‹ Fioretti vescovili ouChapitre 15 sur 19 · CXC1X · texte numérisé non relu

CXC1X

De la corruption Électorale.

Circulaire, aux Confesseurs, 1 Mars 1868.

Les élections qui se font par la corruption sont de leur nature immorales et la cause de beaucoup de parjures. Ceux donc qui vendent etrachètent les suffrages dans ces élections, doivent être traités comme prévaricateurs des lois divines et humaines, qui intéressent à un haut dégré le bien public et la morale. En obligeant ceux qui ont vendu leur voix à donner aux pauvres l'argent qu'ils ont reçu, cette pénitence sacramentelle serait salutaire pour beaucoup en les prémunissant contre le danger d'en faire autant à la première élection.

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Retraite des Prisonniers — Refuge pour les Prisonnières au sortir oe Prison,

Annonce du 22 Mars 1868. ,

Dimanche dernier, nous faisions la clôture d' une Retraite donnée à la Prison pour préparer les pauvres prisonniers à remplir leur devoir pascal.

La Prison, pendant cette Retraite, présentait le spectacle d'une maison religieuse. Les temps libres, entre les exercices publics, étaient consacrés à l'enseignement des vérités éternelles, à la préparation à la confession, à la revue des tristes années de la vie passée, aux soupirs et aux gémissements de la pénitence, au chant de quelques pieux cantiques, an jeûne et à des privations dont on aurait pas cru capables ces pauvres prisonniers.

Tous ces saints exercices avaient pris la place des jurements, des blasphèmes, des imprécations, des injures, des querelles, des emportements, des paroles déshonnêtes, des chansons lascives, et autres grands désordres qui font d'ordinaire, de la prison, une maison de scandale et de démoralisation. Le saint nom de Dieu était donc béni où il est si horriblement profané.

Mais une pensée pénible Nous préoccupait et jetait nécessairement un certain trouble dans notre âme ; c'était un sentiment de crainte, par rapport à la persévérance de ces infortunés pécheurs, revenus à Dieu et résolus de le mieux servir. Le danger, pour le plus grand nombre, de retomber dans les mêmes excès, qui leur ont mérité ce grand châtiment, se trouve à la porte même de la prison, quand ils en sortent. On les redoute tout naturellement dans les bonnes familles, parce que l'on craint, avec raison, qu'ils ne soient contagieux aux enfants et aux serviteurs. Comme ils ne trouvent aucune main secourable, qui les aide à se réhabiliter dans l'opinion des honnêtes gens, ils sont grandement exposés à se livrer, comme auparavant, au vol et aux excès de l'intempérance, dans les mauvaises auberges qui sont les repaires ordinaires de ces pilliers de prison. Cependant, ces pauvres malheureux ne peuvent pas être abandonnés.

A l'heure qu'il est, comme vous le savez tous, la charité ouvre aux hommes de cette espèce un Asile assuré dans l'hospice de St. Antoine, qui s'est élevé au milieu de nous comme par enchantement.

Il ne vous reste donc plus, N. T.-C. F., qu'à penser aux pauvres femmes et filles qui, en sortant de la prison, se voient réduites à traîner les rues, à courir les champs, et à coucher en plein air, même dans une saison rigoureuse. Ce puissant besoin de ces êtres infortunés ne pouvait échapper à Notre sollicitude pastorale.

Après avoir épanché Notre cœur dans celui du Bon Pasteur, source intarissable de toutes grâces, Nous recommandâmes cette œuvre de miséricorde corporelle et spirituelle d'une manière spéciale au zèle et à la compassion des Dames et Demoiselles, qui s'enrôlaient sous l'étendard de la bienheureuse Vierge, sous le titre de Marianistes pour le soin des pauvres.

Cet appel a été vivement compris et l'on s'est mis à l'œuvre pour porter un prompt secours à ces pauvres prisonniers au sortir de la prison. Aujourd'hui, c'est à vous tous, N. T.-C. F., que Nous faisons appel parce que vous êtes tous spécialement intéressés au salut de ces âmes délaissées et qu'en y contribuant selon vos moyens, vous travaillerez efficacement à votre propre salut, puisque, selon la parole de l'Apôtre St. Jacques, celui qui sauve l'âme du prochain se sauve lui-même.

L'Église et l'État.

Lettre Pastorale, 31 Mai 1868.

