‹ Finances publiques, liberté du commerceChapitre 10 sur 29 · TOT. M · texte numérisé non relu

TOT. M

IStiO

42 PAIEMExNT DE l'iNDEMNITÉ DE GUERRE,

De cet accroissement dans la quantité do l'oi% c'est la France qui a le plus profité absolument et proportionnellement; elle a été le pays de la grande importation de l'or, comme Tlnde a été le pays de la grande importation de Fargent, et il est l^resque aussi difficile d'exj^liquer cette absorption de Tor par la France que celle de l'argent l^ar l'Inde.

Il a été monnayé en France, de 1848 à 1871,.

de l'or pour 6 milliards, 6i0 millions <lo francs, r^avoir :

Pendant la période de 24 ans, il a été monnayé en Angleterre, en Australie et aux États-Unis^ 8 milliards 449,550,000 francs d'or (livre sterling comptée pour 25 francs), savoir :

De 1848 à 1831

Angleterre États-Unis Australie. .

La France a donc absorbé 44 pour 100 de la monnaie d'or frappée, de 1848 à 1871, dans les

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quatre grands pays où la circulation monétaire est fondée sur l'or.

Cependant la population de ces quatre pays est de 109 millions d'Iiabitants, dont 36 millions pour la France; 32 millions pour l'Angleterre ; 39 millions pour les Etats-Unis ; 2 millions pour l'Australie; ce qui ne donne pour la France qu'une proj)ortion de 33 pour 100.

Mais il faut tenir compte de l'augmentation de la i^opulation pendant 24 ans.

Pour l'Angleterre, l'augmentation a été de 4 millions d'habitants ;

Pour les États-Unis, de 17 millions ;

Pour l'Australie, de 2 millions ;

Tandis que, pour la France, la population est restée à peu près stationnaire : 35,781,000 habitants en 1S51, et 36,103,000 en 1871.

Ainsi, quoique la population do la France n'ait pas augmenté et qu'elle ne représente que 33 i>our 100 de la population totale des quatie grands pays que nous avons cités, elle a absorbé 44 pour 100 de la monnaie d'or frappée depuis 24 ans.

Nous avons donc eu raison de dire que c'est la France qui a le plus profité de l'augmentation du stock de For depuis 24 ans.

Nous avons vu que le monnayage des pièces d or a été de 6 milliards 640 millions de francs, ce qui, pour une période de 24 ans, fait une moyenne de 276 millions 600,000 francs par an.

Une partie de cet or a remplacé l'ancienne monnaie d'argent, qui faisait la base de la circu-

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lation avant 1848; car, sur les 5 milliards frappés en aigcnt depuis le commencement du siècle, on n'estimait, en 18G9, qu'à un milliard environ la somme de monnaie d'argent qui existait encore en France.

La plupart des économistes évaluaient de 2 à 3 milliards de francs la monnaie métallique française en 1848, et depuis cette époque il a été fabriqué, comme nous l'avons vu, pour G milliards 640 millions de monnaie d'or. Il est très difficile de savoir ce qui en a été exporté depuis ou démonétisé par la refonte, mais il est probable qu'une grande partie de cet or monnayé est restée en France à l'état de monnaie circulant ou de monnaie thésaurisée ; et notre honorable collègue, .M. Wolowski, dans la séance du 4 février 1874, croyiiit pouvoir dire que la masse du numéraire existant en France était aujourd'hui de 6 à 6 milliards de francs.

Combien la France a-t-elle perdu de cette quantité de numéraire, de 1870 à 1873? C'est ce qu'il est difficile de déterminer. Elle a évidemment perdu de l'or et repris de l'argent. D'après les états de douane, elle aurait, étant tenu compte de toute différence, exporté 376 millions de francs d'or et importé 304 millions de francs d'argent ; mais si les états de douane donnent exactement le sens des mouvements, ils n'en donnent pas le montant, et les chiffres que nous venons de citer ne sont pas exacts, tout au moins pour l'or, dont le faible poids par rapport à la valeur per-

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met J3eaucoup plus les dissimulations que pour l'iu-gent.

Nous avons recueilli deux documents étrangers «mi peuvent nous éclairer sur la perte que nous avons faite du numéraire en or : le premier est un état' des matières d'or employées par TAllemaifue dans la fabrication d(> sa nouvelle monnaie d'or; le second est un relevé du nombre de jiièces d'or de 20 francs achetées par la Banque d'Angleterre, de 1870 à 1873.

Les hôtels des monnaies d'Allemagne ontdémonétisé pour 847 millions de francs de pièces d'or de 20 francs, et la Banque d'Angleterre a acheté pour 197 millions de francs de |>ièces de 20 francs.

