‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 17 sur 75 · Chapitre TV. — comment sainte Claire prit un repas à · texte numérisé non relu

Chapitre TV. — comment sainte Claire prit un repas à

Sainte. Marie. des. Anges avec saint François et les frères ses compagnons,

ANS le temps où saint François demeurait à | Assise, sainte Claire (1) avait souvent la conso- | lation de le voir à son monastère et de recevoir pieux conseils. Elle désirait vivement Prendre un repas avec lui, et plusieurs fois elle lui en avait fait la demande, mais il avait constamment refusé. Ses Compagnons, qui connaissaient le désir de la Sainte, lui dirent un jour :

1. Cette illustre fille était d’une nobl ’'Assise, À l’âge de dix-huit ans, elle entendi François à Sainte. t touchée, que dès

en religion. Elle fut

qui, elle aussi, persévéra dans sa voca.

qu'on lüi fit endurer pour l'en détourner.

« Père, il nous semble que la rigueur dont vous usez envers Sœur Claire n'est pas inspirée par la divine charité, Cette vierge si sainte et si chérie de Dieu souhaite prendre un repas avec vous, et vous refusez de la satisfaire dans une chose de si peu d'importance. Vous oubliez donc que c'est à votre voix qu'elle a renoncé à toutes les richesses et à toutes les pompes du monde? A vous dire vrai, vous demandât-elle quelque faveur bien plus grande, elle est votre fille spirituelle, et vous ne devriez pas la désobliger. » — « Vous croyez donc,» répondit le Saint, «que je dois me rendre à ses désirs ? » — « Oui, Père, reprirent les frères, Sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu’elle vous demande. »— « Eh bien! répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens ; et, pour procurer à notre sœur une plus grande consolation, je veux qu’elle vienne prendre ce repas à Sainte-Marie-des-Anges. Depuis longtemps déjà elle est renfermée à Saint-Damien ; ce sera pourelle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les livrées du siècle pour se faire l'épouse de Jésus-Christ ; c'est là que nous mangerons ensemble au nom de Dieu. » Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de’ ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des frères, elle se rendit à Sainte-Mariedes-Anges. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l’autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile ; puis, en attendant l'heure du repas, PRPRPPPPPFR rRPRPPI RS. PPPARR F Saint François établit les deux : dans une maison, près de l’église de Saint-Damien, et lorsque plusieurs utres saintes filles se furent réunies à elles, il choisit Sœur Claïre pour leur abbesse. Cet Ordre de Sainte-Claire, qui est le second de saint François (celui des Frères Mineurs était le pre-

mier), fut appelé l'Ordre des Pauvres Dames, ou des Pauvres Sœurs, ou des Clarisses. Voyez S. Bonav.

de saint Francois d'Assise D

leur place,

Aupre-

mier mets,

le Saint se

mit à par.

* lerde Dieu

avec tant

desuavité,

de profon-

deuret

d'éloquen-

ce, que l’a-

bondance divine descendant bientôt

‘Sur ceux qui l'écoutaient tous se sentirent

ravis en extase, et ils se tenaient les mains et

les yeux levés Vers le ciel, En ce moment, les

habitants d'Assise, de Bettone et des environs

à virent l'église de Sainte-Marie-des. Anges, tout

le couvent et le bois tellement enflammés, que tout parais.

sait en proie À un immense incendie. Dès qu'ils aperçurent les flammes, les habitants d'Assise s’e

ir pour les éteindre :

48 #ioretti de saint Francois d'Assise

pauvres-mets. Ils comprirent alors que c'était un feu divin et non pas un feu matériel que Dieu avait fait apparaître miraculeusement, voulant signifier, par là, les flammes du divin amour dont étaient embrasées ces saintes âmes. Ils se retirèrent édifiés et le cœur rempli de consolation. Après une longue extase, saint François, sainte Claire et tous les autres convives revinrent à eux et se sentirent tellement rassasiés de la nourriture spirituelle qu'ils venaient de recevoir, qu'ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu'on avait disposés.