Il circule parmi nous, N. T.-C. F., certaines sentences qui passent pour des maximes, c'est-à-dire, pour des vérités que l'on ne conteste pas. Ainsi, à nos j eux, le vrai patriote est un sincère catholique. La Religion inspire l'amour de la Patrie, et la Patrie fait aimer la Religion. La Religion et la Patrie sont inséparables. La Religion veille à la garde de la Patrie, et la Patrie se dévoue à la conservation de la Religion. Point de Religion, point de Patrie. Point de Patrie, point de Religion. Sans la Religion, les intérêts nationaux sont sacrifiés ; et sans la Patrie, les intérêts religieux sont oubliés et mis de côté. Le Prêtre a besoin du Citoyen, et le Citoyen a besoin du Prêtre. Ce sont là comme deux corrélatifs dont l'un ne va pas sans l'autre, ou deux membres d'un même corps. Ces sentiments s'échappent par tous les pores de notre corps social ; et partout où la Religion et la Patrie ne sont pas en parfaite harmonie, il y a désordre et confusion.

Aussi repousse-t-on avec horreur tout ce qui tend à séparer la Patrie de la Religion ; parce que l'on comprend intimement que si la Patrie est le corps, la Religion est l'âme de notre société : et que si l'on sépare l'âme du corps, l'on n'a plus qu'un cadavre.

De même a-t-on un souverain dédain des écrits et discours qui tendent à briser les liens qui unissent si étroitement la Religion et la Patiie. En conséquence, tout journal qui montre cette nouvelle tendance, est redouté des gens de bien comme un serpent venimeux, et impitoyablement renvoyé du foyer domestique, qu'il ne manquerait pàs d'infecter de son horrible venin.

Il est évident que c'est la Religion, et la Religion seule, qui produit la vraie Nationalité. C'est elle qui supplie les Saints qui sont au ciel de vouloir bien en être les protecteurs. C'est elle qui charge ses ministres, qui sont sur la terre, de l'entretenir par leur prière, leur parole, leur exemple, afin que ce feu, descendu du ciel pour embraser le monde entier, ne s'éteigne jamais pour le malheur des peuples. Aussi, est-ce, N. T.-C. F., avec un souverain bonheur que nous voyons dans nos fêtes patriotiques, régner la plus douce harmonie entre le ciel et la terre, entre les pasteurs et les brebis, entre les riches et les pauvres, enfin entre toutes les classes de la société.

La Nationalité Canadienne s'affirmant a travers l'Europe et bénie par le Pape dans

la personne des Zouaves.

Lettre Pastorale, 31 Mai 1868.

Notre belle et joyeuse fête nationale, la St. Jean-Baptiste, réveille chaque année, des émotions douces et fortes qui se perpétuent de génération en génération, en se reproduisant sous différentes formes et en recourant à divers moyens pour se manifester. Ainsi, aux feux de joie usités chez nos pères, ont succédé les magnifiques processions, qui aujourd'hui se déploient dans nos villes et nos campagnes. Chacune de ces fêtes, chacune de ces démonstrations, comme on le sait, fait ses impressions, pour conserver notre religieuse nationalité. On aime la religion qui donne un si puissant protecteur à la nationalité, et on s'attache à la nationalité en la voyant croître à l'ombre du sanctuaire sous la protection du plus grand des enfants des hommes.

Cette religieuse nationalité, dont nous sommes justement si fiers et si heureux, nous la voyons aujourd'hui, avec bonheur, se manifester d'une manière encore plus éclatante, en paraissant sur un plus grand théâtre. Et, en effet, elle a été arborée dans la glorieuse bannière de nos zouaves, qui, d'un côté, représente la religion, sous l'effigie de l'étendard pontifical, et de l'autre la patrie, sous l'emblème du blason canadien.

Cette bannière, à laquelle se sont attachées nos plus vives sympathies, a révélé bien éloquemment à l'étranger nos religieux adages, et a montré à la vieille Europe étonnée ce qu'est encore le*jeune peuple canadien qui, il y a deux siècles, a sucé au sein de sa mère l'amour de la religion et de la patrie, et qui a conservé le teint frais et vermeil que donne à un enfant bien constitué un lait pur et délicieux.

