‹ Finances contemporainesChapitre 33 sur 85 · SATURE DES PRODUITS · texte numérisé non relu

SATURE DES PRODUITS

COIRS

du

1" nÉcruBRE

COURS du

Font*.' de moulajîo LuAcmbourg (n* 3)

— puddiage — , .

— — Charleroi

francs

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Cornières franco gares belges

— — homogène....

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— — d'acier (exportation)

Itdils — — —

Un des traits caractéristiques peut-être de Tannée 1899, c'est, dans l'ensemble du monde civilisé, le retour encore bien lent, mais qu'il faut noter comme un heureux symptôme, des idées libérales en matière coininerciale. Les guerres de tarifs, la protection, perdent du terrain. L'arrangement conclu à la fin de l'année derrière par un ministre libéral, M. Paul Delombre, entre la France et l'Italie a mis fin à une guerre qui n'avait que trop duré. Cette convention a été saluée avec joie dans les deux pays ; elle a été profitable aux intérêts des deux nations. Un accord est intervenu entre la France et les Etats-Unis pour abaisser les droits qui frappent certains produits. La convention du 21 mars, signée entre notre ambassadeur à Londres, M. Cambon, et lord Salisbury, a mis fin au dilTérend qui s'était élevé au sujet des frontières des possessions franco-anglaises et de la sphère d'influence des deux

Le moaTemeM

protectionniste.

Arrangement commercial avec ritalie.

Convention

franco-anglaise (sphères dinQuence en Afrique centrale).

nations en Afrique. Elle contient un curieux article. Il y est stipulé que dans tout pays compris entre le lac Tchad et le Nil, du 5* au 15® parallèle, l'égalité de traitement entre la France et l'Angleterre est concédée.

La même stipulation établit déjà dans la région du Niger le régime de la porte ouverte. M. de Molinari, dans le Journal des économistes, a pu dire, avec infiniment d'esprit, que les consommateurs noirs de l'Afrique française, plus heureux que leurs confrères blancs de la métropole, échapperont à la servitude du protectionnisme.

Baissedesprix Le protectionnisme a subi, du reste, dans ses principes, dans ses théories, un rude accroc. Malgré les droits de douane, les prix du blé n'ont pas cessé de baisser : 18 fr. 25 en décembre 1895; 20 fr. 46 en décembre 1896; 28 fr. 89 en décembre 1897; 21 fr. 39 en décembre 1898; 17 fr. 50 en décembre 1899. C'est une baisse de 4 francs sur les prix de l'an dernier et de 11 francs sur ceux de 1897. Depuis 1872, sauf cependant le premier semestre de 1894-95, jamais les prix n'ont été aussi bas. Les agriculteurs n'ont donc pas été « protégés » par les droits de douane, puisque les prfx sont plus bas que pendant la période de la plus complète franchise des droits : les consommateurs, par contre, qui payent le pain plus cher que sur aucune place du monde et ont supporté des augmentations de prix quand les droits de douane ont été établis, ne subissent pas de diminution dans leur coût actuel d'achat.

Les warants Qn croyait aussi que la loi sur les warrants agricoles

agricoles. j - i o

faite en vue de donner aux cultivateurs la facilité d'attendre, pour vendre leurs produits, le moment oîi les marchés sont moins garnis qu'après les récoltes, serait efficace : mais cette mesure, elle aussi, est critiquée aujourd'hui et les défenseurs les plus convaincus du protectionnisme agricole recherchent les moyens de remédier à une situation qui n'est pas sans dangers. Si, en effet, le protectionnisme n'empêche pas les prix de s'abaisser, si le consommateur paye son pain plus

cher, ou du moins ne profite pas de la baisse des prix, si. enfin, le remède des warrantages agricoles ne pro duit aucun effet, ne peut-on pas se demander si la liberté, cette liberté si chère aux économistes, n'aurait pas produit moins de déceptions et, dès lors, pourquoi l'avoir repoussée, pourquoi ne pas y revenir?

Les défenseurs de la réglementation du commerce des grains feraient bien de se rappeler les réflexions que M. de Witte, ministre des finances de Russie, faisait entendre à une réunion de commerçants : « Le système protecteur, disait-il, nous a sans doute donné des bénéfices, mais c'est une école très coûteuse ; ce système pèse maintenant sur presque toutes les classes de la population. » Ces paroles, d'autres pays que la Russie peuvent les méditer et en faire leur profit.

Il ne faut pas croire^ du reste, que cet échec des doctrines protectionnistes ralentisse l'ardeur de ses partisans. Plusieurs faits accomplis pendant cette année le prouvent. Ainsi, tout au début de l'année, un emprunt indochinois a été émis avec plein succès. Or, les concessionnaires, les entrepreneurs et sous-entrepreneurs doivent être Français aussi bien que leur matériel, et celui-ci doit être transporté sous pavillon français. Nous admettons la première clause, mais si le matériel acheté en Indo-Chine, par exemple, coûte 10, 20, 30 % meilleur marché, pourquoi se priver de l'acquérir là où il nécessite, à qualités égales, un moindre coût?

