ANNUEL
An XI
millions lie francs
millions de frnncs
5io.o
La progression dans le chiffre des escomptes com- .merciaux est donc énorme : 510 millions en l'an XI ; — 333 millions en 1807 ; — 10 milliards 385 millions en 1884.
Et avec quel faible capital ces opérations immenses ont été faites. Depuis 1857, le capital est toujours de 182 millions 1/2. Les escomptes se sont élevés de 5 à
10 milliards. Si, à cette constatation, on ajoute celle des piogrès considérables de la circulation des billets et de l'encaisse, ainsi que des mouvements généraux des espèces, billets et virements de la Banque, on arrive à cette conclusion, que le capital de la Banque, qui ne doit être, en réalité, qu'un capital de garantie, n'est pas en rapport <ivec la masse des opérations qu'elle effectue.
En 1857, la circulation des billets a varié de 532 h G12 millions. Dans ces derniers temps, elle a dépassé 3 milliards et la Banque a dû être autorisée à porter la limite d'émission jusqu'à 3 milliards 500 millions.
En 1857, l'encaisse métallique a varié de 190 à 284 millions ; à l'heure actuelle, l'encaisse de la Banque dépasse 2 milliards 141 millions î Enfin, en 1884, les mouvements généraux des espèces, billets et virements de la Banque centrale ont dépassé le chiffre énorme de 48 milliards 136 millions.
Tels sont les réformes et les vœux dont nuus dési- conclusions, ivrions voir la réalisation à roccasion du renouvellement du privilège de la Banque.
Nous aurions pu, avant toute discussion, examiner
11 question théorique de l'abolilion de tout privilège. De nombreux et excellents esprits sont partisans, en effet, de la suppression de tous les monopoles et, en particulier, de celui de la Banque. Cett<î discussion nous aurait entraîné trop loin et écarté de notre sujet. Nous avons tenu, avant tout, à rester sur le terrain pratique des affaires et des chiffres.
Nous connaissons les ser\'ices que la Banque de France, telle qu'elle est organisée, rend à l'Etat, au commerce, aux particuliers, au pays tout entier ; nous savons, on nous permettra cette expression bien simple *qui rend notre pensée, « ce que nous avons » avec la Banque actuelle ; nous ne savons pas ce que nous réserveraient les banques libres qu'on nous promet. Ne
lâchons pas le certain pour l'incertain, la proie pour l'ombre ; efforçons-nous, au contraire, d'améliorer au lieu de détruire.
Les réformes que nous proposons apporteraient, d'ailleurs, nous en sommes persuadé, au fonctionnement de la Banque une élasticité considérable ; elles permettraient à notre grand établissement de crédit de rendre des services plus étendus à l'Etat, au commerce et à l'industrie et, en même temps, de réaliser des bénéfices plus importants.