Cette bannière, type frappant de notre nationalité, a été saluée, honorée, respectée sur terre et sur mer. Sa religieuse légende : Aime Dieu etvatonçhèmin /a frappé et saisi ceux qui l'oilt lue. Le bataillon de l'élite de la jeunesse canadienne quia marché sons cette bannière nationale, a fait u e réputation au Canada, qui produisait de si beaux et de si nobles jeunes gens.

Escortée de ces dévoués enfants de la patrie, notre nationalité a rappelé à notre première mère-patrie ses vieux souvenirs et ses mœurs patriarcales. Elle a pu voir, dans nos jeunes gens, ce qu'étaient nos pères, quand elle les envoya établir la Nouvelle- France, c'est-à-dire des hommes dévoués à la religion et à la patrie.

Cette nationalité, après une marche triomphale sur terre et sur mer, a été acclamée par tout ce qu'il y a de plus grand à son entrée dans la Ville Eternelle. Elle s'est même associée au drapeau Pontifical qui, par un honneur insigne et une distinction sans pareille, est allé au devant de la bannière canadienne, comme pour lui souhaiter la bienvenue et en relever l'éclat. C'était donc la Religion et la Patrie qui s'unissaient sous ces deux étendards et qui marchaient de pair dans ce moment à jamais mémorable.

Enfin, cette nationalité a reçu de magnifiques éloges de la bouche même du Vicaire de Jésus-Christ. 11 a, ce bon Père, reçu à bras ouverts, béni et caressé ces chers enfants que lui a adressés notre Patrie pour l'aider à défendre la Religion en soutenant le patrimoine de St. Pierre. En les bénissant, il n'a pas manqué de bénir aussi cette patrie dont il a si hautement apprécié le dévouement.

Acclamation du Concile Provincial de Québec en l'honneur des soldats du Pape.

Lettre Pastorale, 31 Mai 1868.

Nos chers soldats Pontificaux ont mérité l'attention spéciale du Concile qui vient de se terminer à Québec, et ont été jugés dignes de cette belle Acclamation ; " A tous les défenseurs, s'écriaient avec enthousiasme les Evêques et les Prêtres, avant de se séparer, à tous les défenseurs du Pontife Romain et des Etats temporels de l'Eglise, et surtout à nos braves et pieux soldats volontaires qui ont volé à Rome, pour combattre contre les ennemis du St. Siège, succès en toutes choses, victoire dans tous les combats, joie constante de l'âme, santé du corps et heureux retour dans la patrie, après les triomphes de'la plus glorieuse victoire. Qu'il en soit ainsi ! Qu'il en soit ainsi ! Qn'il en soit ainsi !"

Omnibus Romani Pontificis et Ecclesi^e temporalium Statuum Defensoribus, pr^esertim vero strenuis piisque

VOLUNTARIIS MILITIBUS NOSTRIS, QUI RûMAM AD PUGNANDUM CONTRA SANCT^E SeDIS INIMICOS CURRERUNT, GRATIARUM ACTIO, UBIQUE SUCCESSUS, UBIQUE VICTORIA, CONSTANS ANIMI JÙCUNDITAS CORPORISQUE VALETUDO, ET POST GLORIOSISSIM^E VICTORIA TRIUMPHOS

felix iter ad patriam.

Fiat ! Fiat ! Fiat !

Du Luxe dans la toilette des femmes — "Enfants de Marie."

. Circulaire aux Institutrices Religieuses, 25 Août 1868.

Ma fille, Il est question d'entreprendre, cette année, une croisade contre le luxe, en général, et contre les coiffures malséantes dont font usage, dans les Églises, certaines personnes du sexe.

Il s'agit de se mettre tout de bon à l'œuvre, au commencement de la présente année scolaire. Car l'on s'attend que les élèves des Couvents vont donner l'exemple d'une exacte modestie en tous lieux, et surtout dans les Églises, quand il leur faudra y assister aux saints Offices et y recevoir les Sacrements.

Ainsi, le costume adopté par les Couvents devra a peu près servir de règle à toutes les personnes séculières qui voudront se conformer aux recommandations de N. S. P. le Pape, publiées sur ce sujet, il y a quelques mois, par son Vicaire Général, le Cardinal Patrizzi. Voilà pourquoi ce costume doit être acceptable, en tous lieux et dans toutes sortes de conditions. Il serait donc important qu'il y eût là-dessus entente entre toutes les Communautés enseignantes, et que les Supérieures et Maitresses de pensionnat se réunissent quelque part, à cette fin.