Veut-on voir jusqu'à quelles infimes questions descend le protectionnisme? L'année dernière, nous avions vu le conseil général des Pyrénées-Orientales demander au gouvernement de protéger l'espadrille contre la chaussure de cuir; le conseil général du Calvados, demander de protéger l'élevage des chevaux et les chevaux eux-mêmci contre... les automobiles ; le conseil général de l'Aube demander de protéger les pavés nationaux contre les pavés étrangers. Cette * année, ces propositions bizarres ont été dépassées. La Société des chasseurs français a demandé, par une péti-

Le protectionnisme jugé par M. de Witte.

On demande de ta protection.

tion revêtue de dix mille signatures, rinterdiction du transit par la France des... cailles vivantes venant d'Afrique à destination de l'Angleterre. Le conseil des ministres a été saisi de cette pétition, et le ministre, de l'agriculture a été autorisé, à dater du 20 avril, à supprimer cette tolérance. Pauvres cailles! Gomme il existe une ligne non interrompue de chemins de fer de Gênes à Anvers ou Ostende, en supprimant le transit^ par la France on supprime à no<s compagnies de chemins de fer françaises les bénéfices de ce transport, sans pouvoir empêcher les amateurs de cailles d'en recevoir en Angleterre.

Autres idées protectionnistes : une pétition a été adressée au conseil municipal de Paris, tendant à réserver aux artistes « nés à Paris », au moins la moitié des achats faits annuellement par .la Ville aux salons de peinture et de sculpture. Pourquoi, si semblable requête était admise, les architectes, maçons, paveurs, égoutiers, etc., nés à Paris, n'auraient-ils pas la préférence pour l'exécution de tous les travaux municipaux?

^«'^«▼eïuent Lg protectionnisme est le père du socialisme; aussi, ne faut-il pas s'étonner que les idées et les projets socialistes aient pris une plus grande ampleur. La loi sur les accidents du travail est en vigueur depuis le l®"" juin; avec les conditions de travail et de salaire qui sont mamtenant édictées, les grands entrepreneurs et industriels sont effrayés des charges qui pèsent sur eux et de celles qui les menacent.

M. Aynard a pu dire avec raison, à la Ghambre des députés : « Si l'on met dans l'esprit de l'ouvrier que l'Etat peut lui garantir un certain salaire, on suscite non pas un germe de paix, mais un germe de guerre. »

cier.

Marché flnan- L^ baissc dcs fouds et titres à revenu fixe et à faible rendement qui avait commencé à se produire en 1898,

s'est généralisée et accentuée en 1899. Les rentes f ran- Baisse de» vaçaises ont fléchi ; il en a été de même des fonds de pays «xè" * '^*''*"" riches et dont les flnances sont bien ordonnées, comme lelïTreveT!*" les fonds anglais, russes, allemands, hollandais, belges, variable, suédois, norvégiens, danois, etc.

Les titres de placement de premier choix, comme les obligations de chemins de fer, de la ville de Paris et du Crédit foncier, et plusieurs titres de grandes sociétés industrielles ont suivi le mouvement de recul des rentes.

i\ous avons expliqué, à diverses reprises, les causes de cette réaction. L'attention du public de l'épargne et de la spéculation s'est portée de plus en plus du côté des valeurs industrielles présentant des chances de plus-value comme revenu ou comme capital.

On a négligé les titres à faible rendement.

Cette baisse a été, cette année, assez vive; elle a, comme contre-partie, une hausse nouvelle des grandes valeurs industrielles, hausse considérable qui faisait suite à la plus-value sérieuse déjà obtenue pendant l'année précédente. Que les rentes, obligations de chemins de fer, ville de Paris et du Crédit foncier soient à des cours plus ou moins élevés, cela ne veut pas dire que ces titres de placement soient plus ou moins sûrs ; ils présentent les mêmes garanties et les mêmes sécurités. C'est une simple indication des dispositions du public. Le relèvement du loyer des capitaux, commencé légèrement à la fin de 1897, s'était accentué en 1898 et s'est à nouveau développé ceftp année; la conséquence inévitable devait être la faiblesse et la baisse des titres à revenu peu élevé. C'est ce qui s'est produit : mais, de même qu'au-dessous d'un certain minimum d'intérêt le public de l'épargne restreint ses achats, préfère garder ses capitaux inactifs et réaliser parfois tout ou partie des titres qui lui rapportent peu, de même aussi, quand les cours de ces mêmes titres reviennent à un niveau moins élevé, les achats et les placements recommencent avec entrain. Dans ce dernier

quart de siècle, semblable mouvement s'est produit plusieurs fois : recherche et hausse des rentes et titres à faible rendement; abandon et baisse des titres à revenu variable; puis, mouvements en sens inverse.

Le rentier qui conserve ses titres en portefeuille n'a pas à s'inquiéter de ces fluctuations; les rentes françaises sur l'Etat, les obligations de la ville de Paris et du Crédit foncier, les -obligations des grandes compagnies de chemins de fer, doivent former la base de tout portefeuille sérieux, quelles que soient les fluctuations de cours qui se produisent, tantôt en hausse, tantôt en baisse.

