‹ Finances contemporaines (volume 2)Chapitre 24 sur 229 · LA SCIENCE DES FINANCES · texte numérisé non relu

LA SCIENCE DES FINANCES

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L« .^ Miiçi-« iii'i .i» liin 1' - .iiiini -^ «ju»' l<t KraFico a Iruversées ont été fécondes tMi expériences et en enseignefiients de toute nature. Ces expériences et ces enseignements ont sans doute coûté beaucoup à la nation ; mais ce n'est pas une vaine consolation de penser que tant le sacrifices ont été utiles au pays, à TEurope, et qu'ils ont largemont mntrihin^ rnix piosTP- h^ }\ civilisation moderne.

Parmi les faits de l'ordre économique, il s'en est pr(^ duit de tels qu'on doit les regarder comme la plus heureuse et la plus admirable des révolutions.

Les grandes réformes de 1800 ont ouvert une nou- ' ère au commerce et à l'industrie du monde entier. I résultats donnés par la pratique de la liberté des échanges pendant une période de dix-sept années ne permettent plus de douter de la valeur des principes formulés par la science de l'économie politique. Les progrès réalisés ont été si rapides, si manifestes, qu'il ne I ' plus possible aujourd'hui de revenir en arn-

Dans l'ordre des faits financiers, si les expériences Faits flninont été souvent moins concluantes, elles n'ont été ni moins nombreuses, ni moins utiles. Les modifications successivement apportées à la confection de nos budgets, les emprunts contractés à différentes reprises sous les formes et dans les conditions les plus diverses, les

«iers.

conversions effectuées dans différentes circonstances avec des avantages plus ou moins marqués, soit pour l'Etat, soit pour le public . : tels sont les événements financiers auxquels notre génération a assisté et qu'elle a pu juger, et en eux-mêmes, et dans leurs conséquences, lionret'dédta- Toutcfois, il faut bien le dire, les opérations flnanlions. cières de l'Etat avant 1870 ne fournissaient qu'un champ

limité d'observations. Bien autrement vastes ont été les horizons ouverts aux études expérimentales des finances depuis l'année 1871. Des miUiards à payer à l'étranger, des milliards dus pour les frais de la guerre, d'énormes emprunts, d'immenses opérations en numéraire et en papier, un gigantesque mouvement de fonds : qui donc eût cru tout cela possible au mois de juillet 1870? Savait-on bien, auparavant, quelle était la richesse du pays et le crédit de l'Etat ? Avait-on mesuré cette puissance, nouvelle dans les temps modernes, qui a permis à la France, après ses désastres, de faire face, presque sans crise, à tous ses engagements, à toutes ses charges, à tous les besoins du Trésor public?

Il y a eu là une série de faits financiers que jadis nul n'eût pu prévoir et qui ont singulièrement mutiplié les éléments de discussion et d'appréciation. La science des Les phénomènes financiers qui se sont produits, dans cet ordre d'idées, ont-ils été l'objet d'observations et de constatations assez nombreuses pour que les inductions qu'on en a pu tirer aient permis d'établir des règles fixes, des principes assurés, des lois certaines ? En un mot, à côté de l'ari d'administrer les deniers publics, existe-t-il une science des finances, c'est-à-dire un corps de doctrine compact, fait de toutes pièces, avec une méthode et des procédés scientifiques? Oui, nous le croyons. Cette science est-elle connue ; l'a-t-on constituée ; en a-t-on formulé les lois? Non, assurément. Le traité de M. mais l'heure est venue de la créer. C'est ce que vient de tenter un économiste distingué, M. Paul Leroy-Beaulieu qui, dans des travaux remarquables, dans des

Paul Leroy-Beaulieu.

QUESTIONS KCOXOMIQUES : 1876-1880 ÎO

leçons toujours écoulées, dans des publications nombreuses, a déjà élucidé, éclairé plusieurs des questions spéciales que la science des finances doit désormais résoudre, par la public^dion d'un Traité de la scienci* des jinancc

Cet OUVra^. n » -i i.i- .-. iiiciut in Uil <* ilMV iluU\caU >», . iKuvro cnil- ~ dereblc.

c'est un « livre neuf ». Il est, en même temps, le plus étendu et le plus complet qui ait encore été écrit sur ce \nsie sujet. Les deu.x volumes qui le composent ne contiennent pas moins de 1350 pages d'un texte extiômeinent conden>é. Nous n'avons donc pas, on le comprend, la prétention d'en donner, dans cettt» c»»urt»' étude, une analyse suffisante. Nous devons nous borner à appeler sur cette œuvre considérable l'attention non seulement des spécialistes, mais de toute cette partie du public que les questions financières doivent intéresser ; car c'est un devoir aujourd'hui, pour tous les citoyens soucieux de la prospérité de la nation, de savoir comment sont administrées les finances de rKtat pX surtout comment elles devraient l'être.