Ainsi se termina ce repas béni ; et sainte Claire, suivie de sa compagne, reprit le chemin de son monastère, En la voyant de retour, ses sœurs furent remplies de joie, car elles craignaient que saint François ne l'eût envoyée diriger quelque autre maison, comme il avait déjà fait pour Agnès, sa sœur, qu’il avait envoyée comme Abbesse au monastère de Monticelli de Florence. Aussi bien, elles se rappelaient que plusieurs fois déjà le Saint avait dit à sainte Claire : « Tenez-vous toujours prête, car il pourrait se faire que vous fussiez envoyée dans un autre couvent, si cela était nécessaire.» Et la Sainte, comme une véritable fille de la stricte obéissance, avait répondu : « Père, vous me trouverez toujours disposée à me rendre partout où il vous plaira.» Les sœurs furent donc bien heureuses de revoir leur Mère, qui, depuis le divin banquet d'où elle sortait, se sentit désormais toute remplie de consolation.

Chapitre vi. —— Comment saint François apprit de sainte Claire et du saint Frère Silvestre qu'il devait conver. tir les peuples Par la Prédication ; comment i] établit son troisième Ordre ; Comment i] prêcha les oiseaux, et comment

les hirondelles se turent À sa voix.

IF BY EU de temps après sa Conversion, alors qu'il

NI avait déjà rassemblé Plusieurs Compagnons, l LES l'humble serviteur du Christ, saint François, se sentit arrêté par la pensée de la destination qu'il devait donner à son Ordre. Ses frères devaient-ils s'appliquer travailleraient.ils quel-

s, volonté divine. I] appelle « Allez trouver Sœur Claire ; de ma part, de s'unir à quelques-unes de ses ag 3 ieuses, et de prier Dieu de me faire connaître le parti que je dois Prendre ; si je dois destiner mes frères à Ja Prédication, ou seulemert à la prière, Puis, Vous vous adresserez ensuite à Frè-e Silvestre et vous lui

ferez la même demande. »

Ce Frère Silvestre était celui qui, lorsqu'il était encore séculier, avait vu sortir de la b:.iche de saint François une croix d’or, dont la Partie supérieure s’éle, ait jusqu’au ciel et dont les bras s'étendaient jusqu'aux extrémités du monde. Depuis son entrée en religion, il avait fait de si

50 #ioretti

lui demandait, et que suuvent même il lui était donné de s'entretenir avec Dieu. Aussi saint François avait pour lui une grande vénération,

Frère Massée partit donc, suivant l’ordre du Père, et s'acquitta de la commission dont il était chargé, d'abord près de sainte Claire, puis près de Frère Silvestre. Celuici, dès qu'il connut les intentions du Saint, se mit en prière, et, après avoir reçu de Dieu la réponse qu'il deman-

dait, il alla trouver Frère Massée, et lui dit: « An.

noncez à Frère François, de la part de Dieu, que ce n'est pas seulement pour sa propre sanctification qu'il est appelé au genre de vie qu’il a embrassé, il faut encore qu'il tra.

vaille au salut des autres.» Alors Frère Massée retourna vers sainte Claire pour savoir ce qui lui avait été révélé ; et la Sainte lui répondit qu'elle et ses compagnes avaient reçu de Dieu la même réponse que Frère Silvestre. Il retourna donc vers saint François, qui le reçut avec une grande charité, lui lavant les pieds, et lui préparant luimême son repas ; puis, quand le frère eut mangé, ii l'appela dans le bois, et là, se jetant à ses pieds, il baissa son capuchon, étendit les bras en croix et lui demanda : « Que veut de moi mon Seigneur Jésus-Christ ?» — « Voici,

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H FA a es = = = oO pa co ss = nd CO LA cs em

della Robbia)

émaillée d'Andrea

ré cuile

D RE et répondit Frère M Silvestre, à Sœur

ou des Frères de Péniten.

un et de l’autre sexe Pouvaient en

mn

des gens du château, qu'il laissa pleins de consolation et tout disposés à la pénitence, et il se rendit dans. un pays © situé entre Can-

naio et Bevagna.

