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Chapitre v. — comment Frère Egide vivait au travail de ses mains

IDÈLE, comme il le fut toujours, à la résolu-

tion qu'il avait prise à son entrée dans l'Ordre,

“| Frère Egide, lorsqu'il se trouvait conventuel à

ne voulait vivre que du travail de ses mains. Voici

le règlement qu'il s'était imposé. Le matin, il entendait

la messe avec dévotion, puis il s’en allait dans un bois qui

se trouve à huit milles de Rome, y faisait une ramée qu’il

rapportait sur ses épaules, et la vendait pour du pain ou d’autres aliments.

Un jour qu'il revenait ainsi chargé de bois, une femme lui acheta sa ramée et la lui fit porter à sa maison, après être convenue du prix. Voulant ensuite, en considération de son état, lui faire accepter plus qu’elle n'avait promis, le saint frère refusa: « Ma bonne dame, lui dit-il, je ne veux pas me laisser dominer par l'avarice, je ne consentirai à recevoir que le prix dont nous sommes convenus. Alors il prit la moitié de ce qui lui était offert et se retira, laissant la femme très-édifiée de sa modération.

Frère Egide avait toujours un grand soin de ne s’occuper qu’à des travaux où il pût observer les règles de la sainte modestie. Il aidait à cueillir les olives et à fouler le raisin, Un jour il rencontra un homme qui demandait à un passant de lui abattre ses noix, moyennant un salaire ; celui-ci s’en excusa sur la longueur de la route qui lui restait à parcourir et sur la difficulté qu'il éprouverait à monter sur le noyer. —«Mon ami, dit Frère

Egide au possesseur de l'arbre, si vous voulez me donner

Vie du bienbeureux frere Egide 277

une petite portion de vos noix, je consens à vous les abattre.» Ces conditions furent acceptées. Aicrs le bon frère fait le signe de la croix, grimpe sur l'aibre et se raet à faire tomber les noix, non sans trembier beaucoup cependant, car l'arbre était fort élevé. Lorsque tout fu: abattu, voyant que la part qui lui revenait était trop considérable pour qu'il pôt l'emporter dans le giron de 7sa

tunique, il la retire, lie les manches et le capuchon de manière à en faire comme un sac, puis il la remplit, la charge sur ses épaules, et plein de joie, il retourne à Rome, où il distribue tout aux Pauvres pour l'amour de Dieu. Au temps de la moisson, il allait aussi glaner avec les

Pauvres, et si on venait à lui offrir une javelle de blé, il remerciait en disant : « Mon frère, je n'ai pas de grenier

ele

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