‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 6 sur 75 · Voyez la note 4°, à la suite de cet ouvrage · texte numérisé non relu

Voyez la note 4°, à la suite de cet ouvrage

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flambeau de la foi que les ténèbres se dissipent et que le jour se fait.

Notre intention n'est pas de réfuter ici les paradoxes de l'incrédulité ; la quest‘on que nous nous proposons d’examiner n’est Pas non plus de savoir, en général, si les faits merveilleux sont possibles en eux-mêmes. Dieu peut-il faire un miracle? « Cette question sérieusement traitée, dit le Philosophe de Genève lui. même, serait impie si elle n'était absurde ; ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de 'e punir, il suffirait de l’enfermer (1). » La vois unanime et constante des Peuples pour reconnaître l'intervention immédiate de la Divinité dans }:s actions humaines prouve évidemment sa possibilité. D'ailleurs, le merveilleux de la vie des Saints a toujours passé pour indubitable dans l'Eglise. A chaque page, ses annales ré. clament la cre Jance aux miracles et à la communication réelle entre les êtres spirituels et l'homme. Quant aux frincipaux faits merveilleux qui se trouvent relatés, en particulier, dans les Æo. retti, il est impossible aux vrais catholiques de les révo-uer en doute, puisqu'ils sont consignés dans le procès de la canonisation de saint François, et que l'Eglise en a reconnu solennellement l'authenticité. Nous dirons Plus, un homme sage et sans préjugés ne saurait logiquement les réjeter sans tomber dans un scepticisme exagéré; car nous défions de citer une seule histoire des temps anciens qui soit composée par des hommes plus dignes de confiance, et confirmée par des témoignages plus nombreux et plus imposants (2). Mais, encore une fois, l'examen de ces questions générales n'est point ici notre but ; nous n’essaierons qu'une seule chose : donner la raison particulière de la vie de ssint François, montrer le dessein de Dieu sur lui, la mission à laquelle il le destinait Les Saints proposés à notre vénération n’ont obtenu le culte que nous leur rendons que par l'application qu'ils ont apportée, pendant leur vie, à se rendre conformes à Jésus-Christ, leur type primitif; c’est une vérité incontestable, Plus cette conformité s’est trouvée parfaite en eux, plus aussi leur gloire a jeté d'éclat, RS PR PPS PP 1. Lettres écrites de la Montagne, n. 104, 1793, Paris. 2. Voyez la préface de la Vie de saint François d'Assise du P. Chalippe.

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plus leur couronne immortelle a été précieuse. Mais, en étudiant attentivement la vie des plus grands Saints, on reconnaît bientôt que cet’: conformité avec le Sauveur s’est manifestée plus spécialement en un point, qui est comme le centre où se résument toutes les autres vertus. C'est ainsi que, dans ces derniers siècles, saint François de Sales fit paraître la douceur chrétienne avec tous ses charmes; et saint Vincent de Paul, la charité la plus ardente et la plus universelle, Les prétendus sages du monde s'imaginent avoir fait beauc sup quand, mesurant ces grands hommes à leurs misérables proportions, ils affirment avoir trouvé la raison de leurs prodiges dans leur caractère ou leur tempérament; mais Dieu, qui façonne toutes les natures comme il lui plaît, en juge bien autrement, et il sait bien que se: immuables desssins sur les élus sont la première raison des merveilles qu'ils opèrent. Saint François d'Assise avait donc, lui aussi, sa grande mission à remplir ; Dieu avait donc sur lui un dessein tout spécial. Or, cette mission, ce dessein, il n’est pas difficile de les découvrir : saint François fut certainement suscité de Dieu pour rendre sensible au monde le mystère de la Rédemption, le mystère de la Croix, en le reproduisant dans sa personne,

Le croix! voilà la lettre qui tue, selon l’énergique expression des livres saints; la croix! mais c’est là ce qui faisait le scandale des Juifs, et ce qui paraissait une folie aux Gentils. « N'importe, s’écriait le grand Apôtre, pour moi, à Dieu ne plaise que jamais je me glorifie, si ce n’est en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ!» Dieu nous garde, nous aussi, de dépouiller saint François d'Assise de ce caractère d’extravagance qui blesse le sens humain, de cette folie de la croix. En faire un sage selon le monde, ce serait lui ravir sa plus belle couronne, ce serait mentir à l’histoire, ce serait ignorer profondément l'esprit de l'Evangile dont ii fut le plus glorieux insensé. Aussi bien, pour. quoi donc aurait-il rougi de la croix, et pourquoi serions-nous assez lâches pour en rougir nous-mêmes? N'est-ce pas la croix,

. avec toute sa fclie, qui a sauvé le monde? Les hommes n'avaient pas voulu reconnaitre Dieu dans les œuvres de sa sagesse et Dieu, indigné contre la raison humaine, dit Bossuet (1), ne veut

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