Il cheminait

ainsi pleinde fer-

veur, quand, le-

vant les yeux, il

A vit, près de la

{1 route, des arbres

sur lesquels se trouvaitunemultitude d'oiseaux.

1 Cette vue le rem- {plit d'admira-

ER

\4 \ tion, et aussitôt il dit à ses compa-

gnons : « Attendez-moi ici, car il faut que j'aille IL] précher les oi-

seaux, mes petits frères. » Et, se dirigeant vers l'endroit où ils étaient posés,

RP Re PRESS PRESSE SPPPSS PET

faire partie, même dans l’état de mariage. On les reconnaissait à leur habit couleur de cendre et à la corde à plusieurs nœuds qui leur servait de ceinture. Saint François établit cet Ordre à Poggibonzi en 1221, et non pas au bourg de Camerio, comme le dit le P. Hélyot dans son Æistoire des Ordres religieux. Quelques-uns ont cru que la règle du Tiers-Ordre avait été composée par le pape Nicolas IV ; mais Wadding prouve clairement que saint François en est l’auteur, et saint Bonaventure le marque assez dans sa légende : Nicolas ne fit que la modifier un peu. Voyez Wadding in Regul. Tertiariorum. —S. Bonaventure, chap. IV. — P. Chalippe, liv. IV.

de saint francois d'Assise 53

il se mit à précher ceux qui se trouvaient à terre.

voix, les autres qui étaient encore sur les arbres, vinrent se réunir autour de lui et se tinrent immobiles durant tout e temps de sa prédication ; il avait même cessé de Parler qu’ils demeuraient encore, et ils ne se dispersèrent qu'après avoir reçu la bénédiction de leur prédicateur. Frère Massée disait à Frère Jacques de la Massa que saint François se Promenait parmi ces oiseaux, qu'il les caressait avec sa robe, et qu'aucun d'eux ne s'envolait, Or, voici à Peu près quelles furent les paroles cette circonstance :

devez à votre Créat oui,

À sa

de saint François en « Chers ciseaux, mes petits frères, vous eur une bien grande reconnaissance ; Partout et toujours vous devez lui rendre louanges. C'est à lui que vous devez la liberté de voler où il vous plaît ; c'est lui qui vous a revêtus d’un double vêtement ; c'est lui qui,

quelques-uns des vôtres P à lui que vous devez l'air que vous respirez. Et puis, Voyez encore, vous ne semez Pas, vous ne c'est Dieu qui vous nourrit ; c'est lui qui rivières et les fontaines Pour y étancher v.

à lui que vous devez les montagnes et les Vous retirez,

et triple dans l’arche de Noé, a réservé

our conserver votre race ; c'est

moissonnez pas, vous donne les otre soif; c'est vallées où vous et les arbres où vous posez vos nids. Vous ne savez ni filer ni coudre, et c’est encore donne le vêtement à vous et à vos petits. Votre Créateur vous aime donc beaucoup, puisqu'il vous comble de tant de bienfaits. Ah ! gardez-vous, mes petits frères, de vous montrer ingrats envers lui ; appliquez-vous, au contraire, à lui rendre le tribut Constant de vos louanges, »

