‹ Finances contemporainesChapitre 24 sur 85 · MOYENNE · texte numérisé non relu

MOYENNE

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TAUX actuel!

La mauvaise récolte n'a donc produit aucun effet sur l'encaisse-or, sur la hausse du loyer des capitaux, sur le taux de l'escompte : cette influence s'est produite uniquement sur les prix des blés, des farines et du pain. D'après les mercuriales de 1895, 1896 et celles actuelles, voici les différences que l'on constate :

Prix des blés et tarines

Blës :' les 100 kilog.

Blé blanc 18 50 à 19 00

Blé roux 18 75 à 18 30

Farxhes :

Farioes de Gorbeil . . 28 66

les 100 kilogr.

les iOO kilog.

A l'exception du métal-argent, dont les prix ont encore continué à baisser, de 109 fr. 10 le kilogramme, fin décenibre 1896, à 97 francs son prix actuel, tous les autres métaux ont continué leur mouvement ascensionnel qui a commencé timidement en 1894 et s'est accentué en 1895 et 1896 pour se développer encore pendant l'année actuelle.

Voici, depuis fin 1894, les prix comparés du cuivre, de rétain, du plomb et du zinc :

CaivTô, les 100 kilog.

Étain —

Plomb ~

Zinc

Baisse do métal-argent. Hausse des autres métaux.

Cette hausse a pour cause principale le développement de l'industrie métallurgique : il ne faut pas, dès Icrs, s'étonner en présence de tels prix que les valeurs minières de même que celles des grandes sociétés touchant à l'industrie et à la métallurgie, se soient améliorées. Dans tout ce groupe, la hausse est générale. Quelques chiffres le démontrent : hausse d'environ 200 francs sur les actions du Greuzot, de 120 francs sur les Montrambert, de 400 francs sur les Firminy, de 350 francs sur les Saint-Etienne, de 100 francs sur les Commentry-Pourchambault, de 75 francs sur les Aguilas, de 500 francs sur les Boléo, de 300 francs sur les Escombreyra, de 120 francs sur les Mokta, de 300 fr. sur les Penarroya, de 100 francs sur les Cail, de plus de 200 francs sur les Forges et aciéries du nord et de Test, les Aciéries de France, etc., etc.

On a introduit sur le marché en banque et sur le marché officiel diverses valeurs russes métallurgiques ou minières ; c'est par centaines de francs et par milliers de francs que se chiffre la hausse obtenue par plusieurs d'entre elles.

Quant à nos grands charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais, nous signalions déjà la hausse énorme que leurs actions avaient réalisées en 1896. Pendant 1897, cette hausse est plus importante encore : hausse de 2,250 francs sur l'Aniche; de 690 francs sur les Anzin; de 250 francs sur les Bruay; de 400 francs sur les Béthune; de 1,000 francs environ sur les Courrières; de 5,500 francs sur les Maries 30 % et 3,600 francs sur les Vicoigne, etc.

trieHes"" '°'^"^' Pendant cette année les capitaux se sont portés avec un véritable engouement sur les valeurs industrielles, sur les titres à revenu variable. Il ne faut pas voir dans les dispositions de l'épargne une tendance plus favorable qu'autrefois vers ce genre d'affaires : la modicité

du revenu donné par les premières valeurs de placement à revenu fixe, rentes, obligations ou actions, obligations de chemins, obligations industrielles, met le rentier dans la nécessité de chercher d'autres titres qui augmentent le rendement moyen de ses placements. Il s'est mis à la recherche des valeurs qui « pouvaient monter » ; peut-être a-t-il été bien vite dans cette voie. Les valeurs industrielles quelles qu'elles soient, ne devraient pas se capitaliser à moins de 5 % et encore faudrait-il que les sociétés qui les ont émises eussent la précaution d'effectuer de larges -amortissements et de constituer de grosses réser\'es pour les années moins bonnes et pour celles qui sont mauvaises.

Les valeurs dassurances contre l'incendie et sur TaieuredassBla vie ont, elles aussi, profité de ce mouvement d'opi- ™°'^' nion et de ces dispositions d'esprit. Parmi les titres de compagnies contre l'incendie, les Assurances générales ont haussé de 3,000 francs; le Phénix, de 3,500 francs; \i Nationale, de 2,050 francs; l'Union, de 1,800 francs; Id France, de 1,500 francs; le Nord, de 800 francs; l'Aigle, de 950 francs, etc. Les titres d'assurances sur la vie sont tous en plus-value, à l'exception de la Caisse ^paternelle qui voit chaque année les cours de ses titres s'affaisser : hausse de 12.000 francs sur les Assurances générales; de 6,000 francs sur le Phénix, de 6,150 sur la Nationale, de 1,050 sur l'Union.

La hausse des actions des grandes compagnies de Actions des chemins de fer, entraînant à leur suite celles des com- '=**«'""^ ^« ^«fpagnies secondaires, a été remarquable.Elle est justifiée par l'amélioration continue des recettes, par la diminution de la garantie d'intérêts qui en est la conséquence, par l'espérance que l'on peut fonder sur une augmentation du dividende minimum réservé à ces titres par les conventions de 1883, ces conventions si attaquées, si injustement critiquées et qui, en défi-

nilive, ont été plus avantageuses à l'Etat et au pays tout entier qu'aux compagnies elles-mêmes (i).

