‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 15 sur 75 · LEP EI EE LE LE EN TE ENT · texte numérisé non relu

LEP EI EE LE LE EN TE ENT

Chapitre rit, — Comment saint François et Frère Mas. sée posèrent sur une pierre, près d'une fontaine, le Pain qu'ils avaient mendié ; Comment saint François fit un &rand éloge de la pauvreté ; Comment, ensuite, il pria Dieu, saint Pierre et saint Paul de lui faire aimer cette vertu ; comment, enfin, les deux saints Apôtres lui apparurent.

nono ones

UR se conformer exactement et en toutes cho-

ses au Christ qui, comme le rapporte l'Evangile, À envoyait ses disciples, deux Par deux, dans les villes et les bourgades où il devait aller, l'admirable servi. teur et disciple du Sauveur, saint François, après avoir, lui: aussi, choisi ses douze Compagnons, les envoya deux

à deux prêcher par le monde. Pour leur donner l'exemple d'une véritable obéissance, il commença par agir le premier, semblable encore en cela au Christ, qui voulut pratiquer lui-même avant que d'enseigner. Ayant donc assigné à ses disciples les différentes parties du monde où ils devaient porter la parole de Dieu, lui-même prit Frère Massée pour compagnon et se dirigea vers la France.

Un jour que les deux frères étaient arrivés dans une ville, pressés par la faim, ils allèrent, suivant leur règle, mendier leur pain, pour l'amour de Dieu, chacun de leur côté. Saint François, qui était d’un extérieur peu avantageux, et qui était regardé comme un misérable mendiant Par ceux qui ne le connaissaient pas, ne put recueillir que quelques petits morceaux de pain; mais Frère Massée, qui était grand et beau, reçut des morceaux en abondance, des morceaux considérables et même des pains tout entiers. Quand ils eurent amassé leur provision, ils se rejoignirent hors de la ville Pour prendre leur repas dans un endroit où il y avait une fontaine limpide, et, tout près, une belle et large pierre sur laquelle tous deux posèrent le pain qu'ils avaient reçu en aumône. Saint François voyant que les morceaux de Frère Massée étaient en plus grand nombre, mieux choisis et plus considérables que les siens, en ressentit une grande joie et dit : « O Frère Massée! nous sommes indignes de posséder un si précieux trésor.» Et comme il répétait ces paroles, Frère Massée répondit : « Père, comment donc trouvez-vous un si grand trésor là où tout est Pauvreté, et où l’on manque de tout ? Nous n'avons ni table, ni couteaux, ni plats, ni assiettes, ni maison, ni valets, ni servantes, et vous nous trouvez riches?» «C'est en cela même que je vois un trésor,»

de saint Francois d'Assise a

reprit le Saint ; « ici, l’industrie humaine n’a aucune part : tout ce que nous Possédons, c'est de la Providence que nous le tenons : Voyez ce pain que nous avons mendié, SE |

mit en oraison, En ce moment, Dieu daigna le visiter; il le remplit d’une si grande

Fioretti ferveur et l'enflamma d’un amour si ardent pour la sainte pauvreté, qu'à l'éclat de sa figure et au frémissement de ses lèvres, il semblait qu'il jetât des flammes d'amour. Ainsi embrasé, saint François vient trouver son compagnon et s'écrie: « Ah! ah! ah! Frère Massée| livre-toi tout entier à moi.» Il parla ainsi trois fois ; à la troisième fois, il souffla sur Frère Massée, et celui-ci se sentit ravi et alla tomber devant le Saint à la distance d’une longue lance. Frère Massée était dans la stupeur. Plus tard, il disait à ses compagnons que, dans ce ravissement, l'Esprit- Saint avait inondé son âme d’une si grande abondance de joie et de consolation, que jamais il ne s'était trouvé si heureux. Saint François lui dit ensuite : « Allons maintenant à saint Pierre et à saint Paul, prions-les de nous faire comprendre combien est précieux le trésor incomparable de la très sainte pauvreté et de nous aider à l’acquérir. Oui, c'est un trésor si divin, que des vases aussi méprisables que nous sont indignes de le posséder ; c’est la céleste vertu par laquelle toutes les choses terrestres et passagères sont foulées aux pieds, par laquelle l’âme, délivrée de tout embarras, peut librement s'unir au Dieu éternel ; c’est la vertu qui lui donne, lorsqu'elle est encore fixée sur la terre, le privilège de converser déjà dans les cieux avec les Anges ; c'est la vertu qui a suivi Jésus-Christ partout, sur la croix, dans son tombeau, dans sa Résurrection et jusque dans son Ascension vers les cieux ; c’est la vertu, enfin, qui, dès cette vie même, procure à ceux qui la chérissent la facilité de s'envoler au ciel ; oui, car c’est en elle que se trouvent les armes de la véritable humilité et de la charité, Prions donc les très saints Apôtres du Christ, ces parfaits amateursde cette perle évangélique, prions-les de demander

de saint francois d'Assise 43

Pour nous à N Otre-Seigneur Jésus-Christ qu'il daigne, Cn sa très sainte miséricorde, nous accorder la grâce d'être nous-mêmes les zélés observateurs et les humbles disciples de la très précieuse et très aimable Pauvreté évangélique. » Ce fut dans ces pieux entretiens que saint François et SOn compagnon arrivèrent à Rome et qu'ils entrèrer l'église de Saint-Pierre. Le Saint alla s'y mettre en prière d'un côté et Frère Massée de l’autre, Au moment où saint François Priait ainsi, baigné de larmes et rempli de fer- Veur, tout à coup, les très saints Apôtres Pierre et Paul lui apparurent brillants de splendeur et lui dirent : « Tu de-

t dans

que le Christ et Jes mêmes observé : eh bien! voici

Page 1