La sécurité du revenu doit être la première préoccupation de tout capitaliste prudent qui n'est pas assez au large dans ses ressources pour pouvoir s'engager sur des valeurs qui, sans doute, « peuvent monter » et donner de gros revenus, mais qui aussi « peuvent baisser » et rapporter très peu.

Pendant tout le cours de cette année, les capitaux ont été plus demandés sur l'ensemble du marché ; par suite de la création d'affaires nouvelles ou du développement d'anciennes entreprises, la possibilité de les rémunérer plus largement est apparue. Gomme l'a fait remarquer M. Paul Leroy-Beaulieu, dans les Débats, « les effets de la chute de la maison Baring, de la catastrophe de la République argentine, de l'Uruguay, plus tard du Brésil, ont disparu. L'Amérique latine s'est réveillée; les Etats-Unis, à la suite d'excellentes récoltes, ont joui d'une prospérité mer\-eilleuse; des débouchés nouveaux se sont ouverts dans l'Afrique du sud, dans la Chine, pour laquelle on a emprunté bien près d'un milliard sous des formes diverses; il faut des capitaux pour les colonies variées des peuples européens que l'on commence à outiller. Une nouvelle industrie surtout, si elle est déjà de date ancienne quant à ses commencements, s'est montrée tout à coup envahissante et très productive dans ses domaines divers : l'électricité. » Voilà la vraie cause de la hausse

récente du taux de l'intérêt et, par conséquent, de la baisse du cours deî* valeurs à revenu fixe, car les deux phénomènes se tiennent.

Les émissions de valeurs diverses, en 1899, ont été ^^feure li^isî»! nombreuses sur tous les marchés fmanciers du globe, et particulièrement en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis (1).

Dans le premier semestre de cette année, d'après lEconomist et la Gazette de Francfort, les émissions de valeurs mobilières nouvelles auraient atteint en Angleterre 2,200 millions de francs contre 1,300 millions dans la même période de 1898. Pendant le seul premier semestre de 1899, il aurait été créé en Allemagne pour 1,720 millions de francs de valeurs nouvelles.

A New-York, les admissions à la cote de la Bourse se seraient élevées au chiffre énorme de 5,320 millions de francs. Si l'on se rappelle que les divers appels au crédit faits dans le monde entier se sont élevés, en chiffres ronds, à 9,600 millions, en 1897, à 10,500 millions, en 1898, on reconnaîtra que l'année 1899 dépasse de plusieurs milliards ces totaux déjà si considérables.

Les principales émissions effectuées en France, en 1899, ont été les suivantes :

GoaTemem«nt général de l'Indo-Chine : 110,000 obligations

3 1/2 •/„ janvier.

Crédit foncier de France ; 500,000 obligations communales 18)9 février.

Emprunt chinois 5 V- 1898: 133,000 obligations .') "/ avril.

Oural- Volga : 35,925 obligations 4 0/0 mai.

Compagnie générale de construction : 10,000 obligations., juin.

Crédit foncier de Hongrie : 40,000 obligations 3 1/2 •/• juillet.

Compagnie Thomson-Houston : 40,000 obligations 4 "•/«.... juillet.

^ines d'Algérie-Tunisie : 15,000 obligations 4 1/2 '/• novembre.

Tille de Paris : emprant métropolitain, 115 millions novembre.

Emprunt roumaia : 100 millions de bons du Trésor décembre.

(1) Voir nos rapports à l'Institut international de statistique sur Ijx statistique internationale des valeurs mobilières, in-8' 1897 (Session de Saint-Pétersbourg) et 1900 (session de Christiania^ .Nous donnons, dans ce dernier document, le détail de ces appels au crédit.

Régularisation do diverses dettes.

Nous avons eu aussi l'augmentation du capital social de là Société générale et de plusieurs sociétés industrielles, en même temps que les compagnies de chemins de fer ont continué à servir, à leurs guichets, les demandes d'obligations que l'épargne met en portefeuille.

Sur le marché en banque, de nombreuses introductions de titres divers ont eu lieu. Les sociétés de crédit ont émis, à leurs guichets, un certain nombre de valeurs; le Crédit lyonnais, notamment, a placé, dans sa clientèle un stock important d'obligations russes 3 1/2 de la Banque foncière de la Noblesse. Avec les placements habituels qu'elle effectue sur ses valeurs favorites, telles que les obligations de chemins de fer que les compagnies ont continué à délivrer, on peut dire que l'épargne française a placé, cette année, plusieurs centaines de millions, — près de 1,500 millions — sur des titres divei'S de création récente.

Pour terminer ce résumé du mouvement financier de l'année, constatons que de vieilles dettes se régularisent : Santa-Pé, Gorrientes, Entre-Rios, Gordoba, sont entrés en arrangement avec leurs créanciers. Espérons que l'année 1900 verra se terminer les difficultés pendantes encore du côté de l'Espagne et du Portugal.

1899 est une année d'affaires et de profits.

Plus hauts cours.

