‹ Finances et bon sensChapitre 26 sur 46 · ILOTISME COMMERCIAL · texte numérisé non relu

ILOTISME COMMERCIAL

avertissement les statistiques, par un changement de leur date d'arrêt, enregistrent les opérations de quarante jours et les donnent pour le total d'un mois. La statistique administrative n'est pas un ;document, c'est une arme et aux mains du plus fort. Pure Cratolatrie !

On multiplie par 2,6 les droits de douane sur [les vins étrangers en cours d'exercice et on réduit [les droits de consommation, tout cela inopinéfment, sans raison autre que le désir des viticulteurs. Le commerce se débrouille comme il )eut à travers tous ces changements.

Les mesures les plus draconiennes sont prises là l'égard du commerce, qui n'a pas le droit de

►ratiquer chez lui les opérations d'amélioration du vin permises à la cuve. L'addition d'acide tartrique

m vin est une opération recommandée au viti-

iulteur qui ne la fait pas parce qu'elle est coûfteuse, et interdite au commerçant à qui la propriété vinicole livre des vins à acidité tartri-

[ue souvent insuffisante.

Depuis longtemps, les politiciens de l'administration voulaient réaliser le monopole des alcools ; toutes les études des commissions extraparlementaires ont condamné cette proposition, mais la guerre advenant et les besoins de poudre étant urgents le ministère des munitions a réqui-

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sillonné les distilleries produisant de l'alcool industriel, matière première de la poudre.

La guerre est finie depuis trois ans, l'alcool est toujours aux mains delà direction des poudres.

La viticulture qui, il y a cinq ans, s'était mise d'accord avec la distillerie industrielle pour laisser vivre cette dernière moyennant la certitude du prix de cent cinquante francs l'hectolitre pour ses alcools (soit en moyenne i5 francs pour les vins) s'est habituée à loucher soixante, quatrevingts, cent cl cent quarante francs par hectolitre pour ses vins et elle ne veut plus rien savoir d'un accord qui lui parait maintenant caduc, parce que devenu pour elle moins avantageux, cl elle obtient la prolongation indéfinie sous le prétexte fallacieux d'établir un statut définitif pour l'alcool, de la réquisition de la direction des poudres devenue un véritable monopole.

D'année en année, la fin du régime de réquisition est renvoyée.

Voilà ce qu'il en coûte, monopole compris, de se laisser mettre le grappin dessus ; que le commerce ne l'oublie pas et qu'il sache se défendre I

Si la prospérité des productions alimentant le commerce des vins et spiritueux avait répondu à ces mesures, le commerce pourrait se consoler de ses malheurs en appréciant le résultat qu'ils ont pour le pays ; mais la situation est inverse, car la solidarité est la loi générale, immanente, cl toutes les fois qu'un commerce souffre les

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productions qui ralimentent et la consommation à laquelle il fournit subissent la répercussion de ses tribulations.

La consommation se voit offrir d'infâmes liquides par des vendeurs irresponsables. Ce n'est pas moi qui le dis, mais le compte rendu de la Chambre des députés — déclarations de M. Barthe — et si les vins bénéficient de temps en temps d'une plus-value, on a pu voir, par les débats des Chambres d'avril-mai 1921 que cette plus-value est précaire. Quant à la production des alcools elle est nettement déficitaire dans son

insemble.

Le rayonnement de la France en matière

['exportation de vins, de liqueurs et de spiritueux

5st atteint, et par contre les importations de larchandises similaires étrangères ont sensi-

)lement augmenté.

Artaud ïo

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