On pourrait profiter de cette réunion, pour s'entendre sur plusieurs autres points importants, par exemple, sur les moyens à prendre pour bien diriger les Congrégations établies dans les villes et les paroisses, les Eiifa7its de Marie, et autres associations pieuses et charitables, qui sont d'un merveilleux secours pour aider les jeunes personnes à conserver leur innocence dans le inonde, dans l'âge le plus critique de la vie.

Annonce du Concile Œcuménique du Vatican.

Circulaire, 8 Décembre 1868.

Un Concile œcuménique, le dix-neuvième de l'Eglise universelle, le cinquième convoqué à Rome, le premier qui se réunisse à St. Pierre du Vatican, après 304 ans de silence gardé par cette Voix infaillible, nous est donc enfin annoncé, dans le igième siècle, par le 2S7me Pape, le grand et immortel Pie IX. Ces circonstances sont saisissantes, et elles n'échapperont pas, comme beaucoup d'autres, à votre sérieuse attention.

C'est un événement inouï qui étonne tout le monde, réjouit les bons et consterne les méchants. La Bulle Pontificale, qui annonce à l'Eglise cette joyeuse nouvelle, est la voix apostolique qui fait connaître que le ciel est touché des douleurs de la terre, et qu'il va envoyer son divin secours à l'Eglise qu'agitent depuis si longtemps d'affreuses et horribles tempêtes. On sent, en effet, depuis qu'ell e a été publiée à Rome, que quelque chose de grand se prépare.

Cette Lettre Apostolique se présente au monde, scellée du sceau divin qui constate son autorité infaillible. Elle s'explique elle-même et, tout en signa'ant à la société humaine les maux qui la ronge, elle lui indique les remèdes à prendre pour se guérir. La société les trouvera, si e"e le veut, dans le Concile qui lui est indiqué.

Je dois l'avouer, dans la simplicité de mon âme, la seule pensée du Concile me fait sentir le besoin de travailler plus sérieusement à me réformer moi-même pour être plus fervent à l'oraison, à la messe, au bréviaire et dans tous les exercices religieux, et' plus fidèle à me corriger de mes innombrables défauts. Comme aussi je sens plus intimement la stricte obligation de travailler à corriger les désordres et les abus que je vois autour de moi.

C'est ainsi que la pensée du Concile nous fait rentrer en nous-mêmes et nous excite à faire, chez nous d'abord, et chez les autres ensuite, les salutaires réformes qu'il y aura à opérer dans le clergé, les ordres religieux et chez les laïques, pour obéir aux décrets du futur Concile.

. CCVI ' -

Qu'est-ce qu'une Bulle Pontificale?

Mandement, 8 Die. 1868.

Une Bulle Pontificale est une Lettre que le Souverain Pontife écrit, sous l'inspiration du Saint-Esprit, pour donner à l'Eglise, du haut de la Chaire Apostolique, avec une autorité infaillible, quelqu'instruction concernant la foi ou le règlement des mœurs.

Une Bulle s'appelle aussi Lettre Apostoliqite, parce que le Pape, qui est assis sur le siège qu'a occupé le Prince des Apôtres, y parle au nom du Bienheureux Pierre qui y vit et y préside, dans son propre siège et do?me la vérité a cetix qui la cherchent. Qui in propria sede vivit et preesidet, et prœstat quœrentibns veritatem (S. Pétri Chrysol. Epist. ad Eutych).

Lorsque le Pape a fait entendre sa Voix Pastorale à toute l'Eglise, en lui adressant une Bulle pour définir quelque vérité, toute question ou controverse, pour les pasteurs comme pour les simples fidèles, est terminée. Roma locuta est ; causa finita est (S.. Aug.), pareequ'il est, tout; aussi bien que St. Pierre, dont il est le successeur, la pierre et la base de P Eglise Catholique, et le fondement de la vraie foi. " Petxa et crepido Catholicœ Ecclesice, et rectœ Jideifnndameniunt " (Conc. Cal.).