Nous avions sans cesse fait prévoir cette amélioration, mais nous avons mis en garde le public contre un optimisme exagéré. L'industrie des transports est soumise aux influences commerciales, financières, industrielles; elle se développe, languit, décroît ou prospère, suivant la marche même des affaires du pays. Les compagnies ont encore de lourdes dépenses à faire pour améliorer leur matériel et il faut toujours redouter les* exigences parlementaires. Plus s'accroîtra la prospérité des compagnies, plus les députés se croiront obligés de réclamer d'elles, comme si c'était une chose due, des perfectionnements dans les moyens de locomotion ou des réductions de tarifs. Aucune de ces demandes ne peut se réaliser sans un surcroît de dépenses : avant de songer à les effectuer, il faut que les recettes s'améliorent encore et que les pouvoirs publics Les compa- s'habitueut à considérer les compagnies comme des

gnies doivent f o

être considérées associécs du Trésor uc pouvaut se permettre des ré-

comme les asso- , ^ , , , , , ,

ciées du trésor, formes coûteuscs, sans que la recette correspondante soit assurée. C'est ce que tous les hommes d'Etat, véritablement dignes de ce nom, tous les ministres des finances et des travaux publics soucieux' des intérêts généraux, ont sans cesse répété : c'est ce que disait encore, il y a quelques jours, l'honorable M. Turrel, ministre des travaux publics, à la tribune de la Chambre, et nous ne saurions trop le féliciter de son langage.

Les compagnies de transports en commun. Omnibus, Petites-Voitures, Tramways, et surtout les sociétés de transport par l'électricité, telles que les Thomson-Houston, ont vu progresser sensiblement le cours de leurs titres. Pour les Omnibus et les Petites-Voitures, la hausse s'explique par les diverses transformations projetées de la traction animale à la traction électrique :

(i) Voir notre étude sur Les conséquences financières des nouvelles conventions des chemins de fer, in-8% 1883.

1899. — L'ANNÉE DE LALUANCE

pour la Compagnie Thomson-Houston, le succès éclatant qu'elle obtient dans les entreprises qu'elle a créées justifie la faveur du public.

Les valeurs industrielles de toute nature, comme nous l'avons dit plus haut, charbonnages, entreprises houillères, compagnies russes diverses, sociétés d'électricité, ont gagné des avances énormes. Nous ne voudrions pas contrarier ce mouvement par quelques craintes exagérées ; nous ne pouvons cependant pas nous empêcher de renouveler ici nos conseils de prudence. Aucune valeur industrielle, disons-le encore, ne devrait être capitalisée à moins de 5 %, au grand maximum. Ce revenu même n'est acceptable qu'autant que les compagnies procèdent à de larges amortissements sur leur matériel, sur leurs marchandises en magasin, sur leurs prix d'achat des matières premières, sur leurs frais d'installation et frais généraux. Aussi bien dirigée qu'elle soit, une affaire industrielle comporte des risques qui ne peuvent être atténués que lorsque, dans les années de prospérité, les administrateurs ne se laissent pas éblouir et ont le courage de mettre à la réserve, de constituer des amortissements qui sont la sauvegarde des années moins heureuses oU malheureuses, quand ils ont la sagesse de distribuer moins de dividendes pour consolider le présent et assurer ainsi l'avenir.

Charbonnages et houillères.

Le projet de budget de l'exercice 1897 présenté à la Chambre le l*' février 1896, modifié et présenté à nouveau le 25 juin suivant, consistait en deux projets de lois distincts : l'un relatif aux contributions directes et aux taxes assimilées, l'autre portant fixation du budget général des dépenses et des recettes. Le premier de ces deux projets est devenu la loi du 11 juillet 1896; le second, formant le budget général de 1897, a été voté le 29 mars 1897 et promulgué le 30.

Finances publiques.

Le budget de

1^. *""'^^' '^^ Le projet de budget de l'exercice 1898 a été déposé le 18 mai 1897. Pas plus que ses devanciers, il n'a été voté en temps voulu pour éviter les douzièmes provisoires. De longues discussions ont eu lieu entre le ministre des finances et la commission du budget au sujet des taxes auxquelles il convenait de demander Téquilibre. Les prévisions primitives de recettes se sont trouvées réduites de 25 millions par le dégrèvement foncier, par le remaniement de la taxe militaire, par les dispositions nouvelles applicables k la dénaturation des al- Nouveiies ta- cools. Les Tccettes compeusatrices seront fournies par

xations sur les

valeurs mobiiiè- les fouds d'Etat étrangers et les autres valeurs mobilières res étrangères, étrangères. On augmentera le timbre sur les fonds d'Etat et, par diverses mesures, on cherchera à assurer, en ce qui concerne les actions et obligations des compagnies étrangères, le recouvrement de la taxe sur le revenu établie par la loi du 29 juin 1872, ou à obtenir l'équivalent de. cette taxe. Quelques recettes nouvelles sont également proposées pour le budget de 1898, notamment sur les voitures automobiles dont le nombre s'est singulièrement accru depuis quelque temps.

