact de dire que la population de la France dfminue : elle augmente, mais dans de faibles, trop faibles proportions, parce que sa natalité est faible ; mais, d'après M. Levasseur, M. Bodio, d'après les travau.x du ministère du commerce sur la population française, notamment ceu?^ de M. March, la diminution de la natalité est relativement plus forte en Angleterre «•I en Allemagne qu'en France.

Au contraire, la diminution de la mortalité est plus grande en France que dans les autres pays : cette diminution qui est due au progrès de la science médicale et à ceux de l'hygiène, vient corriger la faiblesse regrettable de la natalité.

Il est inexact de dire que la faiblesse de la natalité française soit due à la faiblesse de la race, à son affaiblissement, à son appauvrissement. La vérité, hautement démontrée et affirmée par les professeurs Pinard et Richet dans leurs remarquables rapports à la commission de la population (i), est que notre race n'a rien

Civilisation et natalité.

Diminution de la natalité en France.

Plus forte en Angleterre et en Allemagne.

Diminution de la mortalité iti France.

(1) Nous voulons parler de la eommission extraparlementaire nommée La commission

par M. Wahleck-Rousseau pour étudier let multiples problèmes que extraparlemen- •^ ,. .. .• *^ -"^ "^ ^ taire de la depo-

sotileve cette question. pulation.

Nous rappellerons les noms de quelques-uns des membres de la commission à laquelle nous appartenons nous-nième : MM. Emile Levasseur, Charles Lyon-Cacn, de FoTille, Yves Guyot, Griolct, Payelle, March, hJmile Delamolte, Gide, de la Société d'économie politique; Bertillon, Hennequin, de la Société de statistique

M. Levasseur a présidé la sous-comiuission^chargée de préparer les enquêtes et les documents statistiques et econom.ique8 ; M.M. de Forille et Delamotte se sont occupés des causes fiscales de la dépopulation; le rapport sur les causes économiques nous a été coutié de concert avec M. Yves Guyot, qui a traité l'influence du régime protectionniste sur le développement de la population.

SlériHté volontaire.

On se préoccupait autrefois de l'accroissemcnt (le la population.

La circulaire de M. Dunoyer, préfet de la Somme (1833).

].' Economie rurale de la l'runce de M. de Laverfc'ue (I8t>0).

perdu de sa valeur, de sa force : notre stérilité, disentils, ne tient pas à des causes matérielles ou physiologiques, c'est un fait de volonté : on n'a pas d'enfants parce qu'on ne veut pas en avoir et ils ont ajouté que cette stérilité volontaire est cause de graves maladies.

On se préoccupe aujourd'hui et surtout depuis 1870, de la diminution de la population. Il y a peu de temps, on se préoccupait de son augmentation ; à l'heure actuelle, dans les pays où la population s'accroît, on recherche les moyens de la diminuer, bien que les guerres, les famines et la misère se chargent, hélas 1 de trouver le remède.

Dans la première moitié du siècle dernier, le gouvernement se préoccupait de l'accroissement de la population. M. Dunoyer, alors préfet de la Somme, écrivit une (irculaire aux maires pour les engager à recommander à- leurs administrés la prudence conjugale et à ne donner de secours qu'aux malheureux n'ayant pas plus d'un enfant, pour ne pas encourager de fâcheux exemples (1).

En 1860, M. de Lavergne, dans son ouvrage sur VEconomle rurale de la France, félicitait les Normands d'avoir réussi à abaisser le taux de leur natalité. M. Maurice Block écrivait que l'excès et l'insuffisance de la population avaient également « des inconvénients graves pour le bien-être et la richesse des nations ».

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