Le livre de M. I-*eroy-Beaulieu ^ou\i* a. iuic tiw u.

maxime qui eût pu lui servir d épigraphe et que, pour bien des raisons, nous sommes heureux d'y rencontrer. Cette maxime est de Colbert : « Il faut rendre, disait-il, la matière des finances si simple qu'elle puissi» éli-e facilement entendue par toutes sortes h j- i sonnes. »

Telle est la pensée qui a guidé M. Leroy-Beau lieu : il i ne pouvait vraiment avoir un guide plus sûr que le grand ministre de Ix)uis XIV. Hâtons-nous de dire que l'auteur du Traité de la science des linances n'a point failli à sa tâche et que son livre, en dépit de l'aridité (les questions qu'il discute, est simplement et claii*ement écrit, très nettement divisé, accessible à tous.

Accessible à tous, ne faut-il pas l'être, dans un pays où, comme le fait remarquer l'auteur, le maniement des finances publiques est, d'une manière indirecte, dans les mains de 9 ou 10 millions d'électeurs et, d'une

manière directe, dans celles des 800 députés et sénateurs, des 4,000 conseillers généraux, des 250,000 conseillers municipaux de France ?

Sans tenir compte de la masse des électeurs, n'apparaît-il pas qu'il y a chez nous plus de 300,000 citoyens auxquels leurs charges, leurs fonctions ou leurs emplois font un devoir de s'initier à la science des fmances.

Définition de la Cette scieucc, quelle est-elle; quel est son objet? La

scjonce des fi- . . , , , ^ r-. » •

nances. définition qu en donne M. Leroy-Beaulieu est concise

et claire : « C'est la science des revenus publics et de la mise en œuvre de ces revenus. »

Pour qui connaît notre organisation financière, il n'est pas difficile d'apercevoir le lien qui rattache toutes les parties de notre système financier et de quelle utilité la possession de cette science peut être à tous ceux qui, dans une mesure plus ou moins grande, prennent part à l'administration de nos revenus publics. Il y a dans les budgets de la commune, du département et de l'Etat une chaîne non interrompue d'opérations qui, si différentes qu'elles soient en apparence, sont dominées par les mômes principes et assujetties aux mêmes règles.

Les grandes divisions de l'ouvrage de M. Leroy-Beaulieu en indiquent nettement le dessin.

Desjevenus Dans le premier volume, qui traite des revenus publics, l'auteur recherche les origines du système actuel, fixe l'étendue du domaine public de l'Etat, domaine industriel ou financier ; il examine tour à tour, toutes les questions que soulève l'impôt : impôt proportionnel ou progressif, unique ou multiple, direct ou indirect, sur les personnes, sur les biens, sur les bénéfices industriels, sur les affaires, sur le luxe, sur le revenu ou le capital, sur les mutations et les transactions, sur les correspondances et les transports, sur les douanes, sur les consommations à l'intérieur. Le sujet est presque épuisé; il le serait complètement si l'auteur ne croyait devoir aborder la question des dégrèvements d'impôts.

publics.

La conclusion de ce premier volume est simple el

large :

Les générations futures jouiront gratuitement des puissants instruments de travail que nous avons rréés, les chemins de fer, les canaux, les routes, les ports: la richesse publique se développant sans cesse, le domaine industriel et financier de l'Étal et des villes augmentant dans de grandes proportions, l'allégement des charges publiques deviendra chaque jour plus facile pourvu qu'on ait la paix. C'est la paix qui est la condition indispensable de toute reforme fiscale. Tant que la paix n'est pas assurée, les lois écoii«>miques ne sont pas respectées. Si l'Angleterre est aujourd'hui la nation dont le système financier présente le nsoins d'incorrections et d'iniquités, co n'est pas seulement k l'intelligenoe de ses chanceliers de l'Echiquier qu'elle le doit, c'est à la sagesse et A la fortune qui l'ont préservée peiKlant cinquante ans do tourmente extérieure. Nous regardons, quant a nous, comme facile, la réforme des imp4Ms en France, pourvu qu'on ait ces tieux collnboratours indispensables : le temps et la paix.

Dans le second volume, M. Leroy-Beaulieu traite de ,"'!••""■!"

• «lea revenus pu-

la mise en œuvre des revenus publics. Il trace Thisto- bUcs. rique des budgets, dont il retrouve l'origine dans ies états de prévoyance ; il examine les principes qui doivent présider à la confection des budgets, tels que nous les connaissons actuellement; étudie les causes qui contribuent à les accroître et discute la question de savoir si nos énormes budgets foulent plus la nation que les humbles budgets d'autrefois. Ënfln il embrasse par ses mille côtés la vaste et capitale question des finances dans les temps modernes : le crédit public. question complexe, inflnie, pleine de replis et de détours, question qui en contient cent autres discutées, discutables et dont il établit quatre grandes divisions : les trésors métalliques, les emprunts publics, l'amortis- Bespeci de»

. , ilroils des coniri»

sèment et les conversions. boabies.

La conclusion de ce volume, c'estrà-dire, celle de l'ouvrage tout entier est l'expression d'un sentiment vraiment patriotique. C'est un éloquent appel à l'économie, au respect des droits du contribuable, de celui dont le labeur incessant ou l'épargne prévoyante alimente le Trésor public :

Il est un secret, dit l'auteur en terminant, que la seieiiee économique ne possède pas et n^possédeni jamais, c'est celui de fonder un bon sys-

tèmo de financos sur une autre base que l'économie, pas plus que la médecine ne découvrira le moyen d'assurer aux hommes une bonne sanlé mak'ré un mauvais régime.

Nous nous associons pleinement à cette conclusion.

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