Les valeurs mobilières tendent, plus que jamais, à devenir la bête de somme du budget. Dans le cours de cette année, elles ont été sans cesse menacées. Tantôt 11 a été question d'augmenter le droit de transmission et la taxe de 4 % sur le revenu, tantôt de frapper les titres nominatifs et, finalement, on s'est rabattu sur les valeurs et fonds étrangers. On continue à opposer les charges de l'agriculture aux charges sur la fortune mobilière, ce qui, nous l'avons maintes fois démontré, est une erreur financière et économique en même temps qu'une faute politique (1).

vinsartiflcieis. Signalons aussi la loi du 6 avril 1897 concernant la tion^fiscaief ^ *' fabrication, la circulation et la vente des vins artificiels. La loi nouvelle exclut du régime fiscal des vins

(1) Voir nos études sur Les impôts et la richesse publique de 1869 à 4897, in-8% 1898, et Les impôts sur les valeurs mobilières et leur répercussion, in-S" 1899.

et soumet aux droits et régime de l'alcool la fabrication industrielle, la circulation et la vente des vins de raisins secs ou autres vins artificiels, à Texception des vins de liqueurs et des vins de marc et de sucre. Elle frappe les raisins secs du droit général de consommation, à raison de 30 litres d'alcool par 100 kilos s'ils -ont à destination des fabricants, et d'un droit de circulation db 6 francs par 100 kilos s'ils sont à destination des particuliers pour leur consommation de famille. Elle interdit la fabrication et la circulation, en vue de la vente, des vins de marc et des vins de sucre, ainsi que des cidres et poirés produits autrement que par la fermentation des fruits avec ou sans sucrage.

Le régime des sucres a encore été modifié par la loi du 7 avril 1897, qui accorde aux fabricants indigènes^ pour l'exportation en pays étrangers et dans les colonies françaises non soumises au tarif douanier métroiHilitain. des primes dont elle règle la quotité. C'est une imitation des dispositions législatives allemandes, qui ont accordé aux fabricants allemands des primes à l'exportation.

La loi du « cadenas » a été promulguée le 19 décembre. A dater de ce jour, « tout projet de loi présenté par le gouvernement et tendant à un relèvement des droits de douane sur les céréales ou leurs dérivés, les vins, les bestiaux ou viandes fraîches de boucherie, >era suivi d'un décret dont une disposition spéciale ordonnera l'exécution immédiate ». Les contrats passés par nos négociants avec les producteurs étrangers sont à la merci des protectionnistes. On avait promis que le double tarif donnerait la stabilité au régime douanier; on en assure législativement l'instabilité. Protectionnisme et insécurité, c'est, comme l'a dit avec raison M. Yves Guyot, « vraiment trop à la fois ».

Régime des sucres.

Loi dn cadenas.

Protectionnisme et insécarité.

liberté ou monopole.

Tnoertitude de Au point de vue de la Bourse, l'année 1897 a été hési-

la Bourse a rai- ^ '

s)n des projets tante, indécisc, inquiète, malgré la hausse acquise. La

d organisation du , •.- 1 -, , -x- j v,^ a.

marché. réorganisation ou la désorganisation du marché est en

suspens. Agents de change, coulissiers, intermédiaires ne savent ce que leur ménage l'avenir.

Le Sénat est saisi d'une proposition de loi qui n'est ni la liberté complète ni le monopole absolu; plusieurs députés, par des amendements divers cherchent à consolider le monopole des agents de change; d'autres voudraient le détruire. La vérité est que personne ne peut recommander une solution nette et précise, car des solutions de cette nature ne s'improvisent pas ; elles doivent s'appuyer sur l'expérience et la pratique des affaires. Il faut envisager l'intérêt du Trésor, celui du public, ceux des agents de change en pouvoir d'un droit indiscutable, ceux du marché libre qui jouit d'une situation de fait qu'on ne saurait détruire sans dommages pour les affaires, pour le public, pour le crédit de l'Etat lui-même.

L'idéal serait un « marché officiel libre », mais il faut se garder de détruire avant d'être sûr de remplacer ce qui existe par un nouvel organisme qui vaudrait moins que celui qui aurait été bouleversé.

Les magasins La Concentration des capitaux dans les mains des \es^' pTt'ites grauds établissements financiers a été aussi l'objet de mmsonsdeban- ^ives critiqucs. On se plaint de voir disparaître les unes après les autres les petites maisons de banque qui ne peuvent lutter contre les gros magasins de capitaux. De ce côté encore, il faut se garder d'innovations téméraires; le mieux serait peut-être, en cette circonstance, l'ennemi du bien. C'est une force pour un pays d'avoir de puissantes associations de crédit ; c'est un danger aussi de manquer de maisons moins puissantes pour faire contre-poids à une organisation qui, mal

UnmarchéoflîeiLi libre.

1897. — L'ANNÉE DE L'ALUANCE

guidée, pour'-ait a un moment donné se tourner contre 1 Etat lui-môme.

