‹ Fior d'AlizaChapitre 160 sur 197 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

quand, après une longue absence dans les bois après mes chèvres, je revenais le soir plus tard que vous ne m'attendiez sous le châtaignier.

Quand nous nous fûmes bien embrassés et bien arrosés de nos pleurs, sans pouvoir parler pour avoir trop à nous dire, je passai mon bras droit autour de son cou, lui son bras autour du mien, et il commença à me dire :

— Que font-ils là-haut ?

— Je m'en fie au bon Dieu et au père Hilario, leur ami, répondis-je.

— Que je t'ai coûté de tourments et à eux, reprit-il, ma pauvre Fior d'AIizal hélas! et que je vous en coûterai bien d'autres quand se lèvera le matin où nous devrons nous séparer pour jamais !

— Qu'est-ce que lu dis donc, répliquai-je, en cachant mon front dans sa veste où pendait encore un reste de sa chaîne, n'est-ce pas moi qui te coûte la prison et la vie? N'est-ce pas pour l'amour de moi que tu as saisi le trom* blon à la muraille et tiré ce mauvais coup pour venger mon sang sur ces brigands ?

Mais non, non, tu ne mourras pas pour moi, continuaije, ou bien je mourrai avec toi moi-même 1 •

Mais nous ne mourrons ni toi ni moi, si tu veux écouter mes conseils.

Alors je lui montrai la lime de la sposa du galérien cachée entre ma veste et ma chemise; je lui indiquai du doigt la petite porte basse encore fermée, qui menait du fond de son cachot dans le couloir de la chapelle.

— C'est par là, lui dis-je, le visage tout rayonnant d'assurance (car Tamour ne doute de rien], et c'est par là qu ils croient te mener à la mort, et c'est par là que je te mèjierai à la vie.

Je n'en dis pas plus ce jour-là sur les moyens que je rêvais pour sa délivrance ; il me pressa en vain de lui tout expliquer.

— Non, non, ne me le demande pas encore, répondis-je, car si tu savais tout d'avance, tu refuserais peut-être encore ton salul de mes mains, ou bien tu pourrais le laisser échapper dans l'oreille des prêtres qui vont venir pour te résigner peu à peu à ton supplice. Il vaut mieux te mettre la clef en ipain sans savoir comment on la forge ; c'est à toi de te fier à moi, et c'est à moi d'être ton père et ta mère, puisque je les remplace seule ici.

— Oh I me dit-il en me serrant les mains et en les élevant dans les siennes vers la voûte du cachot, je le. veux bien ; tu es mon père et ma mère sous la figure de ma

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