La voix qui se fait entendre, dans une Bulle Pontificale, est donc celle de Pierre, pour qui Notre Seigneur a prié, afin que sa foi ne puisse jamais faillir, et que la religion chrétienne repose toujours sur un fondement inébranlable. " In qua est intégra et vera christianae religionis perfecta soliditas." (Formul. Hormisd. Orientalibus). C'est donc de tout cœur que les pasteurs, comme les fidèles, s'attachent à une Bulle Pontificale, comme à une règle de foi et de discipline universelle. " Toto corde adhasremus omnibus, et singulis apostolicis constitutior'bus dogmaticis, uti et illis qua? universalem ecclesise disciplinam respiciunt " (I. Decretum I. Con. Prov. Québ.).

cevii

Qu'est-ce qu'un Concile Général ou Œcuménique?

Mandement, S Dec. 1868.

Avant de répondre à cette question, nous devons observer, N. T.-C. F., pour plus grande précision, qu'un Concile Provincial est la réunion des Evêques d'une province, sous leur Archevêque ou Métropolitain, et qu'un Concile National est celle des Evêques de toute une nation sous un Primat ; mais un Concile Général ou Œcuménique est là réuuion de tous les Evêques du monde sous le Pontife Romain. Les Evêques de ce Concile sont le corps ; le Pape en est la tête. Ce corps étant vivant, et ne pouvant mourir, il n'est jamais arrivé et il n'arrivera jamais que la majorité des Evêques soit séparée du Pape, dans les Décrets qui concernent la Foi et les mœurs, et tout ce qui intéresse le bien général de l'Eglise.

Le Pape est supérieur au Concile, puisqu'il est le chef. C'est en cette qualité qu'il le convoque et qu'il le gouverne en lui donnant le mouvement et la vie. En conséquence, tous les décrets des Conciles sont soumis à l'approbation du Saint Père, sans laquelle ils n'auraient aucune autorité et n'imposeraient aucune obligation. Chaque Evêque est Juge ; mais son jugement n'est infaillible que lorsqu'il est uni à celui de la majorité des autres Evêques, au lieu que le jugement du Pape, quand il parle à toute l'Eglise, pour lui enseigner les vérités révélées de Dieu, est infaillible par lui-même. Il n'en est pas moins vrai cependant, qu'il ne soit très important pour le plus grand bien de l'Eglise, de convoquer le Concile Général. C est ce que reconnaît hautement Notre Saint-Père le Pape, dans la Bulle, qui convoque le prochain Concile.

QUFLT.E EST [/AUTORITÉ DES EvÊQUES. ? :

Mandement, 8 Dec. 1868.

Les Evêques, en tout temps, mais surtout lorsqu'ils sont réunis en Concile Général, usent de l'autor'té qu'ils tiennent de Notre Seigneur pour la conservation du dépôt sacré de la foi et le bon règlement de la vie des chrétiens. " Enseignez," leur dit ce divin Fondateur de

la Religion, comme aux Apôtres, " enseignez toutes les nations leur apprenant à garder tout ce que je vous ai demandé." (Math., 28,

19, 20.) Chargés par le Seigneur du soin de gouverner l'Eglise {Posuit Episcopos regere Ecclesiam Dei, (Act, 20, 38), ils recherchent les erreurs et les condamnent ; ils font des lois qui dirigent les âmes dans les voies du salut et imposent des peines à ceux qui les violent. Ecclesiœ ej7is competit violatores leg-am snarum pœnis temporalibus coercendi. (Enc, 6 Déc, 1864.) Ces lois obligent tous les chrétiens, même ceux qui sont à la tête des gouvernements civils. . Omnis anima potestatibus subiimioribîis subdita sit. (Rom., 13, 1.) Car, la puissance de l'Eglise étant celle de Dieu même, il est nécessaire de reconnaître qu'elle est cette puissance supérieure à laquelle, selon l'Apôtre, toutes autres puissances doivent être soumises. Voilà là-dessus les principes que chacun doit bien connaître, pour se mieux pénétrer de l'autorité du Concile Œcuménique. C'est N. S. P. le Pape lui-même qui nous les propose, dans son célèbre Syllabus, qui a été publié dans le monde entier, au son de la trompette apostolique.

CCÏX

Prévision de la rage de l'Enfer contre le futur Concile.

Mandement, 8 Dec. 1868.

