TÔO COM^IEXT LA FRANCE PEUT PAYER
n'aurait pas tenu sans munitions et sans subsistances ! — l'ont mis à môme de faire ensuite face, dans la proportion dans laquelle les événements Font permis, aux nécessités de la paix.
L'Etat lui n'a rien gagné pendant la guerre. Il a gâché tout ce qui passait par ses mains ; avec deux cents milliards il a fait pour cent cinquante milliards de travail ; il a gaspillé des vies humaines autant qu'il a gaspillé de capitaux. Est-ce à cet exemple qu'il faut se conformer.^ Oii en serions-nous si tout le monde avait aussi mal travaillé !
Heureusement qu'à côté et au-dessous de ce gâchage gouvernemental et administratif, il y a eu le Pays ; le pays qui a travaillé et qui a empêché d'aller uniquement au dehors, entre des mains étrangères, les milliards bêtement gaspillés I
La fortune française se construit et se construira longtemps encore. Ce qui est issu de la commotion générale a une grande tendance à changer de mains. La fortune changera de mains tant que celles qui la tiendront momentanément ne seront pas de force à la fixer. Le travail, la production sont les agents de constitution, de maintien et de développement de la fortune française et ils méritent qu'on les révère.
Il en est du travail et de la production comme de l'armée. Ils ont leurs soldats, ils ont leurs ofDciers, ils ont leurs grands chefs. Le soldat sans chef ne ferait rien qui vaille. Une étroite solida-
GOiMAJENT LA FRANCE PEUT-ELLE PAYER l'o-J
jrité doit unir tous les membres de l'armée du ravail qui marche à l'assaut de la fortune, arce que, sans la conquête de la fortune, la rance ne peut pas payer, et le succès en ce genre érite la même considération que les autres. La conquête de la fortune ne peut pas se faire ans profiter au consommateur. Avant la guerre, la surabondante production assurait la domination du consommateur. Il faut en revenir là. Toutes les lois, toutes les interventions admiistratives et judiciaires de ces dernières années 'ont-elles pas eu pour but affiché de venir en ide au consommateur, de réduire la cherté ? En est-il une qui ait réussi ? Pouvaient-elles réussir «ans production ? La production n'est-elle pas le oyen efficace et unique d'assurer l'abondance t le bon marché en môme temps que de procurer la fortune, la belle, la saine fortune aux producteurs ?
Acceptons l'inévitable I La littérature vitupératrice de la fortune a un grand charme pour les Français, mais la situation exige un gros effort. Renonçons à cette partie de la littérature ou ne lui permettons pas d'inspirer nos actes économil ques. Il faut faciliter la production, il faut honorer la richesse qu'elle procure ; il faut rechercher l'abondance qui en est le résultat et qui permettra enfin au consommateur — afiamé par sept années de régime extravagant — de vivre et de prospérer.
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Tout cela paraîtra un peu théorique, mais si le lecteur veut bien me suivre, il verra que je ne me perds pas dans les nuages pour concrétiser un système dans une idée.
C'est la cratolatrie qui nous a mis où nous sommes, c'est le retour aux saines pratiques qui nous en sortira, et nous allons consacrer à chacune l'attention qu'elle mérite.