Laisser entre les mains de quelques personnes» jouissant d'un monopole exclusif, le droit d'acheter et (le vendre, doit avoir, comme correctif, la faculté donnée ! tous ceux qui peuvent et veulent faire les mêmes affaires, d'y pi' • > 1- r sous des conditions déterminées. lisser quelques grandes sociétés absorber toutes les lites banques, doit, pour éviter les entraînements dangereux, avoir comme correctif la plus large et la plus nette publicité donnée à leurs opérations.

Coropensatien nécessaire.

Il serait à désirer aussi qu'on en terminât au plus Les valeurs

,, ■ , r. • mobilières sont

Vite avec les propositions et les projets fiscaux qui surchargés dimiiienacent à chaque instant la fortune mobilière. Les ^^^' valeurs mobilières sont trop surchargées; les frapper davantage, c'est, à coup sûr, détruire ce qui reste de l'esprit d'initiative et d'entreprise, esprit qui malheu-

jsement s'étiole et s'éteint.

On ne comprendrait une augmentation de taxes sur les titres mobiliers qu'autant que les rentiers trouveraient une compensation dans la diminution des impôts et des charges de la vie ; mais, à force de vouloir réduire le revenu des rentiers sans diminuer les impôts, on frappe l'épargne, on l'inquiète, on diminue le travail et la force productrice et consommatrice du pays. Sous prétexte de protectionnisme agricole, faire de la fiscalité financière, c'est tourner les yeux à la vérité, à la lumière; c'est risquer de mécontenter tout le monde. On aura beau frapper la fortune mobilière de 20, 30, 40, 50, 100 millions d'impôts nouveaux, les agriculteurs, pour qui la vente de leurs produits à des prix

inunérateurs est la meilleure des solutions, n'y trou-

ront aucun profit.

On oublie que les taxes fiscales ont une répercussion qui atteint en première ligne, les produits agricoles,

L'intérêt des agriculteurs.

tout ce qui vient de la terre et est ensuite manufacturé par l'industrie de l'homme. Vous produisez d'autant plus que la consommation augmente et comment cette consommation peut-elle augmenter si les revenus de ceux qui possèdent diminuent? Oh a fait de trop grosses promesses aux agriculteurs : on leur a fait entrevoir la fin de leurs maux et la richesse, grâce au bi-métallisme. Conditions de Or, l'année 1897 a vu la faillite de cette illusion. Pour

prospérité d'un , > -i i • r i r ■,•. x i,

pays. qu un pays prospère, il lui faut un crédit sans tache,

une monnaie saine, une administration économe, la fixité dans les lois commerciales et financières : le reste n'est qu'expédient ; et quoi qu'en disent les néoéconomistes qui se figurent qu'une « économie politique nationale » donnerait à tous le bien-être et la prospérité, — comme si les lois économiques n'avaient Laissez faire, pas cxisté et u'existaieut pas de tout temps et en tous

aisse/ passer, p^^yg — jg^ véritable doctriue est encore le « laissez faire, laissez passer ». Cette doctrine est critiquée par ceux qui ne la connaissent pas. Il ne faut pas se lasser de dire et d'affirmer, comme Font dit et répété après Turgot et J.-iB. Say, des maîtres comme Frédéric Passy, Léon Say, Ltevasseur, Molinari, le « laissez faire » veut dire : laissez faire ce qui est bien, ce qui est juste, c'est-à-dire empêchez ce qui est injuste : loin de « laisser passer » indifféremment le bien ou le mal, la doctrine économique désire surtout « arrêter le mal » mais n'arrêter que lui afin de « laisser passer le bien ».

La liberté, base G'cst la liberté, toujour's la liberté et encore la liberté, mont'^"^^'"'^' ce qui ne veut pas dire la licence, qui dans un grand pays comme le nôtre, en politique, en finances, en administration, comme en économie sociale, doit être le guide de ceux qui ont accepté la mission de gouverner.

Nous savons bien que les idées que nous exprimons

ne sont pas h. la mode de nos jouri?, puisque, plus qud jamais, les idées protectionnistes sont en faveur.

A qui profitent-elles? Est-ce aux agriculteurs? Non. Ils se plaignent.

Est-ce aux commerçants? Non. Ils se plaignent aussi.

Est-ce aux industriels? Non. Ils souffrent de la concurrence.

Est-ce aux rentiers? Non. Ils sont désolés de la diminution de leurs revenus.

Est-ce l'Etat qui peut s'en réjouir? Est-ce le Trésor qui voit ses caisses gonfler démesurémer>t? Non. L'Etat est besogneux : pour équilibrer le budget, on fouille dans tous les coins pour trouver quelques ressources oubliées. Le budget grossit d'année en année, malgré les efforts très méritoires du gouvernement et, en particulier, du ministre des fmances pour enrayer les dépenses. Qui donc bénéficie de la protection? Qui donc peut la considérer comme le meilleur des biens? La protection est aujourd'hui un mal presque universel; mais le seul pays où elle soit condamnée, l'Angleterre, est précisément celui dont la brillante prospérité est la plus évidente et aussi la plus enviée.

