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Maintenant, un mot ou deux de l'état général du pays, et de la classe ouvrière du pays. J'ai devant moi un extrait d'un discours prononcé par le chef de la gauche, et j'ai un tableau statistique de la valour des diverses classes ouvrières du Canada, pris du bureau de la statistique d'Ontario. La gauche pourra soulever l'objection, quant aux états faits par los commissions, qu'ils ont été préparés par les employés du gouver:ement actuel ; mais pour ce qui concerne le document pris dans le buroau de la statistique d'Ontario, je suis bien sûr que les honorables messieurs de l'opposition l'accepteront comme étant tout à fait exact. M. Blake, dans un discours prononcé à Tcronto, a attribuée cette prospérité en partie à l'absence de manufactures hautement protégéer, et, comme conséquence, le travail leur est plus profitable que dars les autres viiles.
J'appellerai l'attention de la Chsmbre sur un ou deux faits importante.
M. BLAKE : Je n'ai pas dit cela; ce ne sont pas mes paroles,
Sir LEONARD TILLEY : Oh! cela m'est donr é comme extrait du Globe.
M. MITCHELL : C'est une mauvaise source de renseignèment.
Sir LEONARD TILLEY : Je crois que c’est justement ce que devrait dire l'honorable monsieur. Mais, voici quelque chose de remarquable : Un honorable monsieur, qui a son siège de l'autre côté do la Chambre, a visité Montréal et y a fait un discours dans lequel il signale l’état extrêmement désastrueux du Canada et de la population canadienne, et déclare que le courant d'émigration est très fort, et que la taxe est quelque chose d’inoui ; et, dans le cours de son argumentation, il croit nécessaire, si les rapports sont exacts, de faire allusion au fait que, dans Montréal, peut être, on n’a pas ressenti cette crise autant qu'ailleurs, Je puis m'ima-
giner, en comparant la condition actuelle de Montréal à ce qu’elle était en 1858, qu’un bon nombre d’auditeurs, si on leur a dit qu'ils étaient dans une plus mauvaise condition qu’en 1878, aimeraient peut-être à consulter un peu les données statistiques.
L'honorable monsieur a pensé qu'il était nécessaire de faire allusion à ce fait, et, en supposant que ce rapport soit exact, il est évident que mon honorable ami, le chef ds l'opposition, parlant à Toronto, a cru nécessaire d'appeler l'attention de l'assemblée sur le fait que l'état des affaires n'était pas aussi mauvais à Toronto qu'ailleurs,
M. BLAKE : Ecoutez ! écoutez ! C'est ce que j'ai fait. Sir LEONARD TILLEY : C'est la vérité, alors. Il est
très naturel—c’ost ce à quoi je voulais en venir—que les affaires à Toronto aient été en meilleure condition qu'ailleurs ; et le document qui m'a été donné, et qu'il dit n'être pas exact—s;, sans doute j'accepte sa déclaration—affirme que cela provenait du fait qu'il n’y avait pas là autant d'in-
dustries recevant une haute protection.
M'BLAKE : L’honorable monsieur a ajouté, ‘“ et que par conséquent la main-d'œuvre y était mieux rémunérée, J'ai dit que je n'avais pas fait cette déclaration,
Sir LEONARD TILLEY : Mais, cependant, Toronto était dans une meilleure condition; les affaires étaient meilleures qu'ailleurs, parce qu’il n’y avait pas là, autant qu'ailleurs, d'industries recevant une haute protection.
M. BLAKE : Non. Jo n'ai pas dit cela,
Sir LEONARD TILLEY : Si l'honorable député de Brant, (M. Paterson) faisait un discours à Bran‘ford, où l’on me dit qu'un million de dollars a été dépensé pour des constructions durant l’unnée dernière, il dirait, sans doute, que Brantford est une exception. On constatera que partout où vout les honorables messieurs, il est nécessaire, pour eux, de montrer la supériorité de l'endroit qu'ils visitent. Jo ne
sais pas, mais je crois que, dans ce cas, j'irais dans l'endroit où la condition est la pire, et je signalcraisaux gens l’état où ils se trouvent, et s'ils étaient convaincus que c'est là le résultat de la politique nationale, ils seraient de mon avis, et ce que je leur dirais produirait un plus grand effet.