Le Concile étant destiné dans les vues de l'infinie miséricorde à produire tant de bien à la Religion et à la société civile, dans le monde entier, il n'y a pas à douter, N. T.-C. F., que l'Enfer ne s'arme de toute sa rage, pour l'empêcher de se tenir. C'est ce qu'à prévu N. S. P. le Pape, dans sa suprême sagesse ; et il n'a pas manqué d'en avertir les enfants de l'Eglise pour qu'ils ne se laissent pas ébranler par les discours trompeurs des ennemis de la Religion. Il a donc écrit, à la fin de sa Bulle, ces terribles paroles qui annoncent les épouvantables malheurs qui viendront certainement fondre sur les impies qui ne craindront pas de mépriser Jésus-Christ en méprisant les paroles de son Vicaire.

"Qu'il ne soit donc permis, dit-il, à personne d'annuler cette page de notre indiction, annonce, convocation, statut, précepte et " observation, ou d'avoir la téméraire audace de s'y opposer. Si quelqu'un ose l'essayer, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu tout- " puissant et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul."

Nous n'avons pas à craindre de vous, N. T.-C. F., une telle audace ; et vous n'en viendrez jamais, il faut l'espérer, à une si révoltante impiété que de blasphémer une si haute majesté, et de chercher à tourner en ridicule un acte si solennel, qui émane de la plus

grande puissance qui soit sur la terre, et qui est une vraie image de l'autorité du Christ, Fils du Dieu vivant.

Mais peut-être ces affreux scandales vous parviendront-ils par la voix de certains journaux qui se plaisent à reproduire dans notre

religieux pays, ce que la presse impie de la vieille Europe enfante chaque jour de sarcasmes, d'ironies et de mépris contre ce qu'il y a de plus

saint dans la religion. Peut-être aussi rencontrerez-vous de ces hommes, religieux à leur manière, qui ne voient pas d'un bon œil les grandeurs de la religion, qui s'en offusquent, comme les pharisiens s'offusquaient de l'éclat qui jaillissait de la personne adorable du Sauveur, et qui, en conséquence, y trouvent à redire. Ce sera, N. T.-C. F., dans toutes ces occasions que vous aurez à vous armer de votre foi, pour vous prémunir contre le respect humain qui, souvent, porte les bons à approuver extérieurement ce que leur cœur condamne. Ne craignez donc

pas de louer et approuver tout ce que loue et approuve la sainte Eglise, de condamner et de réprouver tout ce qu'elle condamne et réprouve.

'L'Eglise de Montréal offerte au Concile en esprit et en vœux.

Mandement, 8 Dec. 186S.

Chaque Evêque présent au Concile devra fidèlement exposer l'état de la religion dans le diocèse confié à ses soins. Comme donc Nous serons heureux, N. T.-C F., de pouvoir témoigner dans cette Assemblée que, dans notre Diocèse, à part les misères inséparables de la fragilité humaine, la sainte Eglise catholique est respectée, le Saint Siège vénéré, le Souverain Pontife admiré et aimé, les Pasteurs des âmes

animés d'un saint zèle, les Communautés religieuses ferventes, l'éducation de la jeunesse donnée avec soin et succès, le peuple plein de foi et de piété, les offices divins bien fréquentés, les sacrements fidèlement administrés, les tribunaux de la pénitence assiégés, la table sainte journellement fréquentée et encombrée aux grandes solennités, les pauvres charitablement assistés par les riches, les hospices ouverts en grand nombre à toutes les misères et convenablement entretenus par la charité publique ou par de pieuses fondations ! Que Nous nous trouverions heureux et bien récompensé si ces divers rapports provoquaient, dans les Congrégations d'Evêques, cette touchante exclamation du Prophète : " Heurenx le peuple que le Seigneur a choisi pour être son peuple," dans ce pays lointain qui ne nous était connu que par ses hivers rigoureux, et qui est un pays de foi et de religion. " Beatum dixerunt populum cui h:ec sunt ; beatus populus cujus Dominus Deus ejus. " (Ps 143, 14. )

Septième voyage a Rome, (* pour assister au Concile du Vatican — Demande de subsides.

Circulaire, 8 Dec. 1868.

Il en sera de ce dernier voyage à Rome, comme du premier. Avant de partir, en 1841, je vous fis observer que j'allais dans les intérêts du Diocèse, vous chercher du secours ; et vous me vîntes en aide de grand cœur, pour payer généreusement tous mes frais de voyage . Je fais de même à celui-ci, sans plus de détails ; car vous voyez que je pars pour représenter le Diocèse dans la plus auguste des assemblées, y être le témoin des croyances et des pratiques qui y sont gardées, et Juge des Dogmes qui y seront définis. Je me borne à cette observation que vous apprécierez avec votre bonne volonté accoutumée.