Ledru-Rollin prédisait il y a quarante ans, en deiix .^^^^''^XVt.

Sa prospérité.

tagne libre-

gros volumes, la décadence de nos voisins; M. de Bis- échangiste.^ marck affirmait que la Grande-Bretagne serait ruinée si elle persistait à pratiquer le iibre-échange.

Voici la réponse : les recettes du budget anglais de 1896-97 ont été de 103,949,000 livres sterling, dépassant de 3,460,000 livres sterling celles de l'année précédente et d'autant les prévisions budgétaires.

Tandis que, dans la plupart des autres pays, les gouvernements découragent l'activité individuelle, multiplient les entraves à la liberté de travailler, de s'associer et d'échanger en augmentant les prélèvements du fisc et de la protection sur les fruits du travail, l'Angle-

terre est restée fidèle à la doctrine du « laissez faire, laissez passer ».

Dans l'exposé budgétaire qu'il faisait le 29 avril à la chambre des Communes, lors du jubilé de la reine Victoria, le chancelier de l'Echiquier, sir Michaël Hicks, a présenté un tableau saisissant des progrès de l'Angleterre de 1837 à 1897, c'est-à-dire pendant la période qui a marqué l'avènement du libre-échange.

En 1837 : commerce extérieur, 123 millions de livres sterling. Recettes budgétaires, 52;

En 1897 : commerce extérieur, 738 millions de livres sterling. Recettes budgétaires, 103 millions 9.

Voilà les fruits de la liberté économique. Il serait diffïêi-le de montrer ceux de la protection.

iiiusTo^n^d^et Le gouvcrnement, avec un grand courage, combat « classes ouvriè- le socialismc et se préoccupe de dissiper les illusions de la classe ouvrière dont on exploite l'ignorance économique . A différentes reprises , l'honorable M. Méline qui inspire au monde des affaires et au pays une si grande confiance, justifiée par son énergie, par la rectitude de son caractère et de sa vie, a combattu ces dangereuses théories.

Uvlder°cTasse*8 ^^^^ ^^^ bourgcois, Ics propriétaires, ceux qui font élevées ». partie de ce qu'on appelle les « classes élevées » sont-ils

moins ignorants? On serait tenté d'en douter en lisant l'exposé des vœux des conseils généraux, composés en majorité de l'élite intellectuelle de la bourgeoisie. Les bourgeois les plus éclairés comme les ouvriers les moins instruits ont foi dans la même panacée : la protection de l'Etat. Ils ont bien la pensée à la vérité que « ce que l'Etat donne aux uns, il le prend aux autres », mais ils n'osent en faire l'aveu. Comm.e l'a fait spirituellement remarquer M. de Moîinari, un des défenseurs les plus écoutés de la science économique et de la liberté, un des maîtres dont la Société d'économie

politique a tenu à fèter cette année le cinquantenaire de son entrée dans la Société des économistes, socialistes et protectionnistes se disent : « Tant pis pour les autres » sans se douter qu'ils finissent eux-mêmes par devenir « les autres ».

Les relèvements des droits sur les blés, les viandes, les porcs, la houille, la soie, en affaiblissant le pouvoir de consommer diminuent le pouvoir de produire.

Et ce n'est pas tout : on en arrive à demander la protection de l'Etat pour l'industrie départementale.

On reste stupéfait quand on apprend, par exemple, que le conseil général des Pyrénées-Orientales a demandé que le ministre de la guerre fût obligé de donner des espadrilles à la troupe, tant comme chaussures de repos que comme chaussures de marche, pour éviter la concurrence des marchands de chaussures de cuir. Dans le Calvados on a surenchéri sur ces idées protectionnistes ; on a demandé de protéger l'élevage des chevaux et les chevaux eux-mêmes contre les automobiles. La loi du

cadenas, qui est promulguée au moment où nous terminons ces lignes, n'est-elle pas, au surplus, l'idéal de la protection?

Puisse l'année qui va s'ouvrir, et ce sera notre con- conclusion, clusion, s'inspirer des vrais principes économiques libéraux; puisse-t-elle être une année d'affaires, de tranquillité, de paix, et tirer avantage et profit du fait capital de 1897 : V alliance.

Chaque fois que notre i>ays prépare une exposition Les cxposiuons universelle, il semble qu'un mauvais génie s'applique i4s crises. à le troubler, à effrayer les esprits, à faire douter de lu réalisation de ces grands tournois pacifiques.

La première exposition internationale date de 1855 : en 1853-1854, la France et l'Europe furent troublées par lus préparatifs et par la déclaration de la guerre de Crimée.

La seconde exposition eut lieu en 1867, on sait avec quel éclat!

En 1865 on était au lendemain de la guerre des Duchés, en pleine expédition du Mexique, à la veille de la guerre austro-prussienne ; en 1866, ce fut l'année de Sadowa, et, en 1867 même, à la veille de l'exposition, éclatait l'affaire du Luxembourg qui faillit entraîner une guerre avec la Prusse.

L'exposition de 1878 fut précédée, en 1876 et 1877, par de graves événements intérieurs et extérieurs.