Au moment où le Saint mencèrent à ouvrir le bec,

Dieu qui vous

parlait ainsi, les oiseaux comallongèrent le cou, étendirent

leurs petites ailes et inclinèrent respectueusement la tête jusqu’à terre, montrant ainsi, par toute leur attitude et le gazouillement qu'ils faisaient entendre, l'extrême plaisir que leur procuraient les paroles de leur prédicateur. Saint François, lui aussi, tressaillait de joie et s'émerveillait à la vue d’une si grande multitude d'oiseaux, de leur belle variété et de l'attention qu'ils prêtaient à ce qu'il leur disait ; et dans son ravissement, il s'épanchait en louanges devant son Créateur. Enfin, sa prédication terminée, il congédia les oiseaux, en faisant sur eux le signe de la croix, et aussitôt ils s'élevèrent dans les airs en faisant retentir des

chants merveilleux ; puis,

selon la direction de la croix formée sur eux par le Saint, ils se divisèrent en quatre parties, s'envolant les uns vers l'Orient, d’autres vers l'Occident, d’autres vers le Midi, et d'autres enfin vers le Nord. Ce prodige avait sa signification mystérieuse : de même que saint François, ce gonfalonier du Christ, avait prêché les oiseaux et fait sur eux le signe de la croix dans la direction des quatre parties du monde vers lesquelles ils s'étaient dirigés ; de même aussi, la prédication de la croix du Sauveur devait être renouvelée dans tout le monde par son ministère et par celui de ses frères

nocent et pur, fut reçu de saint François. I]

lever la nuit et Vaquer à la prière, Pendant que les frères dormiraient. Désirant s’édifier de la sainteté du Père, et

fiter de l'occasion pour Afin donc de Pouvoir se

Pour ne pas troubler Je sommeil dars le bois, entre dans une pauvre cellule et se met en Prière. Quelques Moments après, le frère se réveille ; sen-

il se lève sur-le-champ, court à sa recherche, et trouvant que la porte qui donnait sur le bois était ouverte, il comprend que c'est là que saint François s'est retiré, et il s'y dirige lui-même. Arrivé près de l'endroit où priait le Saint, il entend le bruit de plusieurs

voix qui s'entretiennent ; il écoute, regarde, et

voit une lumière étincelante qui

environne saint François, et, au

milieu de cette lumière, il aper-

çoit le Christ, la Vierge Marie,

saint Jean-Baptiste, saint Jean

l'Evangéliste et une multitude

d'Anges qui s'entretenaient

avec lui. À cette vue, et

au bruit de cette mysté- 5

rieuse conversation, il tombe évanoui. Cependant, lorsque la vision céleste eut disparu, le Saint, en retournant

he nm

de saint francois d'Assise 57

la vision miraculeuse, il lui défendit d'en parler jamais à Personne tant qu'il vivrait, Dès lors, le jeune frère fit de rapides progrès dans la grâce de Dieu ; sa vénération pour saint François s’accrut encore davantage, et il devint un des fervents religieux de son Ordre. Ce ne fut qu'après la mort du Saint qu'il fit part à ses compagnons de l'apparition que nous venons de rapporter.

saint François À Sain de cinq mille frères.

IE fidèle serviteur du Christ, saint F rançois, voulut tenir à Sainte-Marie-des- Anges un Chapitre général de son Ordre, et il y réunit plus de cinq

mille de ses frères (1). Saint Dominique, général et fondateur de l'Ordre des Frères Précheurs, qui se rendait alors

1, Ce Chapitre eut lieu en 1219, le jour de la Pentecôte, C’est une chose prodigieuse d'y voir assister cinq mille religieux, surtout quand on pense qu’il en était demeuré dans les Couvents, que l’Ordre n'avait que dix ans d’institution, et que les novices avaient toujours été reçus par l’instituteur, excepté depuis le Chapitre de l’année 1216, où il avait permis aux Ministres provinciaux d’en recevoir. Ce fait est néanmoins constant ; il est attesté par quatre Sompagnons de saint François qui y étaient présents, par saint Bonaventure, qui a vécu avec eux, et par beaucoup d’autres 3 et il n’y a point d'auteur moderne qui ne le rapporte comme avéré,

