DROIT SUR LE CHARBON
On nous a dit aussi, M. l'Orateur, que le tarif serait oppressif pour une certaine partie du Canada, à cause de l'imposition d'un droit sur le charbon, tandis que ce droit ne serait d'aucun avantage aux provinces qui comme la Nouvelle-Ecosse et d'autres, possèdent des mines de houille. Un député de la gauche m'a demandé en 1879, quelle augmentation de la consommation, ou quelle demande le gouvernement espérait créer pour le charbon de la Nouvelle Ecosse, par l'imposition d'un droit. Je répondis que dans peu de temps probablement la consommation du charbon de la Nouvelle-Ecosse dans le Canada, augmenterait jusqu'à 400,000 tonnes.
M ANC LIN. — Et déplacerait une quantité équivalente de charbon américain.
Sir LEONARD TILLEY.— Oui, je l'ai dit; j'ai dit " des quantités considérable?," mais si l'honorable député le préfère, je dirai " une quantité équivalente." Je ne m'attendais pas, M. l'Orateur, si confiant que ja
lusse dans les résultats du tarif, je ne m'attendais pas à voir en trois ans, les industries nouvelles créer une demande de 400,000 tonnes de charbon ; mais nous constatons aujourd'hui que ces industries croissent tellement par tout le pays qu'elles demandent au delà de 400,000 tonnes de plus qu'auparavant des mineurs de la Nouvelle-Ecosse, et qu'elles ont aussi grandement accru la quantité importée des Etats-Unis.
M. MAGKENZIE. — L'honorable ministre voudra-t-il dire où ce charbon est distribué dans les autres provinces?
Sir LEONARD TILLEY. — Je ne pourrais pas dire où, mais je sais qu'il en est venu jusqu'à Gobourg.
M. MAGKENZIE.— Combien ?
Sir LEONARD TILLEY.— -Je le sais parce que je l'ai vu entrer dans l'établissement. C'est 800 tonnes je crois, que les propriétaires m'ont dit avoir acheté à la Nouvelle Ecosse. J'ai entendu dire aussi qu'une manufacture de Kingston avait employé du charbon de la Nouvelle-Ecosse, et l'on a déclaré que c'était le meilleur pour la production de la vapeur. A Guelph aussi, on me dit qu'on en a brûlé. Mais voici ce que prouvent les documents officiels: c'est que, en 1877, la production des mines de la Nouvelle-Ecosse a été de 757,000 tonnes ; en 1878, elle a été de 770,603 tonnes ; en 1879, de 788,271 tonnes, en 1880, de 1,032,710 tonnes, et en 1881, de 1,1 16,248 tonnes. Ajoutons-y la production des mines de la Colombie anglaise, 214,253 tonnes, au lieu de 145,512 tounes en 1878, ce qui fait un total de >(JI6,I 15 tonnes en 1878, contre 1,333,301 tonnes en 1881, soit une augmentation de 417,246 tonnes pour l'année.
M. MAGKENZIE. — L'honorable ministre voudrait-il maintenant donner les chiffres des exportations pour chacune de ces années?
Sir, LEONARD TILLEY. — Pour les Etats-Unis, elle est à peu près la même.
M. MAGKENZIE.— Pour tous les pays?
Sut LEONARD TILLEY. — Pour tous les pays elle est à peu près la même ; et la consommation au Canada reste avec cette augmentation de 400,000 tonnes.
M. BUNSTER.— M l'Orateur, me serait-il permis —
PLUSIEURS VOIX. — A l'ordre !
M. L'ORATEUR.— A l'ordre.
M. BUNSTER.— J'ai le droit de rectifier les informations du ministre des Finances ; si nous avions eu le chemin de fer de l'île, l'augmentation aurait été de plus d'un million de tonnes.
Sir LEONARD TILLEY. — Gela démontre quelle perspective nous avons devant nous.