On a vu que, sur les 847 millions de francs en pièces de 20 francs démonétisés i">ar l'Allemagne^ il y a 42 millions qui ont été achetés en Angleterre, et comme la Banque d'Angleterre avait en juin 1874 revendu 116 millions de monnaie d'or française, il est probable que les 42 millions achetés par TAllemagne en Angleterre font double «'in])loi avec pareille somme comprise dans les 197 millions de la Banque d'Angleterre.

11 y aurait donc un jjeu plus d<' 1 milliard de fraucs en pièces de 20 francs dont on connaît le passage à l'étranger.

La Banque d'Amsterdam a reçu aussi un certain nombre de pièces de 20 francs, qu'on peut évaluer à 90 millions de francs; mais si l'on compense les sorties de pièces de 20 francs pour la banque d'Amsterdam avec les quantités

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qui auraient pu, dans les achats de la monnaie allemande, provenir d'une autre source que de la France, on peut, sans crainte de se tromper •de beaucoup, évaluer à I milliard de francs la perte faite par la France dans sa circulation d'or.

Sur ce milliard, 273 millions ont été exportés directement par l'État; le reste, soit environ 730 millions de francs, a donné lieu, sans tloute, à la création de lettres de change qui ont été vendues au Trésor dans le total des 4 milliards 2ô0 millions de francs, ou qui ont servi de contre-partie pour faire des importations d'argent.

D'un autre côté, s'il y a eu perte dans la circulation d'or, il y a eu augmentation dans la circulation d'argent.

11 est certain que la baisse qui est survenue dans la valeur de l'argent en a fait introduire d'assez grandes quantités en France. La Monnaie a fabriqué, de 1870 à 1873, des pièces d'argent pour 237 millions de francs, dont nous avons vu que 92 millions ont été frappés avec de l'argent de Hambourg pour le compte du gouvernement et pour être envoyés en Allemagne.

H serait donc resté en France 145 millions en pièces de 5 francs. La douane donne un chiffre de 304 millions qui comprend, outre les lingots, les monnaies frappées, et ce chiffre n'est contredit par aucun document particulier, à notre connaissance.

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Les chiffres les plus probables seraient donc une perte de l milliard en or et une rentrée de 300 millions en argent, ce qui représenterait une pert«; linale, pour le stock métallique de la France, de 700 millions de francs, soit de 11 à 14 pour 100.

Si Ton rapproche ce résultat des indications que fournissent les différentes situations de la Banque de France, depuis 1870, on peut le considérer comme suffisamment exact.

Nous ne parlons, bien entendu, que du temps qui s'est écoulé pendant le paiement des 5 milliards, c'est-à-dire de 1870 à l'automne de 1873, parce que dei)uis cette époque le stock métalliciue s'est reconstitué. 11 est probable qu'il y a aujourd'hui autant do numéraire en France qu'nvnnt la guerre.

Le 7 juin 1870, l'encaisse de la Banque de France était de 1 milliard 311 millions.

Le 11 septembre 1873, il était réduit à 708 millions de francs. Aux mêmes époques, la circulation des billets était de 1 milliard 375 millions, et de 2 milliards 881 millions de francs.

En juin 1870, les billets de banque lournissaient au stock métallique de la France un supplément de 64 millions ; au 11 septembre 1873, ils fournissaient un supplément de 2 milliards 179 millions de francs.

Comme la dépréciation du billet de banque a été peu sensible, il est probable que la quantité totale des agents de la circulation est restée la

1S !>A1KMENT DE L iMJKMMJÉ Di: GUERRE.

luùinc, ce qui forait supposer qu'il y a eu une perte dans le stock métallique de 2 milliards 100 millions de francs, dont les billets de bancpnî auraient pris la place : ce serait un écart de l/iOO millions avec le chitfre (pi«; nous avons cru devoir indiquer plus haut ; mais il n'y a peut-être pas de contradiction entre les deux chiffres, car les billets de banque prennent la place du métal qu'on retire de la circulation aussi bien en le thésaurisant qu'en l'exportant; et il est assez probîible que la thésaurisation aura été excitée par les inquiétudes qu'on a eues pendant les années 1870 et 1871. De sorte qu'on juMit supposer que l'émission supplémentaire de 2 milliards 100 millions de francs aura pris la place de 700 millions de numéraire exporté et de 1,400 millions de nuuK'raire soustrait par la thésaurisation à la circulation

Tels sont les renseignements qu'il nous a été I)Ossibl«'. de nous procurer, pour éclairer autant (|u'on le pouvaif la question <lii mouvi'ment du nunn'raire.

Si l<is résultats que nous avons obtenus ne sont pas d'une exactitude rigoureuse, ils permettent, néammoins, d'affirmer que ce n'est pas plus dans l'exportation du num<''raire que dans celle des

(I) En môme temps que l;i tlicsaiirisatioii de l'or, il y a eu la thésaurisation iics billets et nous envisageons les di^ux en hloc. La masse de billets soustraits à la circulation îi dû représenter une somme énorme, par suite de la volonté de réaliser ou de Timpuissauce d'employer ce qu'on avait.

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