Gette année est une des plus variées et agitées que nous ayons eu à analyser depuis trente ans. Pas un jour ne s'est écoulé sans qu'un incident imprévu, politique, économique ou financier, ne soit venu apporter son surcroît d'agitations, d'inquiétudes et de préoccupations. Et cependant, elle a été prospère et d'une grande activité commerciale et industrielle.

Les chiffres le prouvent.

Au point de vue de la Bourse, à part les titres à revenu fixe qui, pour des raisons spéciales que nous avons exposées, ont fléchi, sans rien perdre de leur

sécurité, de leurs garanties, de la confiance qu'ils méritent d'inspirer toujours à l'épargne tranquille, la hausse a été générale. Quelques fonds d'Etal, même parmi les plus dépréciés, ont regagné de hauts cours. A la fin de l'année 1898, l'Extérieure valait 46,66 : elle vaut 65 après 69; les chemins de fer espagnols, actions et obligations, ont suivi le mouvement; les Andalous sont encore en hausse, malgré la réaction de ce moisci, de 130 à 250; le Nord de l'Espagne, de 95 à 190; le Saragosse, de 170 à 260. Toutes les valeurs de métaux, cuivre, plomb, étain, ?;inc, fer, sont en grande plusvalue. Il en est de même des charbonnages, des sociétés de crédit, des titres industriels, des valeurs de traction et d'électricité, etc. Les mines d'or du Transvaal se sont réveillées et ont atteint pendant un moment de très hauts cours dont nombre de capitalistes ont prolUé pour réaliser. Ces prix ont été perdus à la suite des défaites anglaises, mais, dans l'ensemble, ils ne s'éloignent pas beaucoup des cours cotés à la fin de Tannée ' dernière. L'ensemble du portefeuille des capitalistes français, évalué aux cours actuels, qui ne sont pas les plus hauts de l'année est, en somme, en amélioration. Ce qui est préférable à la plus-value des cours de la Ph»» «resprfi

^ ^ dinitiative et

Bourse, c est le réveil de l'esprit d'initiative et d'entre- <i'entrepris«. prise. Les capitalistes se montrent plus disposés à s'intéresser dans des afTaires industrielles, dans des compagnies coloniales, dans des opérations extérieures. Ce peut être un bien, à la condition que les afTaires présentées au public soient sérieuses, honnêtement conduites et qu'on ne majore pas les prix auxquels on les offre à l'épargne. Ce serait un mal, mal peut-être irréparable, si la spéculation, exagérant les cours des titres industriels, même les meilleurs, causait de nouvelles déceptions à cette épargne si confiante.

Ce qui est préférable aussi à la hausse et à la plus Développe-

, , ■ ^ menl commercial

value des valeurs, quelles qu'elles soient, c'est le dé- industriel et aveloppement commercial, industriel et financier du

Indices favoral.les.

C 0 n tributions directes.

Taxe sur le revenu.

Impôt sur les opérations de Bourse.

Recettes des chemins de fer.

Navigation.

pays, sans parler de la récolte en céréales et de la production des vins qui ont été exceptionnellement belles. Tous les indices économiques que nous avons consultés, toutes les statistiques que nous avons relevées permettent de se rendre compte de la situation.

Ce sont les chiffres qu'il convient de laisser parler :

1° Le montant des recettes des contributions directes évalué à 2,442 millions pour les onze premiers mois, a donné au Trésor 2,540 millions, soit une plus-value de 98 millions;

2° Le montant de la taxe sur le revenu des valeurs mobilières, pour les onze premiers mois de l'année, dépasse 73 millions, ce qui fait prévoir, pour l'année entière, une recette de 74 millions. Ce chiffre n'avait jamais été atteint. Il prouve que la somme totale des revenus des particuliers, constituée en valeurs mobilières, s'est accrue;

3° L'impôt sur les opérations de Bourse s'élève, pour les onze premiers mois de 1899, à 6,246,000 francs, ce qui fait supposer un produit total de près de 7 millions pour l'année entière : c'est une plus-value de 1 million 500,000 francs à 2 millions sur les années 1896, 1897, 1898. En 1896, cet impôt avait produit 5,064,000 francs; en 1897, 5,526,000 francs; en 1898, 5,104,500 francs. Cet accroissement montre que les transactions sur le marché fmancier se sont développées;

4° Les recettes des chemins de fer, toujours pendant la même période, dépassent de 38 millions celles de l'année dernière;

5° Le mouvement de la navigation soit comme nombre de navires, soit comme tonnage à l'entrée et à la sortie de nos ports, constate que le tonnage est en augmentation de plus d'un million de tonnes à la sortie par rapport à 1898.

Que prouvent encore ces chiffres? Le développement des affaires;

6° Le mouvement du commerce extérieur accuse des progrès brillants. Les exportations sont en progrès de 432 millions de francs sur celles de la même période de Tan dernier, soit de près de 14 %. Nos importations sont en diminution de 233 millions;

7° Dans toutes les grandes villes manufacturières, Reims, Sedan, Lille, Elbeuf, Valenciennes, Rouen, Saint-Etienne, dans tous les centres métallurgiques ou houillers, au nord, à- l'est, à l'ouest ou au midi, lactivité des transactions a été telle, les demandes si nontbreuses, que les producteurs et les fabricants n'ont pu livrer la totalité des demandes de leur clientèle. La hausse des métaux et des charbons, d'une part, celle des cotons, de la laine, de presque toutes les matières premières, d"autre part, ont été des plus intenses.