de Bourgogne à Rome, se détourna avec sept de ses religieux pour y assister ; et l'on y vit aussiun cardinal très dévoué à saint François et auquel ce bienheureux avait prédit qu'il serait pape (1). Ce prélat, qui avait quitté Pérouse, Où se trouvait alors la cour romaine, pour venir à Assise, visitait chaque jour le Chapitre. Il y chantait quelquefois ia messe, d'autres fois il y préchait, et c'était toujours pour lui un bonheur et une consolation de pouvoir se trouver au milieu de cette sainte assemblée, À la vue de ces frères assis dans la plaine autour du couvent de Sainte. Marie-des-Anges, et partagés par groupes de quarante, de quatre-vingts et de cent ; à la vue de ces hommes occupés à s'entretenir de Dieu, adonnés à la prière, aux larmes et aux exercices de la charité ; à la vue de cette réunion qui se tenait dans un si profond silence et dans une si grande modestie qu'on n'y entendait pas la moindre rumeur, le moindre mouvement qui pôt distraire ; à la vue d'une multitude si considérable et réglée par une discipline si exacte, il se sentait ravi d’admiration, et, versant des larmes, il s’écriait dans la ferveur de son Ame: « Oui, c'est vraiment ici que se trouve le camp et l’armée des chevaliers de Dieu. » Dans une si grande assemblée, on n'entendait pas un mot léger, pas une plaisanterie ; quelques frères se réunissaientils, c'était pour prier, réciter l'office, pleurer leurs péchés et ceux de leurs bienfaiteurs, et s’entretenir du salut des âmes.

PRPRTPPPPRRPPPPRPRFP PPS PPPPPPPPPPPPPITS

1. Le cardinal Ugolin, que le pape Honorius III avait donné pour protecteur à l'Ordre des Frères Mineurs sur la demande que lui en avait faite le saint Instituteur, d’après une révélation qu’il avait eue à ce sujet. Devenu pape, suivant la prédiction de saint François, Ugolin prit le nom de Grégoire IX,

et ce fut lui qui canonisa à Assise même celui dont il avait été et le protecteur.et l'ami.

de saint francois d'Assise 59 ——— 7" 0 :

Toute la plaine

, Selon les diverses frères qui les habi-

tance qui fit donner au chapitre le nom de Chapitre des Claies Ou des Nattes, La terre

nue servait de lit aux frères, quelques-uns seulement pre-

naient un peu de Paille ; une Pierre où un morceau de bois leur tenait lieu d'oreille:

moins ou qui en entendaient parler ; des religieux se répandi où se tenait alors la cou

le bruit de la sainteté Hi tsi Promptement, que de Pérouse, r du pape, et des autres contrées

n si nombreuse, si sainte, humilité qu'elle présentait, jamais le monde n'en avait ‘curait surtout pour voir le chef

» Tassemblé un troupeau s: s:

ment composé, pour le fair,

1 j e marcher à la suite de Jésus- FETES Christ, le vrai pasteur.

Le Chapitre général un Père et le Ministre, expliquer la parole Saint lui inspirait.

son discours :

choses,

e fois réuni, saint François, le dans la ferveur qui l’animait, se mit à de Dieu et à précher ce que l'Esprit.

Voici les paroles qui firent le sujet de «Nous avons promis À Dieu de grandes mais il nous en a Promis de plus grandes encore :

gardons les unes, soupirons après les autres, Le plaisir est court, la peine est éternelle: les souffrances sont légères et la gloire infinie.» Ces paroles, qu'il développait avec ferveur, excitaient les frères à l'obéissance

et les y confirmaient. Elles les portaient

n h au respect pour la sainte Eglise leur

mère, à la charité fraternelle, à la prière

pour tous

É cheurs,à la patien-

- les affic-

KA tions, à la # 9 modéra- [27 2 tion dans

rité, à la

É modestie,

à la chasteté, à la paix et à la concorde

avec Dieu, avec le prochain et avec sa

propre conscience, enfin à l'amour et à l'observance de la sainte pauvreté. Saint François ajouta encore: « Par le mérite de la sainte obéissance, je vous ordonne, à vous tous qui êtes ici rassemblés, de n'avoir aucune sollicitude au sujet de votre subsistance et des autres besoins temporels ; appliquez-vous uniquement à prier et à louer Dieu, laissez-lui tout le soin de subvenir à vos nécessités corporelles, et soyez sans inquiétude, car ce bon Père a pour vous une sollicitude toute spéciale. » Cet ordre fut reçu de tous les frères, l’allégresse dans le cœur, la joie sur la figure; et