Voici ce qu'a dit l'honorable chef de l’opposition :—
Je n'hésite pas à vous dire qu’il est un fait que j'ai toujours cherché à coustater lorsque j'ai désiré examiner quelle était la condition matérielle
du pays, et la question que je me pcsais était celle-ci : quelle est la condition matérielle de la classe pauvre et honnôte dans le pays.
M. BLAKE : Ecoutez ! écoutez !
Sir LEONARD TILLEY : Oui, et j'approuve tout cela :
Si je constate que la classe pauvre «11 rsgez bien payée pour qu'un homme puisse se suffire et supporter ceux qui dépendent de lui, et qu'il lui reste quelque chose pour les mauvais jours, je vois qu'il ne me faut pas de plus amples renseignements.
M. BLAKE : Ecoutez ! écoutez !
Sir LEONARD TILLEY : Eh bien! je dois dire que les tableaux me donnent un état des affaires qui me permettra de consoler l'honorable député. Cet état est emprunté au tableau du bureau des données statistiques d'Ontario, et prouve que les forgerons et leurs aides, les fabricants de chaudières et leurs employés, les maçons, les fobricauts de voitures, les charpentiers, les fabricants de cigaros, les fabricants de coton et leurs employés, les mécaniciens, les mouleurs, les pointres, les plâtriers et leurs employés, les imprimeurs, les com:rçants de machines à coudre, les chaudronniers, les fabricants d'outils, ont, en moyenne, à la fin de l’anné:, r 1 excédant de 848. Ce sera une consolation, j'en suis sûr, pour l'honorable monsieur.
Il paraît que pour les plâtriers la vie coûte plus cher que pour tout autre. Je ne sais pas pourquoi il en est ainsi Sans doute, ils ne sont pas employés aussi longtemps que d'autres, pendant l’année, et leurs recettes sont moindres ; mais je ne puis comprendre pourquoi leurs dépenses sont plus fortes que celles des autres. On dit que l'ouvrier tra-
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vaille 265 jours dans l’année, que la moyenne est de $1.13 par jour, que ses gages pour l’année sont de 6304, et ses dépenses de $255, ce qui lui donne à la fin de l’année un excédant de 849, pour les mauvais jours. Cette déclaration rendra l'honorable député extrêmement heureux, Il devra admettre que la condition d'Ontario est au moins assez prospère, puisque l'ouvrier a un excélant sur ses dépenses réelles.
Le chef de l'opposition, en faisant allusion à l'état général du pays, dans les débats sur l'adresse, a fait allusion à la ville de Saint-Jean, circonscription que j'ai l’honneur de représenter. Je ne puis me rappeler les paroles qu'il a prononcées dans cette circonstance, mais sa déclaration était que, depuis quarante ans, d'après les renseignements qu'il avait reçus, les affaires de la ville de Saint-Jean n'avaient jamais été en aussi mauvais état qu'elles le sont aujourd’hui.
Je crois que je sais quelque chose de cette ville depuis quarante ans, et j'ai vu depuis 1845, des temps où la popula tion de Saint-Jean était dans une aussi mauvaise condition qu'aujourd'hui, Je me rappelle le temps où les travailleurs de cette ville, pour être sauvés de l’extième misère, étaient employés par la corporation À 1s. et 6d. ou 30 cents par jour, à miner le roc. Jo sais que dans les circonstances particulières où se trouvait le pays à cette époque, il y a eu une crise gécérale dans la province, Je sais qu'il y a en une grando crise. Je sais que cela est arrivé deux ou trois fois depuis la date que j'ai mentionrée, mais dans de moindres limites. Il n’:xiste rien de ce genre aujourd’hui. Mais j'aimerais à appeler j’attention de l'honorable monsieur sur le fait que la ville de Saint-Jean surtout éprouve dans le moment certaines difficultés,
Avant 1878, on construisait uu grand nombre de navires dans cette province, Je sais qu'en 1854, le tonnage des bâtiments construits a é:é de 106,000 tonneaux. C'était
alors une industrie très importante dans les provinces maritimes, surtout dans la province du Nouveau-Brunswick. A cette époque, la ville de Saint-Jean était le centre où se manufacturait les madriers, avec les billots apportés en cet endroit. Maintenant, une grande partie de ces articles est fabriquée près de Frédéricton, par M. Wilson, dans les scieries dont il est le propriétaire et qu'il loue, 11 en est
résulté que, vu la dépréciation de la valeur des navires, .
