Chapitre TT. — De 1a magnifique vision qu’eut un jeune
frère qui avait tant d'horreur pour l'habit religieux qu'il était résolu de le quitter st de sortir de l'Ordre.
DIN jeune homme de grande famille, et nourri dans | la délicatesse, étant entré dans l'Ordre de saint | François, éprouva, au bout de quelques jours, et
à l'instigation du démon, une si forte aversion pour l'habit qu'il portait, qu'il lui semblait être revêtu du sac ie plus vil. Ilavait horreur des manches, il détestait le capuchon ; et puis, la longueur et la grossièreté de l'étoffe n’en faisaient pour lui qu’un accablant fardeau. Enfin, ce dégoût de l’habit religieux s’accrut tellement en lui, qu'il finit par se déterminer à le quitter et à rentrer dans le monde, Ce jeune frère, suivant l'avis qu’il en avait reçu du Maître des Novices, avait déjà pris l'habitude, toutes les fois qu'il
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Passait devant l'autel du couvent sur lequel reposait le corps de Jésus-Christ, de s’agenouiller ave un profond respect, de baisser son ca osterner les bras en croix. devait partir eut occasion
de passer de-
\ À 7 vant cet autel À) Pour la der-
nière fois, il
voulut encore
faire alors la
Prostration
d'usage; mais
voilà qu’en ce
moment il se
sent ravi en
extase, et
à Dieu lui fait
” Apparaîtreune
vision merveil-
leuse. I] aper-
Çoit devant lui
comme une
multitude in-
finie de saints
qui s’avançaient en procession, deux à deux, et couverts de vêtements de l’étoffe la Plus magnifique et la plus pré. cieuse; leurs figures et: leurs mains étaient brillantes comme le soleil, et ils marchaient en répétant des chants angéliques. Parmi eux, il en remarquait deux surtout plus majestueusement vétus: la clarté qui les environnait était
si éblouissante, qu'il demeurait tout frappé de stupeur en les considérant. Enfin, la marche était fermée par un saint qui paraissait encore nouveau chevalier dans la milice céleste, et qui cependant resplendissait d’une gloire qui semblait effacer celle des autres. Saisi d'étonnement et tout émerveillé en présence d’une vision si extraordinaire, le jeune frère cherchait vainement à s'expliquer ce que pouvait signifier cette mystérieuse procession : il n’osait interroger aucun de ceux qu'il voyait, et ilc 1eurait dans une admiration pleine de douceur. Cependant, voyant que tous les saints avaient déjà passé devant lui, il s'enhardit un peu, court vers les derniers, et tout tremblant encore : « O chers amis! s'écrie-t-il, je vous en prie, daignez me faire connaître quels sont les hommes merveilleux qui composent cette glorieuse cohorte. » — « Sache, mon fils, lui répondirent les saints, sache que nous sommes tous des Frères Mineurs sortis de la gloire du Paradis. » — « Mais quels sont ces deux frères qui resplendissent d’une clarté plus brillante que les a itres?» demanda encore le jeune religieux. —«Ce sont, lui fut-il répondu, saint François et saint Antoine ; et ce dernier que tu vois environné de tant d’honneurs, c’est un saint frère, mort tout récemment. Il a résisté vaillamment aux tentations, il a généreusement persévéré jusqu’à la fin ; et voici que nous le conduisons triomphant à la gloire des cieux. Ces magnifiques vêtements dont nous sommes couverts, c'est Dieu qui nous les a donnés en échange des grossières tuniques que nous avons portées patiemment lorsque nous étions en religion ; et la glorieuse clarté dont tu nous vois resplendissants, c'est encore Dieu qui nous l'accorde pour prix de l’humilité, de la patience, de la sainte pauvreté, de l’obéissance
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nstammert observées, O mon fils! qu'il ne te soit donc Pas pénible de revêtir Je sac de religion, puisqu'il procure des avantages si précieux, Conserve, Pour l'amour de Dieu, cet habit incommode de
saint François, méprise le monde, m bats avec
et de la chasteté que nous avons co
en présence du Gardien (Gi) et et supporta désormais avec joie les rigueurs de la pénitence et l'incommodité des vêtements. Enfin, il mourut dans l'Ordre en grande odeur de sainteté.