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CHAPITRE DEUXIÈME

de Parme, elle reconnut en moi un ami de ia maison des Bourbons, et elle me conduisit elle-même daiis les chambres hautes de son palais pour m*y faire roir, avec une visible indifférence, les reliques de sa grandeur impériale données par la ville de Paris à Tépoque de son mariage et de ses couches. Ces monuments de sa dignité forcée, couverts de la poussière du temps, lui rappelaient évidemment des années de splendeur qu'elle eût voulu effacer de sa vie. Je la quittai pour la revoir depuis, tous les ans, avec une

impression très-douce et très-admirative qui ne pouvait que s'accroître en la voyant familièrement. C'était une

femme pleine de grâce , de simplicité et d'agréments.

Parme était heureuse sous cette princesse qui cherchait à.

consoler ce petit peuple, par son gouvernement, des

splendeurs dont elle avait joui et dont elle était déchue en

trois ans, d'un règne qui n'avait été qu'un grand orage.

Je m'arrêtai à Pise pendant quelques jours pour y admirer les beautés de la cathédrale et du Campo Santo^ ce monument de marbre du xiii* siècle, et les quais magnifiques et solitaires, témoins aujourd'hui rouets d'une grandeur évanouie. J'y fis connaissance avec un ami de madame de Staël, l'aimable professeur Rossini, auteur de la Monaca

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de Monza, avec lequel j'entretins depuis une amitié qui ne s'éteignit qu'à sa mort.

De là, je me rendis à Lucques par une route entrecoupée de riants villages où les pampres déjà jaunissants, suspendus en guirlandes, semaient les bords des fossés de feuilles de vigne et d'oliviers.

Je ne fis que traverser la ville, et je descendis à 5ûf/iochio^ superbe villa antique qu'habitait le marquis de La Maisonfort, de l'autre côté de la plaine, sur la route des bains. J'y pris possession d'un appartement que voulut bien m'offrir le ministre de France. Nous y fîmes ensemble plus de poésie que de diplomatie. La sérénité de ce beau ciel au commencement de l'automne m'inspira ces mélancolies qui se répandent sur le bonheur même, comme le clair de lune de ces climats sur la nuit d'un beau jour.

En voici une que j'écrivis dès les premiers jours de mon arrivée à Saltochio; je la donne ici avec le commentaire qu'on retrouve dans mes œuvres complètes :

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