defsaint #rancots d'Assise

Quand saint François eut cessé de parler, tous se mirent en prière,

Cependant saint Domini Passait, s'étonnait beauco

Pouvait comprendre qu'une si grande multitude d'hommes Pôtêtre maintenue, sansqu'aucun d'eux s'occupât de ce qui était nécessaire à leur sub. sistance, Mais Je Premier pasteur, le Christ béni, voulant

d'Assise et des

PPorter ce qui était nécessaire à

l'entretien de cette sainte réunion, Bientôt l'on vit arriver deshommes conduisant des bêtes de Somme, deschevaux et

des chariots chargés de pain, de vin, de fèves, de fromages

Pouvaient avoir

humilité et respect.

À ce spectacle, Voyant que la Providence veillait d'une manière si spéciale et si manifeste sur ces saints religieux,

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62 Fioretti de saint francois d'Assise

« Oui véritablement, Dieu prend un soin tout particulier de ces saints pauvres, et je ne le savais pas; mais maintenant, moi aussi, je promets d'observer la sainte pauvreté de l'Evangile ; et, de la part de Dieu, je maudis tous les frères de mon Ordre qui prétendraient conserver quelque propriété.» Saint Dominique se retira donc fort édifié de la foi qui animait saint François, de l'esprit de pauvreté qu'il avait admiré dans une assemblée si nombreuse et si bien ordonnée, de la Providence divine qui se manifestait d'une manière si éclatante, et des bonnes œuvres qui se multipliaient avec tant de zèle.

Ce fut encore au temps ‘le ce Chapitre, que saint François connut, par révélation, qu’un grand nombre de frères portaient sur la chair des cilices et des cercles de fer, ce qui occasionnait une multitude d’infirmités qui mettaient la plupart d’entre eux dans l'impossibilité de vaquer à la prière, quand ils avaient assez de force pour ne pas succomber entièrement. Aussitôt, comme un père plein de discrétion, il ordonna, au nom de l’obéissance, à tous ceux qui portaient ces instruments de mortification de les retirer et deles déposer devant lui. Les frères obéirent, et l’on compta jusqu’à cinq cents cilices et un bien plus grand nombre encore de cercles de fer que l'on avait portés au bras ou ailleurs ; tout cela formait unénorme monceau. Saint François défendit aux frères d’en rien reprendre. Enfin, le Chapitre terminé, après les avoir affermis dans le bien, après leur avoir enseigné les moyens de se conserver sans péché, malgré la perversité du monde, il leur donna la bénédiction de Dieu et la sienne, et les renvoya dans leurs provinces tout remplis d’une sainte joie.

ré de Rieti, fut toute dépouit-

e saint François, le

is, Comment, enfin, Dieu révéla à saint 11 aurait le paradis en partage.

ANS un temps où saint François souffrait beau-

| Coup des yeux, le Cardinal Ugolin, protecteur

D} de l'Ordre, qui avait Pour lui la plus vive affec-

ir à Rieti, où se trouvaient des ocu-

listes de grande réputation. Le Saint obéit; mais avant de se rendre près du cardinal, il se mit d’abord en route pour Saint-Damien, où demeurait Ja très dévote épouse uelle il désirait Porter quel-

ses yeux et rôdaient continuellemen

eu lui envoyait

et, dans cette conviction,

Zœur, il rendait grâces à la bonté divine et

s'écriait: «Oh! oui, je ne suis que trop digne de ces tri. bulations, j'en mérite de bien plus grandes encore. Jésus. Christ, mon Sauveur, bon Pasteur dont la miséricorde