En 1876, le ministère Buffet faisait place à un cabinet centre-gauche, puis de gauche pure; les questions religieuses qui étaient soulevées ajoutaient aux difficultés de la politique extérieure, que faisait naître la question d'Orient.

En 1877, la France n'eut pas un jour de répit au milieu de ses luttes politiques intérieures et des événe-

ments qui s'accomplissaient à l'extérieur : c'est l'année du 16 mai, la chute du ministère Jules Simon, la .lis solution de la Chambre, le ministère de Broglie-Fourtou, la guerre d'Orient; arrive 1878 et, avec elle, la mort de Victor-Emmanuel, celle du pape Pie IX. La guerre d'Orient s'achève; elle voit la défaite définitive de la Turquie, décimée par les Russes q^ui s'avancèrent jusqu'aux portes de Gonstantinople. L'inquiétude et les armements précipités de l'Angleterre et de l'Allemagne, l'entrée 'd'une flotte anglaise dans la mer de Marmara, troublèrent singulièrement les esprits.

L'exposition de 1889 fut précédée, elle aussi, de faits et d'événements graves, intérieurs et extérieurs.

L'année 1887 avait vu trois ministères, deux présidents de la République, Jules Grévy et Garnot, l'agitation qui commençait autour du général Boulanger, les manifestations de la gare de Lyon et du 14 juillet; elle eut une crise extérieure — l'incident Schnaebelé — qui faillit mettre aux prises l'Allemagne et la France. L'année 1888 ne fut pas moins agitée : pendant de longs mois, le boulangisme troubla le pays.

Nos expositions universelles, à en juger par les faits que nous venons de rappeler, semblent devoir être d'autant plus brillantes que des agitations nombreuses, des crises aiguës et de vives inquiétudes les précèdent. L'exposition de 1900 n'aura pas été, à ce point de vue, plus épargnée que ses devancières, de^isls"'^"^'^'^' 1898 comptera, en effet, parmi les époques les plus préoccupées et les plus préoccupantes, tant au point de vue intérieur et extérieur qu'au point de vue fiscal et économique.

2» Cabinet L'affaire Dreyfus, les changements ministériels, les T» Cabinet électious générales, les menaces fiscales sans cesse oi'puy- renaissantes, l'anémie et les ennuis du marché finan-

cier, conséquences d'une réorganisation défectueuse,, les armements maritimes de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Russie, les augmentations des crédits pour les dépenses de la guerre, dans l'Europe entière.

la guerre hispano-américaine, les menaces de guerre entre la France et la Grande-Bretagne à propos des affaires du Niger ou celles de Fachoda, l'assassinat dj l'impératrice Elisabeth, etc., l'ont constamment agitée : pas un jour ne s'est écoulé sans apporter un contingent de préoccupations.

Les événements de la politique extérieure ont été .''»'*? «?,'**

rieurs uc iSOS*

suivis avec d'autant plus d'intérêt qu'ils ont profondément modifié la situation respective des puissances.

En Amérique, dans l'Extrême-Orient, dans le Levant, l'équilibre des puissances a changé. La guerre de conquête entreprise par les Etats-Unis, la prise de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines, sont des faits considérables. C'est la destruction de l'empire colonial de l'Espagne et l'avènement d'une puissance extra-européenne dans les affaires du vieux continent.

Dans l'Extrême-Orient, le dépècement de la Chine a commencé. L'Allemagne s'est emparée de Kiao- Tchéou; la Russie a occupé Port-Arthur; la Grande-Bretagne, "W'e'i-Haï-We'i et les rivages de Hong-Kong. Nous nous sommes bornés à occuper Outcheou-Wan. Toutes ces prises de possession n'ont fait que précéder l'attribution de concessions de plusieurs régions minières et des principales voies ferrées qui peuvent ouvrir un marché de plus de 300 millions d'habitants au commerce du monde.

Dans le Levant, pendant que les grandes puissances so menacent sur le reste du globe, elles sont restées unies pour régler définitivement la question Cretoise au profit de l'influence hellénique. D'autre part, le voyage de l'empereur d'Allemagne à Constantinople, li réception qui lui a été faite par son « bon ami » le >ultan. son excursion en Palestine, sont des faits trop importants pour être oubliés.

En Tunisie, à Madagascar, au Congo, au Dahomey, l'œuvre de notre colonisation s'est développée et affermie. La capture de Samory met fin à nos expéditions au Soudan. L'Indo-Ghine, depuis l'intelligente et actiVe direction du gouverneur général, M. Doumer, est en voie de prospérité, ainsi qu'en témoignent, fait bien rare, les excédents budgétaires. Cette prospérité ne pourra que se développer quand le réseau de chemins de fer qui lui est nécessaire sera exécuté. Notre belle et grande colonie d'Algérie, la plus puissante, la plus riche, celle sur laquelle nous devons veiller avec un soin jaloux, a été malheureusement troublée par les agitations dangereuses de l'antisémitisme; si l'ordre et le calme ne sont pas promptement rétablis, les affaires de ce beau pays risquent d'être compromises pour de longues années. Du côté du Niger et dans la région du Nil, nous avons eu de sérieuses difficultés avec rAngl,eterre. La récente affaire de Fachoda a montré bien des périls et il n'a pas dépendu de notre diplomatie que les intérêts de la France n'aient été plus entièrement maintenus. En cédant aux réclamations de l'Angleterre, notre gouvernement a entendu sauvegarder les intérêts supérieurs de la paix; mais la question égyptienne reste entière : elle regarde l'Europe, et c'est de ce côté que des difficultés pourront naître, lorsque l'heure de son règlement sera arrivée.