Pendant les onze premiers mois de l'année, les expéditions de combustible de nos charbonnages du Nord et du Pas-de-Calais ont nécessité 986,309 wagons contre 950,988 en 1898, soit une augmentation de 35,321 wagons.

Sur la place du Havre, le prix des cotons a haussé, de décembre 1898 à décembre 1899, de 36 à 48; les laines, de 145 à 215. Sur le marché de Lyon, les prix des soies d'Europe, du Levant, du Japon, de Chine, sont en hausse considérable. Les prix en soie d'Europe, notamment pour grège Cévennes 1*"" ordre, ont haussé de 45 francs à 65 francs ; les soies usage pour grège Syrie 2" ordre 9/100 ont haussé de 41 à 56 et 57; les soies du Japon sont en hausse de 44 à 59 francs. Les cuirs, les suifs, les graines oléagineuses, les huiles de graines, sont également en hausse. Les prix du suif ont notamment haussé de 50 francs à 65 francs les 100 kilog;

8° Ajoutons enfm que, malgré la tension monétaire qui sévit partout, la Banque de France a maintenu, jusqu'au commencement de ce mois, son escompte à 2 1/2 ; elle ne l'a élevé à 3 1/2, puis à 4 1/2 que par mesure préventive et, nous le pensons, momentanée. A

Commande industrielles.

Commerce extérieur.

Expéditions de combustible.

Escoopte.

l'heure acluelle, l'escompte est encore en France 1 i/2 à 2 % meilleur marché que dans le reste du monde. Son encaisse-or est de 57 millions plus élevée que l'an dernier ; Capitaux en 90 Rarement les capitaux déposés en comptes courants

romptes cou- ^ ^

ranis. à la Banque, en comptes de chèques dans les grandes

sociétés de crédit, ont été plus abondants que cette année, A la Banque de France et dans les grands étabnssements de crédit, plus de 1,500 millions sont en dépôt sans intérêt, ou en comptes de chèques rapportant 1/2 à 1 %, en même temps que plus de 4 milliards, appartenant aux plus petites bourses, sont déposés aux caisses d'épargne. Rarement enfin les affaires financières ont été plus actives dans les établissements Ihianciers, à la Bourse, au parquet des agents de change et à la coulisse des valeurs.

Conclusion. Tel est, en quelques chiffres, le résumé de cette an-

née 1899, agitée, inquiète et néanmoins active et pro.spère. Puisse 1900, l'année de l'exposition et du centenaire, confirmer et développer, au milieu de la tranquillité intérieure et de la paix extérieure, les progrès matériels réalisés par l'année qui fmit.

Trois faits principaux ont absorbé l'attention pendant cette année qui s'achève : 1° la continuation de la guerre au Transvaal ; 2** la guerre de Chine, l'intervention des puissances, la prise de Pékin ; 3" l'exposition universelle.

Dégagés des événements quotidiens de la politique courante, ces trois faits dominent l'année.

Tout à ses débuts, pendant qu'on échangeait à Berlin La guerre dt les signatures de la conférence de La Haye, on apprenait que le gouvernement anglais augmentait ses armements et ses envois de troupes au Transvaal; on espérait néanmoins que cette guerre serait bientôt terminée. Il n'en a rien été, bien que la Grande-Bretagne ait envoyé plus de 250,000 hommes et dépensé près de 3 milliards pour réduire un petit peuple de laboureurs et de paysans; Kimberley, Bloemfontein, Kronstadt, Mafeking, Pretoria ont été pris; les généraux boers sont morts ou prisonniers : le président Kruger est venu solliciter l'intervention des grandes puissances; la lutte dure toujours sans que l'Europe, se rappelant les généreuses résolutions prises à La Haye, sorte de son impassibilité.

La guerre de Chine a réuni l'Europe entière dans une i* guerre d entente et un effort communs pour venger les massacres des Européens et sauver les légations.

4ro

Le concert européen.

L'accession des Etats-Unis et du Japon.

Réélection de M. Mac-Kinley à la présidence des Etats-Unis.

- P<'iil jaune et péril yankee.

Cette union internationale est un fait unique dans l'histoire. Mais, si l'entente était facile à faire en vue de la guerre à entreprendre, elle est plus difficile à conserver quand il s'agit de s'entendre sur les conditions de la paix à imposer à la Chine.

L'accession des Etats-Unis et du Japon dans ce « concert européen » est aussi un des faits internationaux importants qu'il convient de ne pas oublier.

