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Cependant, un matin qu'il était allé dénicher des œufs de faisan dans les bruyères au plus haut des montagnes» derrière Termitage des Camaldules, elle eut bien plus peur, et nous avec elle, hélas !
Une bande de bûcherons de la plaine, armés de leurs grandes haches et de leurs longues scies d'acier pour abattre et débiter le bois dans les forôts, parut avec Taurove au pied du gros châtaignier ; ils s'assirent en cercle autour des racines, aiguisèrent leur hache et leur scie sur des pierres de grès, débouchèrent leurs fiasques de vin, se eoupèrent des tranches de pain et de fromage, et se mirent à déjeuner gaiement tout près de nous.
Je m'approchai timidement d'eux, et je leur demandai poliment qu^est-ce donc qu'ils Tenaient faire si haut et d loin dans une partie des montagnes où jamais la hache des bûcherons n'avait retenti depms que le monde est monde.
-— Vous allez le savoir, mon ami, me répondit une voix qu'il me sembla reconnaître à son accent de méchanceté hypocrite (ma belle-scsur, qui était accourue à son tour
avec Fior d*AIiza, me dit vite que c^était celle du scribe Nicolas del Calamayo) ; vous allez le savoir à vos dépens. Dites adieu à votre arbre, il ne vous donnera ni ombre ce soir, ni châtaignes cet automne. Le propriétaire Ta vendu hier au maître de ces bûcherons, pour Tabattre et pour Texploiter à son profit. Il m'a chargé de monter à sa place jusqu'ici pour leur livrer l'arbre et pour verbaliser contre vous si vous mettiez obstacle à la livraison.
— Comment si j'y mets obstacle! m'écriai-je en me précipitant les deux bras ouverts et tendus devant moi pour me jeter entre l'arbre et la hache ; mais c'est comme si vous commandiez de ne pas m'opposer à ce qu'on enlevât ma tête aveugle de dessus mes épaules ! Cet arbre, monsieur, c'est autant que ma tètel... c'est plus que ma pauvre tête, ajoutai -je en pleurant; c*est la vie de toute ma famille, c'est le père nourricier de ma sœur, de mon neveu, de ma fille et de moi I Vous savez bien, vous qui avez apporté le papier qui nous a dépouillés de tout ce qui faisait vivre ici les Zampognari depuis les siècles des siècles, vous savez bien qu'on ne nous a laissé que ces trois grosses branches qui s'étendent de notre côté sur la pelouse et sur la maison qui nous restent ; vous savez bien que ces branches sont à nous, c'est encore assez, car l'arbre est si grand que ces seules branches, le quart de l'arbre, nous rempliront encore au moins huit sacs de châtaignes ; c'est juste ce qu'il faut pour quatre bouches, en économisant Vous me tueriez plutôt contre le châtaignier