CHAPITRE DEUXIÈME S
L'eau dormante des marais ; Voilà Tenfant des chaumières Qui glane sur les bruyères Le bois tombé des forêts.
L'onde n'a plus le murmure Dont elle enchantait les bois; Sous des rameaux sans Terdnre Les oiseaux n'ont plus de voix ; Le soir est près de l'aurore ; L'astfe à peine vient d'éclore, Qu'il va terminer son tour; U jette par intervalle Une lueur, clarté pâle Qu'on appelle encore un jour.
L'aube n'a plus de zéphire Sous ses nuages dorés ; La pourpre du soir expire Sous les flots décolorés ; La mer solitaire et vide N'est plus qu'un désert aride Où l'œil cherche en vain l'esquif; Et sur la grève plus sourde La vague orageuse et lourde N'a qu'un murmure plaintif.
La brebis sur les collines Ne trouve plus le gazon, Son agneau laisse aux épines Les débris de sa toison.
La flûte aux accords champêtres Ne réjouit plus les hêtres
Des airs de joie ou d'amours, Toute herbe aux champs est glanée :
Ainsi finit une année, Ainsi flnisssent nos jours I
C'est la saison où tout tombe Aux coups redoublés des vents ; Un vent qui vient de la tombe Moissonne aussi les vivants :
Ils tombent alors par mille, Gomme la plume inutile Que l'aigle abandonne aux airs, Lorsque des plumes nouvelles Viennent réchauffer ses ailes A l'approche des hivers.
C'est alors que ma paupière Vous vit pâlir et mourir, Tendres fruits qu'à la lumière Dieu n'a pas laissés mûrir !
Quoique jeune sur la terre.
Je suis déjà solitaire Parmi ceux de ma saison ; Et quand je dis en moi-même :
Où sont ceux que ton cœur aime?
Je regarde le gazon.
Leur tombe est sur la colline, Mon pied le sait : la voilà !
Mais leur essence divine.
Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?
Jusqu'à rindien rivage Le ramier porte un message