Les Etats-Unis ont réélu président, il y a deux mois, M. Mac-Kinley : ils revendiquent pour eux et chez eux l'application de la doctrine Monroë, ce qui ne les empêche pas de se mêler très activement aux affaires européennes. L'Europe les a laissés faire ce qu'ils ont voulu dans leur guerre contre l'Espagne et ne s'est pas opposée à l'annexion de Cuba et des Philippines. Elle n'a pas même dit un mot pour défendre les intérêts des porteurs de titres de Cuba et demander aux Etats-Unis de prendre à sa charge les dettes extérieures de ce pays. Aujourd'hui, la grande République américaine fait cause commune avec l'Europe dans les affaires de Chine, mais elle ne se gêne pas pour s'opposer à plusieurs de ses réclamations ; elle sait faire entendre elle aussi, ses volontés. Les Etats-Unis avaient montré, l'an dernier, leur puissance militaire dans la guerre cubaine ; leur puissance financière et économique s'affirme cette année par l'ouverture de leurs marchés financiers à' des emprunts de deux des plus grandes puissances européennes, la Grande-Bretagne et l'Allemagne! Qui aurait prévu, il y a un siècle, que les Etats- Unis avec leurs 5 millions d'habitants deviendraient assez puissants,- assez riches, cent ans plus tard, avec une population de près de 80 millions d'âmes, pour prêter à l'Angleterre, qui cependant dépensait de^ milliards dans ses luttes contre Napoléon I", et pour prêter encore à l'Allemagne, devenue si puissante depuis ses victoires de 1870 ! Avant qu'il ne s'écoule beaucoup d'années, l'Europe qui~ a craint le « péril jaune » redoutera le « péril yankee ». L'alliance des Etats-Unis sera re-

cherchée sur le continent, car cet allié dispose de capitaux énormes; il est maître de la production des principaux métaux et produits de la terre; sa dette publique est minuscule. L'Europe, au contraire, ploie sous le poids de plus de 130 milliards de dettes publiques et elle dépense tous les ans près de 6 milliards pour l'entretien de ses armées de terre et de mer. La population qui, depuis cent ans, s'est accrue dans le vieux continent dans la proportion de 1 à 2, a progressé, au contraire, aux Etats-Unis, dans la proportion de i à 10. Nous n'avons cessé, depuis de longues années, de faire prévoir cette situation.

L'exposition est enfin le troisième fait qui, chez nous comme à l'étranger, a captivé l'attention. Si elle a permis de juger les progrès accomplis dans le monde et en France dans le cours du xix* siècle, elle a montré une fois de plus aux nombreux visiteurs qui sont venus à Paris, et c'est un des profits moraux que nous en retirons, que la France si injustement et si souvent décriée était un pays de travail et de paix.

Au point de vue intérieur et extérieur, nous résumerons brièvement les principaux faits.

Le ministère Waldeck-Rousseau a accompli ce mois-ci son dix-huitième mois d'existence. Il s'est formé, en effet, le 21 juin 1899, à la veille des débats du procès de Rennes : c'est le troisième cabinet de longue durée que la République ait eu depuis son installation.

Deux seulement sont restés au pouvoir plus longtemps que lui : ce sont les cabinets Ferry et Méline. Malgré les violentes attaques dont il a été et est l'objet, il ne serait pas impossible que le ministère actuel durât autant sinon plus qu'eux. Et, cependant, combien d'événements pouvaient compromettre son existencel Les élections municipales des 6 et 13 mai, les interpellations et questions sans cesse renaissantes, les discussions sur le budget, sur le régime fiscal des successions, sur celui des boissons, sur l'amnistie, etc.!

L'exposition universelle.

L»,- iiiitiistère Waldeck-Kousseau.

Consommation DcDuis la réuiiion de l'Assemblée nationale, c'esl-à-dire

fJe ministres de- '^ . ,.-,,,•, i , •■, •

puis 1871. depuis 1871 jusqu a aujourd hui, en trente années d exis-

tence, la République a eu 196 ministres différents, en y comprenant les onze qui forment le ministère actuel.

Sur les 185 anciens ministres, un est président de la

République, 59 appartiennent encore au parlement,

dont 28 à la Chambre et 31 au Sénat, 42 sont rentrés

dans la vie privée, 83 sont décédés.

Principaux i^a Stabilité ministérielle en France peut servir

faits extérieurs

en 1900. d cxcmplc, cn cette année 1900, aux gouvernements

étrangers. Dans la Grande-Bretagne, lord Salisbury a démissionné de son poste de chef du Foreign-Office; en Allemagne, le prince de Hohenlohe a été remplacé par M. de Bulow ; en Autriche-Hongrie, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Serbie, en Bulgarie, en Roumanie, plusieurs crises ministérielles ont eu lieu; en Russie, la mort inopinée de M. le comte Mouraview a fait changer le titulaire du ministère des affaires étrangères. Nous avons eu les odieux attentats contre le prince de Galles et le shah de Perse, l'assassinat du roi d'Italie. Les fiançailles de la gracieuse reine Wilhelmine des Pays-Bas, le mariage du roi de Serbie, le voyage du président Kriiger sont encore des faits dont s'est occupée l'opinion publique, en France et à l'étranger. En Angleterre, la famine qui a désolé l'Inde anglaise ; en Allemagne, la perte du Gneisenau ; chez nous, celle de la Framée, sont autant d'événements douloureux au passif de l'année qui s'écoule.

ioniaie°*'*'*^"^*^ Nous aurious beaucoup à dire encore sur' la politique coloniale, l'extension de notre influence en Afrique, le développement de nos possessions d'Indo- Chine, la colonisation de Madagascar, les expéditions au Soudan, ta mission Gentil, et nous ne voulons pas parler du drame horrible de Zinder !

