CHAPITRE PREMIER
des goavanements libres à TlUlie ; il y avait été le précorseor de la révolution et de la tolérance administrative et religieuse desceodoes du trône sur les sujets. Le jeune souverain actuel continuait son oncle. Ses deux ministres, le vieux Fossombroni et le prince Cor^ni, avaient conservé les traditioas de mansuétude, d*économie et de gouverne^ ment par le peuple lui-même, de leur maître Léopold. La peine de mort, supprimée par ce prince, n^avait été réta* bile que pour la forme par Tadministration française sous* Napoléon ; Téchafaud ne s^était jamais relevé sous le régime grand-ducal ; la Toscane était Toasis de TEurope.
Comment une dynastie qui n'était qu'une première famille libre dans un pays libre, dont le gouvernement servait de modèle et d'émulation au monde, comment une dynastie plus que constitutionnelle, qui était à elle seule la constitution et la nationalité dans la terre des Léopold et des Médicis, a-t-elle été perfidement envahie et honteusement chassée de cette oasis, créée par elle, et chassée par les Piémontais du palais Pitti, oii le roi Charles- Albert, œ roi d'ambition à tout prix, avait cherché et trouvé un asile chez ceux-là mêmes qu'il persécutait en recSonnaissance de leurs bienfaits? On parle de l'ingratitude des peuples, mais de celle des rois, qu'en dites- vous ?
Deux princesses charmantes, sœurs Tune de Tautre et presque du mênoe âge, embellissaient cette cour et donnaient de la grâce à ses vertus.
L'une était la jeune veuve du précédent grand-duc, mort récemment; l'autre était la grande-duchesse régnante, qui partageait avec sa sœur les honneurs de ce trône à deux. Princesses de Saxe et sœurs, elles avaient apporté de ce pays lettré, dans cette terre des beaux-arts, l'instruction et le goût de tout ce qui est Tidéal des grands esprits et des cœurs enthousiastes. Elles me reçurent .comme Éléonore d'Esté et même comme cette Lucrezia Borgia, tant et si odieusement calomniée, recevaient jadis l'Arioste et le Tasse dans ces cours de Ferrare et de Mantoue, qui n'é* talent que des académies de tous les grands artistes de l'esprit.
Le grand-duc me témoigna une considération précoce et imméritée, qui ne tarda pas à se changer, sous les rapports politiques, en véritable amitié. La crainte de contrister le marquis de La Maisonfort, qui ne jouissait pas auprès de lui de la même prédilection, lui fit voiler discrètement, à lui, ses bontés pour moi, et moi, ma respectueuse affection pour lui. J'en jouissais à la dérobée, le matin, dans sa biblio-