‹ Fioretti de saint AntoineChapitre 4 sur 5 · HIC JACET MATER SANCTI ANTONII, ALLELUIA · texte numérisé non relu

HIC JACET MATER SANCTI ANTONII, ALLELUIA

% Cbapitre XLIV —Comment saint 1

^ Bonaventure découvrit la langue 4

U intacte de Frère Antoine et com- *

U posa des versets en son honneur. *

*^Ès 1263, la partie supérieure de la splendide basilique que les Padouaiis élevaient en l'honneur de leur compatriote était terminée. Les autorités civiles et religieuses se concertèrent et résolurent d'y transférer sans retard les précieux restes du Bienheureux. Cette cérémonie eut Heu le 8 avril, jour de la Quasimodo, et fut présidée par saint Bonaventure, élu Ministre général de l'Ordre des Frères Mineurs six ans auparavant.

Le légat pontifical, le cardinal Guido, archevêque de Bologne, assistait au trône entouré d'un nombreux clergé et d'un nombre infini de franciscains.

On procéda d'abord à l'ouverture du sarcophage, mais à peine le couvercle fut-il soulevé qu'un parfum céleste remplit les vastes nefs et embauma les foules étonnées et ravies. On trouva les chairs du Saint réduites en poussière et les os disjoints, mais la tête avait conservé sa couronne de cheveux et les mâchoires leurs dents. Cette bouche éloquente, qui avait si merveilleusement annoncé la parole de Dieu, était presque intacte. La langue de l'infatigable

apôtre adhérait encore au gosier et paraissait toute vermeille. A cette vue, l'émotion du peuple fut à son comble. Profondément remué lui-même, saint Bonaventure prit cette langue bénie entre ses mains et la présenta à la vénération de la foule en s'écriant : "0 langue bénie, qui avez constamment loué le Seigneur et porté les autres à le louer, on voit maintenant combien vous êtes précieuse aux yeux de Dieu. "

La dévotion à saint Antoine de Padoue, née sur son tombeau, n'a cessé depuis lors de se répandre dans le monde catholique et à travers les siècles elle atteste la gloire et la puissance du grand Thaumaturge de l'Ordre des Frères Mineurs.

t CbapitreXLV— OÙ, après quelques 2 % mots nécessaires, l'auteur prend ^ * congé de son courtois lecteur. ^

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^A VEC toutes les réserves qui s'imposent, il semble que nous puissions rapporter ici en les appliquant aux merveilles de la vie du Thaumaturge franciscain les paroles (par lesquelles l'Apôtre hien-aimé termine son Évangile : Saint Antoine de Padoue " a fait heaxxoup d'autres choses : si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les Hures qu'il faudrait écrire. "

Cependant, tout ébloui que tu sois, ami lecteur, par son auréole de Thaumaturge que ces pages aussi modestes que peu nombreuses font davantage ressortir, ne laisse pas toutefois d'admirer et d'imiter de ton mieux les vertus qui distinguent le grand Saint : la candeur de l'homme vierge, l'austérité du moine et le zèle de l'apôtre.

Ce zèle, qui brûlait l'âme de saint Antoine de Padoue et le poussait à toutes les activités capables de le servir, c'est l'apostolat, cet apostolat idéal qui fut le sien. Or ce zèle, veuille bien le remarquer cher lecteur, n'était que la flamme de son amour pour Dieu, rendu plus parfait par l'accomplissement du second commiindement du Seigneur qui est sen\blable au premier : l'amour du prochain.

C'est donc en résumé cet amour du prochain qui caractérise saint Antoine de Padoue, cet amour qu'il a si bien pratiqué durant sa vie mortelle et qu'il ne cesse de prodiguer du haut des Cieux. Car qu'est saint Antoine, sinon un Saint suavement compatissant, infiniment doux, qui soulage et relève, qui encourage et console. Il est un père plein de mansuétude, un frère rempli d'affection, im ami plus que tous les autres dévoué, qui sait répandre sur les meurtris de la vie le baume exquis de sa tendresse.

Par ses mains libérales, n'en doute pas, pieux lecteur, Dieu " veut nous donner tovt ce que nous lui demanderons pour être tout ce qu'il veut que nous soyons. " Et parce que le péché contre l'espérance est le péché le plus commun de nos âmes rapetissées à la mesure de nos vœux mesquins, déployons immensément les ailes de nos prières et souhaitons avec ferveur d'étendre à l'infini la capacité de nos désirs, afin que le bon saint Antoine verse dans nos âmes, peut-être si vides et si pauvres, une plus grande abondance de ces faveurs qui fleuriront le chemin de notre vie, mais nous obtienne surtout les grâces infiniment supérieures qui font les saints sur la terre et les élus dans le ciel.

Et au seuil de ces pages où je fais ce souhait sincère pour toi, courtois lecteur, laisse-moi te remercier cordialement de la flatteuse bienveillance avec laquelle tu as bien voulu prêter à ma trop faible voix l'oreille de ton cœur, et, dans

l'espoir que tu daigneras penser à moi lorsque tu n'auras plus personne pour qui prier, permets que je te dise :

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