CCXX1V
St. Alphonse de Liguori élu Protecteur du Diocèse de Montréal par son premier Pasteur Mgr. Jacques Lartigue — Déclaré Docteur de l'Église Universelle par le Pasteur Suprême N. S. P. le Pape Pie IX.
Circulaire 25 Juillet 1871.
Nous nous estimons vraiment très-heureux de vous adresser, avec la Présente, un Décret de N. S. P. le Pape qui sera pour vous comme pour tout l'Univers catholique le sujet d'une grande joie. Car il annonce qu'à la demande de presque tous les Evêques du monde, il a placé St. Alphonse-Marie de Liguori parmi les Docteurs de l'Eglise.
Pour notre part, personne n'ignore que ce Diocèse soit, depuis son établisssment, particulièremant dévoué à ce grand Saint et dirigé d'après les maximes sanctifiantes qu'il a enseignées dans les écrits sans nombre dont il a doté l'Eglise.
Et, en effet, dès le T2 Mars 1839, notre illustre et vénéré Prédécesseur, qui a fondé PEpiscopat de Montréal, singulièrement touché de F activité avec laquelle ce Bienhettreux Evêgue de St. Agathe s'était employé durant sa lo?ig?ee vie a la sanctification du Clergé et au salut des âmes, nous le proposait pour modèle et pour protecteur, en introduisant sa fête dans son nouveau Dioeèse, en vertu d'un Induit Apostolique.
Depuis que, malgré notre indignité, Nous sommes chargé de ce diocèse, Nous n'avons cessé d'inspirer à tous la dévotion à ce grand Saint et de recommander la lecture de ses savants et pieux ouvrages comme renfermant des règles certaines pour établir parmi nous l'uniformité de conduite qui assure le succès de toutes les entreprises, et concilie le respect dû aux ouvriers qui travaillent dans la vigne du Seigneur.
Or, voici que le Décret dont vous allez entendre la lecture vient consacrer et authentiquer tout ce qui s'est pratiqué parmi nous, pour mettre en honneur et la personne et les écrits de St. Alphonse, en y apposant le sceau de l'Autorité Apostolique et en nous confirmant dans le respect dont nous avons toujours fait profession pour la doctrine qu'il nous a enseignée.
Prêtre depuis sept fois sept ans — Mémorial de St. André.
Mandement, 30 Nov. 1871.
Qu'il Nous soit permis de vous dire dans un épanchement de famille, qu'il y a aujourd'hui quarante-neuf ans que l'Eglise, par les mains de Notre vénéré Prédécesseur, Nous a, malgré Notre indignité, admis au rang de ses prêtres et constitué ministre de l'auguste Mystère Eucharistique. Voilà donc quarante-neuf ans que Nous montons à l'Autel et que Nous pouvons dire avec St. André, dont nous faisons aujourd'hui la fête, que Nous immolons chaque jour, au Saint Autel, l'Agneau sans tache.. Immolo quotidie immaculatum Agnum in altari.
C'est là, Nous aimous à vous le dire, que Nous avons trouvé notre force et notre consolation, pour porter les croix qu'il a plu au Seigneur de nous envoyer. Hélas ! il s'en faut que nous les avions aimées et désirées, ces croix, comme ce grand Apôtre qui tressaillit de joie à la vue d^ la croix qui lui était préparée, qui y demeura suspendu pendant deux jours, qui prêcha sans relâche Jésus crucifié, qui parut aux yeux du peuple, tout environné d'une lumière céleste qui disparut, quand il expira, " Circumdatus maguo splendore de cœlo, abscedente postmodum lumine, emisit spiritum." (Mart. Rom.)
Loué donc et remercié soit a jamais le Très-Saint et Divin Sacrement de l'Autel.
Les plaies de Jésus-Christ, et les plaies des sociétés modernes.
Amende Honorable des Quarante Heures, 1871-1872.
" Appliquez, O charitable médecin, vos plaies sacrées sur les plaies hideuses des sociétés humaines, pour les guérir et les régénérer. " Acceptez les prières que nous vous adressons à cette intention. Que la plaie de votre main droite les guérisse de la plaie mortelle de Vlm- " piété. Que la plaie de votre main gauche'îes guérisse du Cèsarisme. Que la plaie de votre pied droit les guérisse du Rationalisme. Que «' la plaie de votre pied gauche les guérisse de V Indiffèreiitisme. Enfin, que la plaie de votre côté percé d'une lance, guérisse les maux "épouvantables que causent les Sociétés secrètes. Nous les baisons avec dévotion, ces plaies sacrées, et nous en recueillons précieusement " le sang divin et l'eau salutaire, qui en jaillissent pour nous laver et nous nourrir.
" Daignez apporter ainsi remède aux maux qui nous accablent, par l'intervention de Marie, votre glorieuse et immaculée Mère, et " celle du Bienheureux Joseph, solennellement proclamé par votre Vicaire, Patron de l'Eglise Universelle que vous aimez si ardemment et 1 ' pour laquelle vous vous êtes livré à la mort la plus cruelle. Ainsi soit-il."
L'Ecole Ultramontaine.
Circulaire du 19 Mars, 1872.
C'est un bonheur pour moi de voir se former une Ecole qui s'attache cordialement aux enseignements du St. Siège ; qui approuve tout ce que le Pape approuve, et qui condamne tout ce que le Pape condamne ; qui, en conséquence, rejette le Libéralisme, le PhUosophisme, le Cèsarisme, le Rationalisme, l'Indifférentisme et toutes les autres monstrueuses erreurs qui, comme des serpents venimeux, se glissent dans tous les rangs de la société. Cette École se fait gloire de suivre en tous points l'enseignement de l'Eglise, et ses membres prouvent par les faits qu'ils-sont vraiment sincères .
