TOME PREMIER TRENTE ANNÉES FINANCIÈRES
Cet ouvrage, dont les premières pages remontent à ^e^SplSbîStrente ans, forme la suite des aperçus financiers que ''o» nous avons fait paraître en 1872 et 1873 et dont les deux volumes sont épuisés. Nous avons pensé qu'il pouvait être utile, en rééditant les revues annuelles que nous avons régulièrement consacrées aux principaux faits financiers, économiques, industriels, commerciaux, politiques, de rappeler des événements aujourd'hui oubliés et de montrer quelle importante étape notre pays a parcourue pendant cette période.
Importance (les linances dans l'histoire.
Constatations périodiques des faits économiques et financiers.
Des faits ici seulement.
Etudes diverses publiées antérieurement.
Réflexions et conclusions à en tirer.
« L'histoire, écrivions-nous en lête du premier volume des APERÇUS FINANCIERS, a des faces diverses : c'est par ses côtés financiers que noufe avons voulu étudier celle de ces dernières années. Les finances dominent tout : elles sont l'âme de la politique chez les peuples qui se paient de réalités et non de chimères. Si elles sont bonnes, le peuple est heureux; si elles périclitent, tout est crise, révolution, instabilité. La conséquence, si on n'y prend garde, est la ruine. »
Nous pourrions nous borner à répéter aujourd'hui cette courte préface. Elle explique le but que nous nous sommes proposé en écrivant ce livre, qui pourra éviter aux lecteurs curieux des faits économiques et financiers contemporains, les recherches pénibles, les investigations minutieuses et les longues lectures.
On ne rencontrera ici que de simples exposés de faits. Nous avons, pendant les trente années écoulées de 1872 à 1901, publié successivement, au moment opportun et dans la forme qui paraissait la mieux appropriée, des mémoires et des études sur les sujets qui préoccupaient plus particulièrement l'opinion. Nous n'avons pas l'intention d'y insister autrement, mais il nous a semblé qu'il convenait ici de noter les réflexions éveillées par les événements à mesure qu'ils se sont produits, de fixer les idées sorties de ces événements mêmes, de rappeler les projets conçus, entrevus et résumés tous les ans : enfin, puisque les méthodes d'observation sont aujourd'hui en pleine faveur, nous ayons pensé que c'était surtout ici la place des consta tations que nous avons recueillies au jour le jour sur les faits q4ii se sont successivement produits.
Ce volume commence avec la revue de l'année 1872.
Ce volume s'ouvre avec
l'année 1872. Nos cmprunts libératoires sont accomplis. Nous som-
mes à la veille d'un acte considérable au point de vue national : le traité conclu le 15 mars 1873 entre la France et l'Allemagne en vue d'assurer la prompte libération du territoire. En vertu de ce traité, qui fut. "on peut le dire, le véritable testament politique de M. Thiers, les paiements stipulés par le traité de Francfort devaient être devancés et, dès le mois de septembre suivant, la France, délivrée de toute occupation étrangère, devait être rendue à elle-même, c'est-à-dire à nous seuls Français.
Les emprunts nationaux, la libération du territoire, c'est sur ces faits capitaux que s'ouvre la période de trente années que nous embrassons, longue oériode d'une vie humaine quoique bien courte dans l'histoire d'un peuple. L'œuvre accomplie pendant ces trente années peut paraître, à première vue, confuse, indécise, constituée de parties hétérogènes et disparates; cependant, quand on la considère dans son ensemble, on s'aperçoit qu'étant données les difficultés qu'il a fallu surmonter, elle a été grande.
C'est en effet la reconstitution tout entière de la nation, du pays, qui s'est accomplie. Il a fallu tout réorganiser, créer plutôt à nouveau l'armée et la marine. Nous avons dû aborder toutes les questions : questions politiques et financières, commerciales et industrielles, sociales, administratives aussi, affaires intérieures et extérieures, affaires coloniales, relations avec les puissances étrangères.
La France rendue à elle-même, plus de 25 milliards dépensés pour reconstituer nos forces militaires, des travaux publics considérables entrepris, nos réseaux i ' chemins de fer presque triplés, l'instruction publique Innnée à tous, les œuvres charitables et sociales développées, la fortune mobilière et immobilière aug- !ii«>ntée. la fortune publique et privée accrue, tel est le bilan de cette période. En même temps, nos budgets des dépenses s'élevaient à des chiffres qui auraientr paru
La libération du territoire.
Ij'œuvre de ces trente années a été glande.
Reconstitution du pays.
Résultats tenus.
ob-
FINANCES CONfEMPORAINES
Qti estions solutionnées.
jadis impossibles à atteindre, tandis que le rendement des impôts, directs ou indirects, continuait à s'accroître. Et presque simultanément, des questions vitales pour un pays se posaient, exigeant de promptes solutions, comme les conversions de rentes, le renouvellement du privilège de la Banque de France, des impôts nouveaux à créer, des impôts anciens à supprimer, et tant d'autres; ou bien encore, les paniques et les ruines causées par les krachs de l'Union générale, de l'ancien Comptoir, des Dépôts et comptes courants, du Panama, etc., se produisaient inopinément.
Division rie la période étuciiée.
Division que.
logi-
L'histoire de cette longue période pouvait comporter une division logique, marquée par les faits les plus saillants et les plus caractéristiques, soit au point de vue politique, soit au point de vue économique et financier.
Elle aurait pu distinguer plusieurs phases diverses :
I. Du traité de libération du 15 mars 1873 jusqu'au jour où la rente 5 % atteignit le pair, attestant ainsi le plein développement de notre crédit;
II. Du retour de la rente au pair jusqu'à la séparation de l'Assemblée nationale, après le vote d'une constitution et l'organisation des pouvoirs publics;
III. Depuis la mise en vigueur de la constitution nouvelle jusqu'aux élections générales de 1877 et à la formation d'un ministère républicain;
IV. Depuis l'avènement de la gauche au pouvoir jusqu'à la retraite du maréchal de Mac-Mahon;
V. De l'élection de M. Grévy à la présidence de la République jusqu'à la date actuelle sous les présidences successives de MM. Carnot, Casimir-Perier, Félix Faure et Emile Loubet.
Cette division eût, semble-t-il, rationnellement distribué les différentes parties d'un récit soutenu, que rien ne fiït venu interrompre.
Mais nous n'avons pas à raconter; nous présentons seulement une série d'études, d'analyses, d'aperçus qu'ont fait naître, à mesure qu'elks se produisirent, des causes dont il était nécessaire de prendre en main la défense. Pour la facilité du lecteur et en raison de la nature même de ces travaux, nous avons dû nous astreindre au groupement chronologique par année. Cette classification, tout artificielle offrait un avantage ^rrieux : elle permettait de présenter, à la fin de chaque l'Iiapitre annuel, une revue suffisamment détaillée des • vénements importants et des principaux faits finan- •iers de l'année. Ces examens d'ensemble, si imparfaits [u'ils soient, sont souvent utiles, toujours commodes à consulter.
Une autre classification, préférable même à la division historique indiquée plus haut, aurait encore pu être uJoptée si on n'avait été tenu à cet ordre des années : c'est la classification naturelle et méthodique. Nous n'entendons pas y renoncer complètement et, si ce mode de procéder n'a pu être observé dans le cours de cet ouvrage, nous le suivrons en groupant dans des publications ultérieures, qui feront la suite de ces FINANCES CONTEMPORAINES, Ics matières que nous avons successivement traitées pendant ces trente années aux points de vue financier, économique, statistique et fiscal. Ces matières forment trois catégories, très nettement séparées, mais qui gardent cependant entre elles •les liens multiples :