PAIEMENT DR I .""INDEMNITÉ DE GUERRE
marchandises qu'on peut trouver Texplication du portefeuille acquis par la Trésor. Sur une exportation totale évaluée par nous à 700 millions, le Trésor a, pour sa part, remis directement à TAllemagne 600 millions de numéraire ; on trouverait donc dans le mouvement des métaux précieux tout au plus 200 millions de francs qui auraient servi, toute balance faite, à la création <lt-^ lettres de change vendues au Trésor.
3° Importation et exportation de titres.
Nous avons déjà fait remarquer que le mouvement international des titres a pris depuis vingt- cinq ans une importance tout à fait prépondérante.
La France a, pendant cette période de temps, absorbé de grandes quantités de titres, comme, elle a absorbé de grandes quantités d'or. L'or est aussi une valeur étrangère, une valeur étrangère d'une grande sécurité, mais ne portant point intérêt.
La France a donc absorbé des valeurs étrangères sous forme d'or improductif d'intérêt ou sous forme de valeurs ^productives d'intérêt, et -cela sur une échelle au moins de 7 à 800 millions de francs par année.
L'or qu'on importe consomme du change sans en rendre, mais les valeurs à intérêt qu'on fait venir de l'étranger en rendent après en avoir absorbé. Pour faire passer à l'étranger le
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capital avec lequel on achète des valeurs, il faut acheter du change ; mais pour faire rentrer les intérêts du capital qu'on a placé à l'étranger, il faut en vendre. L'im]3ortation des titres étrangers crée du change dans l'avenir, dans une proportion égaie au montant du revenu annuel de ces titres. 11 en est résulté que les placements faits par la France à l'étranger, y compris ce que l'on peut appeler les placements en or, n'ont plus, au bout de quelques années, été payés qu'avec les intérêts de ceux des placements antérieurs qui étaient productifs.
Si cela est vrai, et les faits sont là pour le prouver, on conçoit facilement que la cessation des placements à l'étranger et des importations d'or, pendant trois ans, ait mis à découvert comme une source de change qui n'avait pas d'emploi.
C'est bien le phénomène qui s'est produit. Il y avait en France, avant la guerre, de grandes quantités de change provenant de l'encaissement, par les Français, des coupons de valeurs étrangères dont ils étaient propriétaires, et on peut, sans exagération, évaluer l'importance de ce change à 6 ou 700 millions de francs par année. On peut y ajouter aussi les revenus réalisés à l'étranger, mais dépensés en France par les étrangers qui voyagent chez nous ou qui s'y établissent pendant un temps ; c'est encore une source spéciale de change que l'on a évaluée à des chiffres divers, mais qui n'est pas inférieure. à
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ce que Ton croit, à 2 ou ÎÎOO millions de francs (1).
II y avait donc en France, avant la guerre, du . liange étranger pour 800 à 900 millions, peut- • •tre 1 milliard de francs, qui trouvait son emploi dans les placements nouveaux en valeurs étiangères, ou qui permettait une importation constante d'or, quelle que fut la balance du comuierce.
La France pouvait ainsi, avant 1870, faire aisément en trois années un placement à Tétranger de 3 milliards de francs, peut-être plus, sans amener de crise monétaire. Les trois années qui ont suivi la guerre ont eu la même ressource, sinon dans une proportion aussi forte, du moins dans ime proportion encore considérable. 11 est i)robable, eu effet, qu'une partie des titres étrangers a été exportée et que les dépenses des étrangers en France n'ont pas att<'int, de 1871 à 1873, le même (•hitfre que de 18G0 à 1870; mais à supposer une exportation de titres étrangers pour une valeur de 2 milliards de francs, ce qui serait déjà considérable, il en résulterait pour les intérêts annuels une différence do quelque chose comme 100 mil— lions de. francs, ou de 300 millions pour trois ans. On peut donc croire que la source de change
(1) Les oliiffres que nous donnons peuvent paraître bas ; nous nous sommes atlacliô à prcsent<;r des minima : ainsi, beauco\i[) de publicisles évaluent à 1 milliard et à 1 milliard et demi les placements annuels de la Franf*e à l'étranger de 1860 à 1870, et à beaucoup plus de 300 millions les dépenses en France de revenus étrangers.
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que nous signalons a pu encore fournir à l'opération des 6 milliards 2 à 2 milliards et demi de francs, si ce n'est plus.
Quant à rexjiortation môme des titres étrangers, il est certain qu'elle a eu lieu, mais on ne peut pas dire sur quelle échelle.
Notre honorable collègue (1) M. M or eau a bien voulu faire faire un relevé des valeurs étrangères qui ont donné lieu à des livraisons de titres à la Bourse de Paris ; ce relevé, nous le donnons plus bas, mais il n'a pas fourni les indications que nous en attendions. Ce tableau avait' été dressé dans la supposition que tout ce qui avait été livré de titres étrangers contre argent avait été exporté; en cherchant la quantité des livraisons, on espérait trouver la quantité des exportations. 11 est bien probable, en effet, que les titres livrés à des i^reneurs nouveaux pendant la période qui nous occupe ont été exportés ; les preneurs nouveaux ne devaient pas être des capilistes français, parce qu'on ne faisait pas, à cette époque, do placements à l'étranger, les épargnes du pays se portant tout entières sur les nouveaux emprunts français ; mais, dans le tableau que nous donnons, il y a un mélange de livraisons xDOur reports avec des livraisons pour placements, et les livraisons pour reports, c'est-à-dire contre argent prêté et seulement pour un temps, se multiplient par le nombre des liquidations
(1) Collèg-uc à l'Assemblée nationale.
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l)eiidant lesquelles les rapx)orts ont été continués. Il faut dire, de plus, que le tableau en question ne comprend pas des valeurs étrangères qui sont négociées sans Fintermédiaire des agents de change, par ce qu'on appelle la coulisse ; et rien qu'à lire les noms les valeurs qu'il contient, on s'ax^erçoit qu'il laisse en dehors les fonds américains et bien d'autres, qui jouent un grand rôle sur le marché de Paris. Quoi qu'il en soit, nous donnons ce tableau dans l'espoir que d'autres que nous y trouveront des indications qui nous auraient échappé.
1" Solde des rentes étrangères livrées en liquidation du 1*=^ juillet 1871 au Si décembre 1873.
5 0/0 llalicn 46,115,000
6 0/0 Tabacs italiens 56,250
6 0/0 Péruvien 184,500
5 0/0 Turc 520,000
6 0/0 Turc 15,750
3 0/0 Espagnol 600
5 0/0 Tunis 84,375
représentant un. capital d'environ CG9 millions de francs.
2" Solde des valeurs étrangères livrées en liquidatio?i du i*""^ juillet 1871 au 31 décembre 1873.
Actions banque ottomane 80,650
Poucier d'Autriche 193,525
Chemins autricliiens 645,825
Chemins lombards 370,150
Chemins N.-O. d'Autriche 67,350
Chemins liongrois 12,700
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représentant un capital d'environ 725 millions de francs.
Nous avons pensé qu'un autre relevé pouvait fournir des indications sur le mouvement d'exportation des valeurs étrangères : c'est le relevé du montant des abonnements au Timbre pour les valeurs étrangères cotées ; mais ce tableau, que nous reproduisons également, ne peut pas donner d'indications précises, par cette raison que l'abonnement dont il s'agit n'est pas antre chose que le prix de la cote. On le paye ou on n** le paye pas, suivant qu'on a intérêt à maintenir ou non les titres sur la cote officielle. Une grande quantité de valeurs y sont soustraites absolument.
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