Cstte Ecole se compose déjà d'un bon nombre de catholiques marquants par leur position dans les divers rangs de la société et surtout de jeunes gens ardents et dévoués. Parmi ces derniers, Nous sommes heureux de compter plusieurs de nos Zouaves, qui consacrent leurs plumes à la défense du St. Siège, ne pouvant plus faire servir leurs épiées à la garde de la Ville Sainte Ces hommes de dévouement sont en butte à beaucoup de contradictions ; mais les sacrifices ne leur coûtent pas, dès qu'il s'agit de la bonne cause.
Ils appartiennent à de bonnes familles ; et ils peuvent, par leurs ta'ents et leurs connaissances, paraître avec avantage dans les salons, briller dans les cercles littéraires et se frayer la route avec honneur aux charges qui, dans tout pays, n'appartiennent qu'aux citoyens importants. Dans quelques années, leur nombre, il faut l'espérer, aura augmenté ; et, Dieu aidant, ils se trouveront disséminés dans la Législature, la Magistrature et autres situations importantes. ^
Ils n'oublieront jamais, j'en ai la conviction, les bons principes de l'Ecole à laquelle ils se font gloire d'appartenir. Ils en feront profession hautement et hardiment, chaque fois que l'occasion s'en présentera.
Alors, la voix de l'Eglise, qui se sera fait entendre dans les Chaires de vérité, trouvera des échos fidMes dans les enceintes Parlementaires, dans les Tribunaux judiciaires, dans les Opinions légales du Barreau, dans les Tribunes des Orateurs et Lectureurs dans les salons et dans les maisons d'éducation, partout enfin où l'on s'occupe de choses sérieuses. Il est évident que ce sont là des moyens efficaces pour infiltrer insensiblement, et par degré, les saines doctrines dans toutes les classes de la société.
Cette Ecole, quoique jeune encore, a déjà évidemment produit d'excellents fruits. On peut aisément s'en convaincre par les bons journaux qui font une guerre implacable aux mauvais principes, par les jugements des Cours civiles qui respectent l'autorité de l'Eglise ; par les Revues scientifiques et légales qui s'attachent à faire prévaloir les enseignements chrétiens contre les- interprétations erronées données à nos lois par des hommes hostiles à la Religion, par les savants plaidoyers qui ont fait triompher les vrais droits de l'Eglise, que le Césarismê voudrait fouler aux pieds, par les écrits de tout genre que l'amour de la vérité a inspirés aux hommes de bonne volonté. Aussi s'est-il opéré un heureux renouvellement dans l'esprit public.
Il est facile de conclure de tout cela que l'on peut, avec cette bonne Ecole, compter sur un avenir consolant pour la Religion, dans notre cher Canada, parce qu'en y propageant les saines doctrines, on er. éloignera les calamités qui bouleversent aujourd'hui les vieilles sociétés européennes. Hélas ! Ces sociétés tombent en lambeaux parce qu'elles ont méconnu les vrais principes qui pouvaient seuls leur conserver la vie.
CCXXVIII Le Sacré Pallium des Archevêques,
Circulaire, 3 Mai. 1872.
Le Pallium est le symbole de l'unité catholique qui attache les Pasteurs au Siège- Apostolique, qui leur communique la vigueur, le mouvement et la vie qui font la force divine qui soutient l'Eglise dans les terribles combats que lui livrent sans cesse les portes de l'enfer et les puissances de la terre. " Symbolum unitatis et cum Apostolica Sede communionis perfecta tessera."
Dans la cérémonie de l'imposition du Pallium, l'Archevêque humblement prosterné aux pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ, promet, sous serment, en présence des Evêques, du Clergé et des Fidèles, de défendre par tous les moyens en son pouvoir, les droits du Saint- Siège et l'autorité du Souverain-Pontife.
Le Journal-Modèle
Circulaire, 10 Mai 1872.
Le bon journal est nécessairement conservateur des principes et il a mission pour les propager. Il retient le peuple dans la fidélité qu'il doit au gouvernement ; mais il avertit le gouvernement des dangers qu'il court en ne rendant pas justice au peuple. Il maintient la paix dans les classes ouvrières, mais il prémunit les riches et les patrons contre les suites désastreuses des grèves, afin qu'ils prennent à temps de sages mesures pour les prévenir. Il fait comprendre aux pauvres que le Communisme est une erreur désastreuse et une injustice flagrante ; mais il enseigne aux riches a prendre des moyens efficaces pour empêcher le Paupérisme, qui est la plaie hideuse qui dévore les nations qne secouent le joug de la Foi.
Le bon journal entre dans toutes les familles, se lit à tous les foyers, pénètre dans tous les salons. Il instruit, il donne de bonnes nouvelles, il amuse et donne moyen de passer agréablement les moments libres que laissent le travail et les affaires. Il discute et fait connaître les vrais intérêts spirituels et matériels du peuple. Il suggère des améliorations à faire pour développer le pays. Il signale les hommes qui se dévouent à ses progrès et à sa prospérité, Enfin, il fait en sorte que le peuple n'ignore rien de ce qui peut l'intéresser et de ce qui réellement peut contribuer à en faire un peuple bon, moral, paisible, industrieux et vraiment capable de faire ses affaires particulières et de choisir des hommes assez habiles pour conduire à bonne fin ses affaires publiques.