LE TUNNEL SOUS LA MANCHE
Le projet du tunnel sous la Manche est revenu, il v projet repoussé
1 1 A 1 ^1 t. j par lAngletene.
a quelques semâmes, devant la Chambre des communes qui, sur l'invitiition du ministre du conmierce anglais parlant au nom du gouvernement tout entier, l'a repoussé par une forte majorité.
On sait qu'une compagnie française il une compagnie anglaise ont, de concert, il y a une douzaine d'années, commencé d'un conmiun accord des deux côtés de la Manche des travaux d'essais ayant pour objet de démontrer la possibilité de la construction d'un tunnel propre à l'exploitation d'un chemin de fer sous-marin, en établissant sur toute l'étendue du trajet une galerie d'exploration destinée ensuite à être agrandie et élargie aux dimensions définitives du tunnel. Du côté de rAnglelerrc, cette galerie a été poussée jusqu'à trois kilomètres, soit environ le dixième du trajet total. C'est l'autorisation de continuer ces travaux qui était demandée au parlement anglais et qui a été rejetée.
La détermination du parlement a été uniquement Moufs poiujmotivée par des motifs politiques et militaires. Il n'a Ss.''' ""'' été question dans tout le débat que du danger d'une invasion française.
Les adversaires du canal eux-mêmes ne doutent pas de la possibiliié matérielle de sa construction. Il a été
démontré, en outre, que Tobjection tirée d'une différence de voie entre les cliemins de fer anglais et les chemins de fer français, qui aurait rendu impossible le raccordement, est purement chimérique : cette différence n'existe pas.
rabiol"!-T clld" ^- Gladstone, qui avait été précédemment opposé h stone. la construclion du tunnel, a été, dans la séance en ques-
tion, l'avocat le plus chaleureux de ce projet. Son intervention au débat a été due à une lettre.que M. Léon Say, président de la Compagnie du chemin de fer sousmarin entre la France et l'Angleterre, lui avait adressée quelques jours auparavant et dont voici un passage qui résume l'état de la question :
La compagnie française est prête, elle a terminé ses études préparatoires ; le temps qui s'est malheureuseœenl écoulé depuis qu'elle a obtenu la concession de la partie franraise lui a permis de perfectionner ses procèdes techniques cl de réduire au miaimum le montant des dépenses probables.
Il ne nous manque plus, pour pouvoir travailler avec fruit, que de trouver en face de nous des ingénieurs et des capitalistes anglais munis comme nous de pouvoirs suffisants.
Il dépend du gouvernement anglais de donner un caractère légal à une entente préparée depuis loiii^temps, et qui produirait immédiatement, aussitôt qu'elle serait officiellement réalisée, les meilleurs résultats.
L'entreprise a un caractère privé et les promoteurs ne demandent ni subsides, ni garantie des gouvernements. La seule autorisation d'agir est ce qu'ils réclamaient du gouvernement anglais.
M. John Bright. Outrc M. Gladstouc, M. John Bright s'est prononcé hautement pour le projet, et il ne faut pas douter que, dans un temps plus ou moins rapproché, lorsque l'état d'esprit qui s'est manifesté depuis quelques années en Angleterre aura fait place à des dispositions plus confiantes et plus réfléchies-, l'opinion anglaise reviendra à son appréciation primitive, qui était tout à fait favorable au resserrement des relations avec la France par l'établissement d'une communication ininterrompue sous le
^6 J^*^.^« détroit qui sépare les deux pays et qu'un vote subsé-
peut être defl- ^ ^ ^ "^ ^ .-,,,*.
liitif. quent du parlement lèvera l'mterdiction qui vient d être
prononcée.
QUESTIONS ÉCONOMIQUES ET FINANaÈRES