Nous sommes aujourd'hui engagés un peu partout, aux quatre coins du monde. La Chambre a voté la loi sur l'armée coloniale qui était réclamée depuis si longtemps. Les événements de Chine, l'attitude et la défense

énergiques de notre représentant M. Pichon, le courage de nos troupes, sont présents à la mémoire de tous. Dans ces expéditions lointaines, la sagesse commande aujourd'hui de ne pas trop s'étendre. Nous possédons un empire colonial immense qu'il faut se borner à aménager et à mettre en valeur avant de songer à de nouvelles conquêtes. Nous devons ne pas nous départir des sentiments nobles et généreux qui sont l'apanage et l'honneur de notre pays : l'humanité envers les vaincus, envers ces populations que nous considérons comme des « sauvages», comme des « classes inférieures » que nous voulons appeler à la civilisation. Les excès commis doivent être hautement réprouvés. Dans le cours de cette année, une conférence internationale s'est réunie à Londres pour la protection des animaux en Afrique, sous la présidence de lord Hopetoun, chancelier de la Reine. Les animaux sont protégés, chez nous, par la loi Grammont; mais les hommes, les femmes, l^s enfants, fussent-ils des sauvages, sont au moins aussi intéressants que les animaux.

Le i9 mars 1900, la loi de fmances de l'exercice 1900 igJa *""^^*" ^ était votée par la Chambre : la discussion de ce budget avait duré 54 séances; il avait fallu recourir à 4 douzièmes provisoires. Le 12 avril, le budget était définitivement voté par le Sénat et la loi de fmances, portant la date du 13 avril, était promulguée le 14. Le 31 mai, bu^fgeffleoL* le ministre déposait le budget de 1901, dont la première partie concernant les contributions directes était votée avant la clôture de la session ordinaire. L'examen de la seconde partie est actuellement presque terminé ; on arrivera peut-être à la voter à la Chambre avant le 31 décembre. Comme il est impossible que le Sénat discute et vote en deux ou trois jours, un douzième provisoire sera nécessaire. Néanmoins, comme autrefois c'était la Chambre qui retardait le vole du budget,

Limitation de l'initiative parlenipntaire en matière financière.

Le régime fiscal des sucessions.

Le régime fis- <^l des boissons.

L'impôt sur le revenu.

Taux légal de l' argeul.

elle a droit, cette année, à des félicitations pour son empressement inaccoutumé. Ce sera la première fois, depuis bien longtemps, que ce retour aux saines traditions financières aura été obtenu. Le mérite en revient à la Chambre et surtout à la clarté du projet de budget présenté par le ministre des finances, M. Caillaux, à la lucidité des rapports, notamment de ceux de MM. Guillain et Boudenoot.

Après avoir étudié ces documents importants, il était impossible de ne pas être complètement au courant de notre situation financière; de tels travaux font honneur à leurs auteurs et au parlement et ont épargné bien des discussions superflues. Ajoutons que l'adoption, en avril 1900, des amendements de MM. Rouvier et Berthelot limitant l'initiative parlementaire relativement au dépôt d'amendements ou d'articles additionnels tendant à augmenter les dépenses « après les trois séances qui suivent la distribution du rapport dans lequel figure e chapitre visé » et interdisant « toute proposition tendant, soit à des augmentations de traitements, d'indemnités ou de pensions, soit à des créations de services, d'emplois, de pensions ou à leur extension en dehors des limites prévues par les lois en vigueur, sous forme d'amendements ou d'article additionnel au bud get », a singulièrement facilité la tâche de la Chambre.

Après de nombreuses discussions, les lois sur le régime fiscal des successions et le régime fiscal des boissons ont été votées, mais il leur faudra la sanction du Sénat pour devenir définitives et il paraît peu probable que la Cliambre Haute les accepte sans modifications importantes. Le projet d'impôt général sur le revenu, auquel s'ajoutent les diverses propositions présentées par plusieurs députés, MM. Guillemet, Jacob, Klotz, Rose, Ménier, Massabuau, est toujours en suspens. Ce sera un des lots de l'année prochaine.

La loi du 7 avril 1900 aura consacré un fait important, au point de vue économique : l'abaissement à

4 % en matière civile et à 5 % en matière commerciale du taux de rintérêt légal de l'argent.

En juillet 1900, la Chambre a voté la création des bons d'importation, mesure protectionniste s'ajoutant à tant d'autres, dont refficacilé ne sera pas plus grande. Le privilège de la Banque d'Algérie a été renouvelé. La création d'un budget spécial pour l'Algérie a été votée : la loi du 19 décembre 1900 consacre cette évolution financière, nous ne voulons pas dire révolution. Signalons enfin les vives préoccupations qu'ont données les questions de population. Le Sénat a nommé une commission extra-parlementaire chargée de les étudier. L'arrêt dans l'accroissement de la population française est un péril national.