la diminution de la demande pour ceux en bois, et l'augmentation de la demande pour les bâtiments en fer, et vu la crise qui sévit aujourd’hui dans cette industrie, il en est résulté, dis-je, qu’il n’y a à peine une offre même pour les navires en fer, dans les vieux pays. Il n’y a aujourd’hui qu'un petit nombre de bâtiments en construction dans la province du Nouveau-Brunswick ou dans la ville de Saint- Jean. Mais, M. l’Orateur, si les nouvelles industries n’avaient pas remplacé celles qui ne peuvent ou ne pourront pas être mises dans les conditions où elles étaient de 1854 à 1868, il y aurait dans cette ville et cette province une crise beaucoup plus grande que celle qui existe maintenant. Les industries dont je parle ont été remplacées par d’autres, et de nouvelles fabriques ont été construites et favorisées par l'application de ce tarif.
Peut-être ne serait-il pas hors de propros d'ajouter que ce soir, à Saint-Jean, une autre crise se fait sentir. Malheureusement, dans les dernières 43 heures, un membre de cette Chambre, un représentant de cette ville et de ce comté, nous a été enlevé. C'est un homme avec qui j'ai marché pendant plusieurs années, un ami dévoué et sincère, un adversaire honorable, un homme dont j'ai regretté d’avoir à me séparer sur des questions politiques, universellement respecté et aimé à Saint-Jean, un bon père de famille, un époux affectueux, un citoyen des plus entreprenants et un membre du parlement capable et zélé. Il a été enlevé du milieu à nous, et je profite de l'occasion, bien que je l’aie
combattu en pulitique pendant ces dernières années, de payer ce tribut à sa mémoire, parce qu'il y a peu d'hommes dont la perte soit plus vivement sentie à Saint-Jean que celle de feu l’ancien ministre des douanes.
M. l'Orateur, quand je regarde le pays aujourd’hui, et que je pense dans quelle condition il serait si nous n'avions pas, en 1879, par l'entremise du parlement, établi de nouvelles industries en Canada, je crois que l’on ne doit pas tant envisager la question au point de vue de la crise qui existe aujourd'hui, mais qu'il faut considérer ce qu’elle serait si nous n'avions pas adopté la politique qui a créé de nouvelles industries qui donnent dans le moment et qui ont donné de l'emploi à 50,000 hommes et femmes de plus qu’il n’en avait été employé en 1878.
“ Nous savons parfaitement, M. l'Orateur, que chaque ville du Canada a jugé à propos de dépenser des sommes considérables pour des fins sanitaires,
Prenez la ville d'Ottawa, par exemple. Quand noue sommes venus ici en 1867, la ville n’était pas aussi salubre qu'elle l’est à présent, Il a été dépensé une somme considérable pour assainir la ville et pour l’approvisionner d’une eau pure. Je sais moi-même, comme résident de la ville et comme propriétaire d’une maison, que l’on paye l’eau plus cher aujourd’hui que lorsque je suis arrivé ici. Mais en même temps, la réduction de l'assurance sur ma propriété a été proportionnée à l’augmontation des taxes, et l'argent dépensé a augmenté les avantages sanituires de la ville. Et il en est ainsi dans presque toutes les villes du Canada,
Je suppose, M. l’Orateur, que nous soyons frappés d’une épidémie l’année prochaine; que le choléra, par malheur, s'abatte sur les villes du Canada, et fasse un grand nombre de victimes parmi notre population. Cependant, il serait aussi inconséquent pour toute ville ou toute municipalité de se lever et apporter pour prouver que l'on a manqué de sagesse en faisant des dépenses pour des fins de salubrité, le
fait que le chiffre des mortalités a augmenté par suite de l'épidémie, et, par conséquent, condamner cette dépense, bien que le taux des mortalités ait été moins élevé qu'il l’est ordinairement; cela, dis-je, serait tout aussi inconséquent que le seraient les honorables messieurs de la gauche, dans ce moment où le commerce traverse une crise dans le monde entier, crise qui sévit parmi nous jusqu’à un certain point, s'ils dénonçaient la politique de protection, parce que quelques manufactures ne sont pas continuellement en opération, et emploient un nombre moins grand d'ouvriers qu'il y a six mois ou un an.