Adieu donc encore une fois, N. T.-C. F., mais que ce ne soit pas sans prendre l'engagement de nous porter le mutuel secours de la prière. Oremus pro invicem. Bientôt, nous nous séparerons de corps ; mais ce ne sera que pour être plus tendrement unis en esprit et en vérité, pour glorifier Notre Seigneur et son Immaculée Mère, vous, en portant ici le poids de la chaleur et du jour ; et moi, en contemplant les splendeurs de la Jérusalem terrestre. Vous prierez pour moi, en demandant que le Seigneur me dirige dans toutes mes voies ; et je prierai pour vous en demandant qu'il bénisse tous vos travaux, qu'il vous conserve en santé et vous fasse toujours jouir des douceurs de la paix. Vous direz pour moi et mes compagnons de voyage, y compris nos chers zouaves, l'Itinéraire en tout pu en partie, et je dirai pour vous, tous les jours, les Litanies des Saints, qui expriment si bien tous les besoins de vos chères âmes, pour lesquelles l'Eglise réclame la protection des enfants qu'elle a placés au ciel. Ckaritas mea cum omnibus vobis in Chriso Jèsti. Amen. (Rom. 16, 24.)

* Le sixième voyage de Monseigneur Bourget " ail limina Apostolorum," s'est effectué pendant le séjour prolongé que fit Sa Grandeur en Europe, quand Elle s'y est rendue pour la cinquième fois. Sur le point de rentrer dans son diocèse, et se trouvant en France, Monseigneur de Montréal fut à cette époque rappelé à Rome par le Saint Siège.

Du Voile et de la Génuflexion des Femmes dans les Églises.

Circulaire, S Dec. 1868.

Il serait temps de travailler à introduire dans les Églises l'usage du voile, pour que toutes les personnes du sexe n'y paraissent que la tête modestement voilée. Les élèves des couvents, à qui il sera plus facile de faire la leçon là-dessus, pourront servir de modèle. Je recommande à votre attention le Décret Pontifical qui ramène le costume des dames romaines au précepte de l'Apôtre. Pour qu'il y ait aussi uniformité parfaite entre les dames Romaines et les dames Canadiennes, toutes les personnes du sexe doivent être averties de faire à l'autel non la révérence, mais la génuflexion, dans toutes les Églises du Diocèse, comme à Rome.

"La femme religieuse suit l'homme apostolique."

Circulaire aux Communautés Religieiises, 13 Dec. 1868.

Dans cette majestueuse Assemblée, (le futur Concile), où se traiteront tant et de si grandes affaires, les Congrégations religieuses seront, ainsi que leurs pauvres et leurs élèves, l'objet spécial de la sollicitude de tous les Evêques du monde, qui s'y rendent au nombre, peutêtre, de sept à huit cents.

Il ne faut pas vous en étonner, Nos Très-Chères Filles, car aujourd'hui la femme religieuse suit l'homme apostolique, et, comme lui, fait entendre sa voix, jusqu'aux extrémités de la terre. Elle annonce les merveilles de Dieu en toutes sortes de langues, principalement par les œuvres de sa charité et par le doux enseignement de sa parole ; et elle fait connaître, au monde étonné, ce que c'est que l'Evangile qui lui inspire son dévouement, ce que c'est que la religion que le Fils de Dieu incarné dans le sein d'une Vierge Immaculée a enseignée aux hommes ; ce que c'est que la Sainte Vierge, qui, en conservant son inviolable pureté, a donné au monde son Sauveur ; ce que sont enfin tous ces mystères adorables qu'à opérés un Dieu mort en croix pour l'amour des pécheurs.

Ainsi, tous les Evêques de la Catholicité qui ont, sous leur direction, l'apostolat de la femme religieuse, se trouvant réunis en Concile, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, seront vivement intéressés à ce que toutes les Communautés de la Sainte Eglise soient parfaitement organisées ; et ils ne manqueront pas de s'entendre cordialement, pour les aider à multiplier leurs œuvres de charité et de piété.

" J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie."

Lettre Pastorale, 23 Janv. iS6g.—{E?i mer, a bord de " La Ville de Paris.")