Les grèves ont été nombreuses : nous avons eu celle des Voitures à Paris, des soutiers au Havre et à Marseille, des mineurs à Monceau, à Pirminy, au Creusot.

Les conseils du travail qui ont été créés pourront-ils les éviter dans l'avenir et rendre plus faciles les raoports entre les salariés et les patrons? Il faut l'espérer, sans trop y croire. Plus l'activité du travail sera grande, plus l'industrie se développera, plus nombreuses seront les réclamations des travailleurs qui voudront, de plus en plus, participer aux bénéfices des patrons et obtenir d'eux une rémunération plus large de leur travail. Ce mouvement n'est pas particulier à la France : il s'étend dans le monde entier. Nous avons eu cette année la grève des verriers en Belgique, des chaudronniers à Hambourg, des tonneliers à Vienne. Tous les grands ports d'Europe ont été successivement éprouvés par la grève des ouvriers. En ce moment même une grève générale a été décidée à Gênes. Le régime protectionniste, l'intervention de plus en plus grande de l'Etat dans les affaires qui dépendent de l'industrie privée, ne sont pas étrangers à ces revendications. Quand on voit l'Etat constituer des monopoles, protéger les producteurs de blé, donner des primes aux producteurs de sucre, le salarié se demande à son tour, pourquoi l'Etat

Bons d'importation.

Banque de TAIgérie.

Budget spécial de r Algérie.

Qaestions de population.

Grèves.

Conseils da travail.

Grèves étrangères.

Plaintes des agriculteurs.

Les traités de commerce.

Le krach des

laines.

ne lui garantirait pas son salaire. Tout s'enchaîne dans l'ordre économique : quand la protection de l'Etat s'étend sur quelqu'un ou sur quelque chose, on ne sait où elle s'arrêtera, car on se demande pourquoi elle favoriserait quelques-uns et non tout le monde.

Les salariés ne sont pas seuls à réclamer aide et protection de l'Etat : les agriculteurs se plaignaient l'année dernière de l'abondance de la récolte qui, malgré les droits de douane, faisait tomber le prix du blé; cette année, nous avons entendu les doléances des viticulteurs sur ^a mévente des vins et l'avilissement des prix : un tonneau vide coûtait plus cher que le vin qu'il pouvait contenir. Ils auraient désiré qu'une mesure législative fût prise pour leur faire vendre leurs vendanges le plus cher possible. En môme temps, on demande au gouvernement d'intervenir pour empêcher et enrayer la hausse du charbon. Il faut que le gouvernement contente tout le monde à la fois!

Nous touchons à la date où les traités de commerce en vigueur entre les principales nations de l'Europe vont prendre fin. En 1901, 1^02, 1903, arrivera, pour les principaux contractants, le renouvellement des accords temporaires intervenus qui leur ont permis de prendre un développement d'échanges dont nous avons été privés. Après avoir usé de la protection et en avoir vu les résultats, pourquoi ne pas essayer de la liberté? Pourquoi ne pas revenir à un régime plus libéral en profitant de l'expérience faite à nos dépens?

Le krach des laines à Roubaix a remis en discussion les marchés à terme sur les marchandises. Ici encore, la question se pose entre la liberté et la restriction. Supprimer les marchés à terme est bientôt dit. Se borner uniquement à faire des opérations au comptant est très facile à' conseiller ; mais, quand on y réfléchit, on s'aperçoit que cette solution serait non un progrès mais un recul et, de plus, serait irréalisable. Quand bien même nous posséderions tout l'or, tout l'argent, tous les biUets de banque du monde entier, cette masse serait insuffi-

santé pour les seuls échanges au comptant de notre marché intérieur (1). L'Etat, lui-môme, serait victime d'une loi semblable ; il est, en effet, un des plus gros négociants elïectuant, en temps de paix ou de guerre, des marchés à terme et ne pouvant agir autrement.

La hausse considérable dans les prix des métaux et Arrêt dans la des combustibles et, comme conséquence, celle de toutes telT/ll des* coules sociétés productrices de cuivre, de plomb, de zinc, de **"^^*^*charbon, de coke, avait été un des faits économiques et financiers les plus saillants de 1899. Sauf sur le métalargent, le cuivre et l'étain, cette hausse après avoir pris de nouveaux développements pendant le premier trimestre de 1900 ne s'est pas maintenue. Le fer et la fonte sont en recul prononcé. Le charbon, après avoir atteint des prix jusqu'alors inconnus, est en baisse sensible à Londres et tend à revenir à des cours normaux. Le contre-coup de ces mouvements s'est fait sentir sur toutes les valeurs de mines, de charbonnages et d'entreprises métallurgiques et bien que ces sociétés, dans leur ensemble, distribuent des dividendes plus élevés cette année que l'an dernier, le cours de leurs actions a reçu un recul prononcé.

Voici le tableau comparatif des prix cotés à Paris sur le cuivre, l'élain, le plomb, le zinc, fin 1897, fin 1898, fin 1899 et aujourd'hui.

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