Je crois que le pays comprend très bien cette question, et les honorables messieurs de l’autre côté de la Chambre, je crois, seraient obligés, partout où ils iraient,de se servir des arguments qu'ils ont employés dans d’autres occasions, 8avoir: que la localité où ils parlent, souffre moins que toute autre,
Je dois vous demander pardon, M. l'Orateur, ainsi qu’à l‘ Chambre, de vous avoir retenus si longtemps pour citer tous ces chiffres et pour exposer la question devant le parlement.
Dans mes autres exposés budgétaires, je parlais en termes généraux des recettes et des dépenses, mais cette année, j'ai cru nécessaire de m'appuyer sur des chiffres puisés dans les comptes publics et les documents authentiques des Etats- Unis, et de vous les soumettre à l'appui de l'attitude que j'ai prise.
Je sens, M. l'Orateur, en dépit de ee que pourront dire les messieurs de l’autre côté de cette Chambre, que le fait que le chemin de fer du Pacifique est complété au moyen du léger impôt dont j'ai parlé, et que la somme considérable dépensée pour l'achèvement des canaux, me permettent de dire que la taxation du pays n’a pas augmentée,
Lorsque nous considérons le montant qui a été voté l'année dernière pour aider aux provinces, et bien que l'intérêt payé sur la dette ne soit que de 1 ou 2 centins par tête plus
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élevé qu'en 1879, je dis que, lorsque cela sera connu, l'on admettra que nous avons obtenu pour le Canada des avantages inouïs, en développant ses ressources et en augmentant la valeur de notre beau Nord-Ouest, en jetant les bases d’une nation puissante, et en nous mettant en état de devenir un peuple fort et prospère, et que, aéanmoins, nous sommes soumis à moins d'impôts que n'importe quel peuple du monde.
Je propose que vous quittiez le fauteuil et que la Chambre se forme en comité pour considérer les résolutions suivantes :
1. Résolu, Qu'il est à propos d’amender le tarif des droits de douane et la liste des marchandises admises en franchise, comme suit :
(1) En ajoutant à la liste des marchandises en franchise (Annexe B), les articles suivants aujourd'hui admis en franchise par des arrêtés du Conseil, en vertu du paragraphe 12 de l’article 230 de l’acte des douanes de 1883 :
Coke, lorsque utilisé seulement dans les manufactures du Canada.
Chiffons de laine.
Acier, importé pour la fabrication des patins.
Musc, en vessies ou en grains.
Laque blanche, pour des fins de fabricntion.
Etoffe de jute telle que sortant du métier, qui n’est pas pressée, calandrée, ni finie en aucune manière, et de pas moins de 42 pouces de large, quand l'importation pour la fabrication s'en fait en sacs seulement.
Sel en pain, étant un sulfate de soude, quand il est importé par les fabricants do verre et de savon pour leur usage dans leurs travaux.
Huile de pied de bœuf, résidus des huileries de coton.
Métal pour ferrets &e lacets, uni, verni ou peint, en rouleau de pas plus de 14 pouce de large, lorsque importé par les fabricants de lacets pour souliers et corsets, pour usage dans les fabriques.
Caroubes, pour la fabrication d'aliments pour les chevaux et les bestiaux.
Feuillard, n'ayant pas plus de # de pouce de largeur et étant du n° 25 ou au-dessous, employé dans la fabrication des rivets tubulaires.
Linon pour la fabrication des chapeaux et des formes de chapeaux.
Caoutchouc redissous et substitut du caoutchouc.
Feuilles d'argent et d'argent allemand, employées par les fabricants.
Acier du n° 20 et au-dessus du n° 30, devant être employé pour la fabrication des corsets, des ressorts d'horloge et des lames pour semelles de chaussures, lorsqu’importé par les fabricants de ces
articles pour être employé dans leurs fabriques.
Fils de cotons au-dessous du n° 40, écrus, blanchis ou teints, et non au-dessous du a° 60, servant à la fabrication des satins italiens et des serges.
Acier en feuilles, non au-dessous du n° 11 ni au-dessus du n° 18 (jauge de fils métalliques) et ne coûtant pas moins de $75 par tonne de 2,240 1bs, lorsque importé par les fabricants de pelleset de bêches, pour être employé exclusivement par ces fabricants, dans leur propre fabrique.
Liqueur rouge, étant un acétale d’alumine préparé de l'acide pyroligneux, pour la teinture et l'impression des calicots.
Liqueur de fer, solution d’acétate de fer, pour la teinture et l’impression des calicots.
(2.) Aussi en ajoutant à la liste des objets entrant en franchise les
articles suivants, non dénommés ailleurs :