s'exerce jusque dans les angoisses et les peines temporelles que vous envoyez à des pécheurs tels que nous, oh! daignez m'accorder, à moi votre pauvre petite brebis, la grâce et le courage de ne jamais me séparer de vous, quelles que soient les infirmités, les tribulations et les douleur: que vous fassiez tomber sur moi.» Il priait ainsi, lorsqu'une voix du ciel se fit entendre et lui dit : « François, répondsmoi: si toute la terre se transformait en or, si les eaux des mers, des fontaines et des rivières se changeaient en baume ; si toutes les montagnes, les collines et les rochers devenaient autant de pierres précieuses ; si ensuite tu trouvais un autre trésor qui l'emportât autant sur tout cela que l'or l'emporte sur la terre, le baume sur l’eau, les pierres précieuses sur les montagnes et les rochers, et que ton infirmité te procurât ce magnifique trésor, ne serais-tu pas au comble du bonheur et de la joie ? » — « O Seigneur ! répondit saint François, je suis indigne de ce précieux trésor. » —«Réjouis-toi, François, reprit la voix divine, car c’est celui que je te réserve, c’est le trésor de la vie éternelle ; dès aujourd’hui, je t'en donne l'investiture, et ies infirmités et les afflictions que tu endures maintenant sont les arrhes qui t'en assurent la possession. » Dès que la voix eut cessé de se faire entendre, saint François, plein de joie d’une si glorieuse promesse, appela son compagnon et lui dit: . «Allons maintenant trouver le cardinal. » Puis, après avoir consolé sainte Claire par ses pieux entretiens, il prit humblement congé d’elle et partit pour Rieti.

Arrivé près de cette ville, il vit accourir à sa rencontre une grande multitude de peuple. Cette circonstance l’engagea à différer son entrée à Rieti, et il se retira dans une église qui se trouvait environ à deux milles de là. Dès que

de saint Francois d'Alssise 65

: eh les habitants de la ville Connurent le lieu de sa retraite, ils s’y précipitèrent avec tant d'empres

qui se trouvait près del

attrista fort le curé qui tit d’avoir reçu saint Fr.

eu révélation de ses senti.

ments, le fit appeler et lui dit: « Bon Père, combien cette vigne vous rend-elle de vin dans les meilleuresannées ? » — « Douze mesures, » répondit le curé, « Eh bien ! reprit le Saint, je vous en prie, Père, souffrez patiemment que je reste encore quelques jours dans cette église où je goûte un si doux repos ; pour l'amour de Dieu et de son petit pauvre, laissez encore à chacun la liberté de cueillir Vos raisins, et, je vous 2 Promets de la part de Jésus- Christ mon Seigneur, tr ‘es ans, désormais, votre vigne VOUS rapportera vingt mesures de vin. »

Or, saint François désirait prolonger son séjour en cet endroit, à cause des grands fruits qu'il voyait s’opérer dans les âmes de ceux qui accouraient vers lui, et dont un grand nombre se retiraient enivrés de l'amour de Dieu et avec la résolution de renoncer au monde. Le curé crut à la parole du Saint, et laissa ses raisins à la libre disposition

de ceux qui se rendaient vers lui. O miracle! la vigne fut entièrement ravagée, à peine quelques grappes furent-elles laissées, et cependant, quand vint le temps de la vendange, le curé recueillit ces grappes, les mit dans la cuve, les foula, et, selon la promesse de saint François, il en retira vingt mesures d’un excellent vin. Par ce prodige, Dieu donnait à entendre que, de même que la vigne dépouillée de ses raisins avait cependant rendu du vin en abondance, par les mérites de saint François, de même aussi, le peuple chrétien, frappé de stérilité par le néché, rapportait néanmoins les fruits de pénitence les pi. bondants et les plus précieux, par les mérites et les enseignements de ce grand Saint.

fhittamthstah etats

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