LA FRANGE PEUT PAYER
[mis dans l'état de change où nous sommes, non
[pas par le fait d'avoir acheté à l'étranger, mais en
raison de la cause de ces achats, en raison de
[notre dédain de la production, de notre illusion
le r Allemagne paiera qui nous a dispensés de faire
56 qu'il fallait faire pour payer nous-mêmes en
ittendant. D'autre part il est évident que des
)ays étrangers, désireux de nous vendre pour
[réaliser leur change et pour qu'il ne soit pas un
^obstacle à leurs affaires avec nous, sont allés
jusqu'à la limite du crédit qu'ils pouvaient nous
[faire et c'est ainsi que la situation du change
f s'est consolidée.
Commençons par régler nos dettes d'Etat ; les [autres, les dettes particulières se régleront toutes [seules ; et profitons de cette occasion pour constater que cette exagération d'achats à l'étranger ;'est produite, en 1919 et en 1920, avant qu'on [eût chez nous jeté le harnais, en pleine période [de contrôle d'exportation de capitaux. Ne demanjdons rien à l'Etat pour les créances particulières où irions-nous s'il s'en mêlait? — maisprionsfle d'acquitter les siennes et au plus vite.
Donc les sommes prélevées sur le travail français se dépensent en France et nous les récupérons, ou à l'étranger, pour ce que nous lui devons, et la récupération doit se faire intégralement et à bref délai par l'amélioration du change.
Dans ces conditions comment n'aurions-nous pas les moyens de payer ^
l5o LA FRANXE PEUT PAYER
D'ailleurs n'est-il pas un peu oiseux, pour un peuple qui vient, en trois années, de payer non pas dix-huit ou vingt milliards, mais une quarantaine de milliards chaque année par toute espèce de combinaisons dissimulées de dépenses recouvrables, de moyens de trésorerie, d'emprunts à la Banque de France et autres, de se demander s'il peut payer dorénavant une somme plus faible que celle qu'il a sortie, dans des temps moins propices au travail?
Lisons le réconfortant rapport au Sénat de M. Henry Chéron sur les contributions directes et nous serons édifiés.
Au 3i décembre 1920, le solde du compte des caisses d'épargne était en augmentation de i milliard 788 millions sur celui du3i décembre 191 3, et l'examen du même compte au 10 juin 1921 faisait apparaître un excédent de dépôts, pour les cinq mois et dix jours courus, de 506919000 francs, chiffre qui n'avait jamais été atteint précédemment à cette époque de l'année. Un indice très consolant est également celui donné par le rendement des impôts volontaires.
En 1920, le pari mutuel a mis à la disposition du ministère de l'hygiène 38 millions contre 8 miUions en 191 3.
Au 3i août 1921, la régie constatait (\uo les