‹ Fior d'AlizaChapitre 19 sur 197 · CHAPITRE PaEMIEIt Jff · texte numérisé non relu

CHAPITRE PaEMIEIt Jff

tbèiq» d j paliîs P/.a\ où je me rendais mx^èrieusement, et où il Tenait me jcindre aossîtôt qu il était aterti de ma présence, par soa bîb!;oîhecaire » pour m>m:r.ener dans son appartement Là, f avais rkonneor d'axw avec te prince des entretiens confidentiels sur la politique, qui m^ont laissé, pour ses principes et pour ses tertus, une étemelle admiration. Heureux les peuples qui ont leur sort dans des mains si pures et si douces ! Malheur aux peuples qui ne savent pas les apprécier et qui préfèrent s^asservir à des rois chevelus de caserne, au lieu de chérir des princes philosophes qui ne leur demandent que d'être heureux l

La grande-duchesse, sa femme, sortait quelquefois de son appartement contigu, un de ses enfants dans les bras» pour venir, comme une simple mère de famille» s'asseoir gracieusement à ces entretiens. J'en sortais pénétré d'une véritable estime pour le prince, d'une vénération enthousiaste pour la princesse. Le bruit de celte faveur secrète du grand-duc, dont j'étais honoré, ne tarda pas à se répandre malgré nos précautions. On crut que j'aspirais & changer de patrie et à devenir ministre favori du grand-duc, au lieu de simple chargé d'affaires de France dans une cour d'Italie. Le parti autrichien affecta de s'en alarmer ; il n'en était rien, je n'avais, à celte époque, ni mérité, ni subi les rigueurs de ma patrie, et je n'aurais eu aucune excuse de chercher à changer de foyer et de devoir.

Mon penchant pour la Toscane et pour les jeunes souverains était entièrement désintéressé. Je n* aimais rien d*eux

qu'eux-mêmes. Si ce prince, maintenant méconnu et exilé, lit par hasard ces lignes, il y retrouvera, après tant d'années et de vicissitudes, les mêmes sentiments de respect et d'estime. J'ai été assez heureux et assez prudent, en i 848, pour lui en donner des preuves muettes, en résistant aux instances de Charles-Albert et en opposant à ses empiétements contre les princes, ses anciens hôtes, ses parents et ses alliés, l'inflexible refus de la loyauté de la République française. Notre devoir, selon moi, n'était pas de fomenter en Italie l'agrandissement, diminutif pour la France, de la maison de Savoie, mais de favoriser une confédération italienne qui constituât la péninsule en États solidaires contre rAutriche et reliés à la France par l'éternel intérêt d'une indépendance commune.

J'attendais mon ami, le comte Aymons de Yirieu, qui, déjà souffrant, venait avec sa famille chercher un climat plus salutaire en Toscane. Je m'étais logé moi-même, et je lui avais proposé un appartement dans une maison isolée et poétique, à Textrémité de la rue di Borgo ogni Sanit\ entourée, au premier étage, d'un jardin en terrasse planté de magnifique3 caroubiers, et dominant un parc immense, qu'on apjJblait la villa Torregiani.

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