Les deux seuls faits véritablement heureux qui apparaissent dans la politique extérieure de 1898, si troublée, si inquiète, sont l'appel du tsar en faveur d'un désarmement et la conclusion d'une convention commerciale avec l'Italie, convention qui fait cesser la guerre de tarifs existant entre les deux pays et qui a amené une détente dans leurs relations politiques.

^rappel du (( ji ne peut plus y avoir de politique anglaise, française, russe, prussienne, autrichienne; il n'y a plus

qu'une politique générale, qui doit, pour le salut de tous, être admise en commun par les peuples et les rois. »

Ces paroles fameuses que prononçait, en 1823, le tsar Alexandre I", ne semblent-elles pas avoir inspiré la proposition pacifique que le tsar Nicolas a adressée à toutes les puissances? Elle a été accueillie avec respect, mais sans grand espoir de la voir jamais se réaliser, pas plus que ne s'était réalisé l'appel adressé aux nations, en 1863, par l'empereur Napoléon III.

Malgré la proposition généreuse du tsar, parlant à l'Europe de paix et de désarmement, jamais les armements militaires n'ont été plus activement poussés que cette année. En Angleterre, en Allemagne, en Russie, en France, les dépenses maritimes, les demandes de crédit pour la réfection ou l'accroissement des forces navales ont atteint des chiffres considérables et, en même temps, les dépenses pour l'armée de terre ne -S arrêtant pas.

En Allemagne, d'après le projet de loi déposé au Reichstag sur l'effectif de l'armée en temps de paix, cet effectif sera, à partir du 1** octobre 1899, progressivement augmenté de façon à atteindre dans le cours de l'année budgétaire 1902, le nombre de 502,506 soldats et caporaux. Ce chiffre sera maintenu jusqu'au

31 mars 1904. A la fm de l'année budgétaire 1903 il devra y avoir : 625 bataillons d'infanterie; 482 escadrons de cavalerie; 574 batteries d'artillerie de campagne;

32 bataillons d'artillerie à pied; 26 bataillons du génie; il bataillons des chemins de fer et télégraphes; 23 baiaillons du train.

Que serait-ce donc, si Guillaume II n'avait pas accepté avec « enthousiasme » le projet de désarmement du tsar?

La Russie, elle-même, n'échappe pas à la contagion. A la suite du renouvellement de l'artillerie des armées française et allemande, le gouvernement russe a décidé de procéder, lui aussi, au renouvellement de l'artil-

Nouvelles dépenses mi liui rea en tons pays.

En Allemagne.

Bn Rosse.

lerie de campagne russe., La dépense nécessitée par la mise à exécution de ce projet sera de 160 millions de roubles ; les commandes seront, assure-t-on, données exclusivement à des maisons russes ou françaises et la France fournira un huitième de la fourniture totale. Cette réorganisation aurait lieu d'après le modèle français.

Ce que cofite Cette paix armée, qui coûte annuellement à l'Europe

la paix armée a ^ '^ -^

l'Europe. plus de 5 milliards de dépenses militaires et presque

autant pour l'intérêt des dettes contractées, est la conséquence de la guerre de 1870, si malheureuse pour notre pays, non moins malheureuse pour l'Europe dont elle a détruit l'équilibre. Le principal auteur de cette Mort du prince guerre fatale, le prince de Bismarck, est mort cette

de Bismarck. « j r- ?

année; il a couvert son pays de gloire, il a fait l'unité allemande, mais c'est à sa politique que l'Europe doit les charges énormes qu'elle supporte, charges qui représentent chaque année un surcroît de plus de 2 milliards. Les dépenses militaires s'élevaient, avant 1870, à environ 2 milliards 1/2 ; elles coûtent aujourd'hui bien près de 5 milliards et, si l'on totalise les dépenses depuis 1869, c'est environ 50 milliards que l'Europe a dépensés en armements depuis trente ans.

« L'Europe entière, lisons-nous dans le programme de l'Association de la paix par le droit, entretenait en 1869 2 millions 200,000 hommes de troupes permanentes; elle en entretient aujourd'hui 3 millions 300,000, mais elle pourrait en mettre sur pied, en cas de déclaration de guerre, plus de 12 millions 1/2. Les armées permanentes coûtent à l'Europe la somme de 5 milliards, dont plus du sixième, environ 900 millions, est payé par la France. Plus du quart des budgets français, allemand et russe est absorbe par les frais de la paix armée. »

1898. — PESSIMISMii EXAGliRE 399

Chez nous, cet accroissement des dépenses militaires a été particulièrement sensible. Nous en avons fait le compte exact dans un travail publié au commencement de cette année (1). La guerre de 1870 nous a coûté 12 milliards; nous avons dépensé, depuis, 20 mil- ' liards pour la guerre et la marine et c'est à ces dépenses énormes que nous devons l'accroissement de nos charges fiscales et de notre dette publique (2).

