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COMMENT LA FRANCE PEUT PAYER

La fortune « dont la main couronne les forfaits les plus inouïs » I Non, pas celle-là, qui est [une déesse inconstante et volage, mais la fortune acquise qui est du travail accumulé. Mais oui î si vous voulez clôturer l'ère des enrichissements subits et immérités, si vous voulez que reprennent leurs biens ceux que la guerre a ruinés, si vous voulez enfin que la France paie ses dettes, il faut honorer la richesse I

Elle comporte une valeur de publicité énorme attirant l'attention sur les moyens qui la procurent, elle aide à leur si utile diffusion.

Gomment la France paiera- t-elle, si elle n'est pas riche et comment la France peut-elle être riche, sinon par la fortune de ses enfants ? Je sais bien que les socialistes veulent fonder la richesse de l'Etat sur la spoliation de tous les possesseurs de fortune, mais les socialistes n'en sont pas à une erreur près ; la forme la plus poussée du socialisme, le communisme, a fait en Russie une expérience que tous les gens soucieux des destinées de l'espèce humaine déclarent aussi complète que possible et le résultat démontre — a contrario — ce qui précède ; l'appauvrissement des Russes entraîne l'appauvrissement de la Russie.

Si donc la fortune de la France ne se conçoit pas indépendante de la fortune des Français, et ii la richesse de la France est une nécessité pour le redressement du pays, il est logique de rechercher les moyens de rendre riche le plus grand

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nombre possible de Français. Pour cela, le moyen le plus simple est d'honorer la richesse el le seul moyen infaillible de se procurer la richesse : le travail.

Ici, je demande la permission de revenir à l'idée exposée dans le V chapitre, Evolution. Du temps de Guizot, « enrichissez-vous » s'adressait à quelques personnes exceptionnellement placées pour profiter d'un mouvement de concentration ; aujourd'hui la situation est autre, c'est au travail individuel que le conseil « enrichissez-vous » est forcément adressé.

N'a-t-on pas constaté les changements de mains de la propriété rurale, qui ont donne tant de travail et de profit à renregistrement? Le morcellement de la propriété agricole, l'acquisilion par le fermier du lopin de terre qu'il cultivait depuis plusieurs trénérations. sont des manifestations de plus de la tendance à l'individuahsme, et ce sont tous les individus du pays qui peuvent s'enrichir. Il faut accepter cela, si Ton veut que la France paie.

Pourquoi sommes-nous si réfraclaircs à honorer la richesse? nous qui honorons le grade, qui honorons les hautes fonctions, cl qui, malgré la Révolution, honorons la noblesse.

Est-ce qu'il n'y a pas autant de comtes du Pape et de comtes à dormir debout, parmi la noblesse, que de nouveaux riches parmi los hommes opulents.^

La barbe blonde et le cheval noir de Boulanger, qui étaient ses seuls mérites, ont-ils fait tort aux généraux qui ont gagné la grande guerre ? Il y a et il y aura toujours des généraux d'opérettes dans la grande phalange des hommes de guerre, et cela ne nuit pas à la considération due au grade.

Les arrivistes abondent dans la hiérarchie judiciaire, mais tout de même la toge conserve son prestige.

Pourquoi n'en serait-il pas de même de la fortune ?

La fortune, comme le grade, comme le titre, est la matérialisation des services rendus et de la nécessité de maintenir ces services. Noblesse oblige, fortune aussi.

La spéculation, dont les bénéfices sont rapides, a vite fait de perdre ces bénéfices, et le nouveau riche, proie des sarcasmes, n'est pas riche ou ne l'est pas resté, sans avoir rendu des services. Il est comique qu'un pays qui se croit démocratique n'admette pas que la première génération puisse avoir les bénéfices de son action. Les maréchaux de Napoléon étaient de nouveaux riches dans leur genre et on les a persiflés, chansonnés ; on aurait aussi bien fait de leur reconnaître tout de suite leur qualité d'ancêtres et il n'est que temps d'admettre que ceux qui ont gagné de l'argent à sauver le pays pendant la guerre — Oui, Monsieur, à sauver le pays qui

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