‹ Fior d'AlizaChapitre 152 sur 197 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

gello était incorruptible, mais très-humain, et quHI n'aggraverait certainement pas jusqu'à Téchafaud les peines du pauvre criminel. Il ajouta que, même après le jugement, on avait encore le recours en grâce auprès de monseigneur le duc et que, dans tous les cas, le condamné avait encore un sursis de quatre semaines et de quatre jours entre Tarrét suprême et Texécution; enfin que, pendant ces quatre semaines et ces quatre soleils de sursis, le condamné, soulagé de toutes ses chaînes derrière sa grille, ne subissait plus le secret , mais qu'il était libre de recevoir dans sa prison ses parents, les prêtres , les moines charitables et tous les chefs des confréries pieuses de la ville et des montagnes, tels qu% frères de la Miséricorde, frères de la Sainte-Mort, pénitents noirs et pénitents blancs, dont l'œuvre est de secourir les prisonniers, de sanctifier leurs peines et même leur supplice.

A ce mot, monsieur, nous tomb&mes, ma belle-sœur et moi, à la renverse contre la muraille, les mains sur nos yeux , en criant : Est-il bien possible ? Quoi ! aurait-on bien le cœur de supplicier un pauvre enfant innocent dont tout le crime a été de défendre nous et sa cousine ?

— Rassurez-voas un peu, nous dit le frère quêteur, sans toutefois trop compter sur la jastice des hommes, qui n^est souvent qu'injustice aux yeux de Dieu et qui n'a pour lumière que l'apparence au lieu de la vérité.

— Et ma lille? ma fille? ma Fior d'Âliza, s'écriait ma belle-sœur, n'en avez-vous donc appris aucune nouvelle par les chemins ou sur les places de Lucques ?

— Aucune, répondit le vieux frère, c^est en vaio que j'ai demandé discrètement aux portes de tous les couvents où Ton distribue gratis de la nourriture aux nécessiteux, vagabonds, mendiants ou autres, si Ton avait vu tendre son éçuelle à un jeune et beau pifferaro des montagnes ; c'est en vain que j'ai demandé aux marchands sur leurs portes, aux vendeuses de légumes sur leur marché, si elles avaient entendu de jour ou de nuit la zampogne d'un musicien ambulant jouant des airs, au pied des Madones, dans leurs niches ou devant le portail des chapelles. Tous et toutes m'ont affirmé que , depuis la noce de la fille du bargello avec un riche contadino des environs, on n'avait pas entendu une seule note de zampogne dans la ville , attendu que ce n'était pas la saison où les musiciens des Abruzzes descendaient après les moissons dans les plaines.

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