Une autre conséquence plus grave que cette déper- y^*^*'*^^**' (lition des capitaux, c'est la déperdition des hommes, l'arrêt dans l'accroissement de la population. Nous sommes minés par la dépopulation : des vides se font i* nous risquons d'être écrasés par la pression des nations plus denses.

Quelques chiffres suffisent à démontrer comment nous diminuons comparativement aux nations voisines qui augmentent dans des proportions sensibles.

Voici quelles étaient, il y a un siècle, et quelles sont Popuiaticn

,,. . , , .. , , comparée des

aujourd hui les populations comparées des quatre grands éuis. grands pays d'Europe ;

En 1789 En 1896

millions millions

ï'''an<^e 26.0 38.2

Angleterre, Ecosse et Irlaude 12.0 39.5

Allemagne 28!o 52.2

Russie 25,0 129.2

La France a trois naissances légitimes par mariage, Fécondité com. tandis que la plupart des nations européennes atteignent ^^^0!^"** ou dépassent quatre naissances.

Les mariages français sont peu féconds comparés à ceux des autres nations d'Europe. On a calculé de com-

à /«97,1n-«"ri898^'"'^^ '"' ^ ^'"'^^ ^^ ^ richesse publique de 1869 (2. Voir noire étude La paix et les dépenses delà gverre, in-S., 1898.

FINANCliS CONTEMPORAINES

bien d'enfants étaient mères en un an 1,000 femmes mariées ; on a trouvé le résultat suivant :

France -. : . . 115

Belgique et Italie 184

Suisse 1"Î6

Allemagne 202

Prusse 206

Wurtemberg 216

Norvège , 186

Angleterre 190

Ecosse 205

Con séquence :

moins d'enfants, moinsde soldais

Ces faits sont des plus graves, car c'est l'avenir même de notre pays qui en dépend.

Nous n'hésitons pas à dépenser des milliards pour la guerre : l'arrêt de notre population, pendant que dans les pays qui nous entourent les naissances s'accroissent, est l'équivalent de batailles perdues. Si nous avons moins d'enfants, nous avons moins de soldats.

Questions monétaires

Les encaisses des banques.

Au point de vue monétaire, l'année 1898 a été agitée : les affaires des grandes banques d'émission ont eu une féelle activité : les besoins d'or, provoqués par la mauvaise récolte de 1897, ont été nombreux. La Banque de France, particulièrement visée par les explorateurs d'or, a défendu son encaisse métallique en agissant avec une grande prudence : elle a porté le taux de son escompte à 3 %, taux encore inférieur à celui des autres banques européennes.

Au 31 décembre 1897^, les encaisses de métal jaune étaient les suivantes :

(TilBLIAU)

BANQUES

Banque de France

Banque d'Allemagne

Banque d'Angleterre

Banque austro-hongroise

Banque d'Espagne

Banque d'Italie

Banque de Russie

ENCAISSES-OR

millioni de francs

3oo 3.095

ACTCIL- LBMXHT

miUiOBa de francs

Lu diminution constatée pour la Banque de Russie tient surtQut à des mouvements intérieurs, la Banque s'efforçant de remplacer les billets par l'or.

D'autre part, les banques associées de New-York ont gagné beaucoup de métal jaune.

Au 31 décembre 1897, elles possédaient une encaisse de 523 millions de francs: au 17 décembre 1898, cette encaisse était de 820 millions, soit une augmentation de 300 millions.

Ce sont elles qui ont absorbé, en majeure partie, l'or européen.

Parallèlement à la diminution des encaisses-or, la circulation des billets s'est accrue dans toutes les banque.-^ d'émission.

Voici la circulation de quelques-unes des principales banques d'émission aux environs du 15 décembre :

Circulation fiduciaire.

BAMJLES

Banque de France

Banque d'All'-in i^ne . . . .

Banque d'Aiii;l.;ieire

Banque austi'>h(jngroise

Banqve de Belgique

taa.jas d'Espagne

Banque d'Italie

millions Je franco

millions de francs

millions «le francs

l.oi3

millions

millions' de fnnc:|

Taux compte,

de l'es-

Le taux de l'escompte a été élevé partout. Il est actuellement de 3 % à Paris ; 4 % à Londres et à Bruxelles ; 5 % en Suisse, en Italie, en Espagne, en Autriche ; 6 % en Allemagne, en Portugal et en Russie.

Un grand resserrement de capitaux s'est produit en Allemagne par suite d'exagérations commises dans la création d'affaires industrielles et de sociétés par actions.

Sur toutes les places européennes., le taux de l'escompte est actuellement le plus élevé qui ait été fait depuis plusieurs années.

En voici la comparaison depuis 1895, fm décembre :

BANQUES

Banque de France

Banque d'Allemagne

Banque d'Angleterre

Banque austro-hongroise Banque de Russie

fr. c.

fr. c.

fr. c.

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