Notre Saint Père le Pape a adressé, ie treize de Septembre dernier, à nos frères séparés, une Lettre Apostolique qui ne respire que charité, pour les inviter à chercher la vraie religion, afin de profiler du Concile Œcuménique.

Beaucoup d'entr'e..x vivent au milieu de vous, puisqu'ils sont vos voisins, vos amis, vos concitoyens, vos associés, vos patrons ou vos protégés, et peut-être même vos parents. Il s'en suit que vous êtes avec eux en rapports intimes, plus ou moins fréquents, pour des affaires d'intérêts ou des raisons de bienséance, d'amitié et de civilité.

Il en est d'ailleurs beaucoup parmi eux qui aiment à entendre la parole de Dieu, et qui se sentent attirés intérieurement vers la Religion de leurs pères. Ils sont avec cela fatigués de se voir continuellement entraînés dans les doctrines qui changent comme le vent, et qui par conséquent ne sauraient satisfaire les cœurs qui cherchent sincèrement la vérité.

Dieu qui les a créés comme nous à son image, et rachetés ân prix de son sang, pour leur donner le bonheur éternel, ne manque pas, dans son infinie bonté, de les avertir intérieurement qu'ils font fausse route, en marchant dans la voie de l'erreur ; et qu'ils doivent chercher la vérité qui seule peut leur procurer la paix du cœur.

Si donc vous leur apprenez, N. T.-C. F., que N. S. P. le Pape, dont le nom est si grand dans le monde entier, leur a adressé une Lettre, qui ne respire qu'amour et charité ; et que l'on fait, dans toutes les Eglises, la lecture de cet admirable document, n'est-il pas à présumer qu'ils aimeront l'entendre lire et expliquer par vos pasteurs, et même à s'en procurer des copies, pour pouvoir l'examiner plus attentivement en leur particulier.

Est-ce que nos frères séparés ignorent que le Pape régnant est l'immortel Pie IX ? Non, assurément, et beaucoup parmi eux on t vu cet admirable Pontife, l'ont entendu, lui ont parlé, ont assisté aux grandes démonstrations dont il a été l'objet pendant son long et glorieux Pontificat ; et l'on peut même assurer que ceux d'entr'eux qui sont les plus honorables par leur éducation et leurs sentiments élevés, respectent sa personne, admirent sa sagesse et aiment la douceur de son gouvernement.

Mais, hélas ! depuis la Réforme, c'est-à-dire depuis plus de trois cents ans que se sont brisés les liens qni unissaient au St. -Siège les pères de nos frères séparés, le Pape ne leur était plus guère connu que sous le titre d'Antéchrist, et Rome, la capitale de son empire, comme une vraie Babylone.

Il était donc nécessaire qu'en leur faisant entendre sa voix de Pasteur et de Père pour la première fois depuis cette malheureuse et fatale époque, le souverain Pontife leur fit connaître officiellement qu'il occupait vraiment la chaire de St. Pierre; qu'il gouvernait l'Eglise avec toute l'autorité que lui avait donnée Notre Seigneur lui-même ; que tous les Evêques catholiques le reconnaissaient pour leur chef ; qu'ils allaient bientôt arriver à Rome pour y tenir un grand Concile, et qu'il les y appelle eux-mêmes pour qu'ils en retirent de précieux avantages.

Les touchantes paroles qui, dans cette occasion solennelle, tombent de la bouche de celui qui est la plus haute Puissance qui soit sur la terre, et "évidemment marche à la tête de son siècle, prouvent, une fois de plus, que la Religion est descendae da Ciel, avec son divin Fondateur, non-seulement pour le bien spirituel des âmes, mais encore pour la prospérité des sociétés humaines.

Il leur a fait voir que l'Église •Catholique, dont il est le chef suprême, est la seule véritable Église, fondée par Jésus-"Christ, qu'elle seule a véritablement les caractères d'Unité, de Sainteté, de Catholicité et d'Apostolicité qui indiquent aux esprits sérieux où ils trouveront la vérité ; que dans cette Eglise seule on conserve intact le dépôt des célestes vérités, avec l'infaillibilité que fui assure Ja présence de l'Esprit-Saint, qui lui a été donné pour l'assister et la gouverner invisiblement.

En écoutant, avec une religieuse attention, ce magnifique appel, il vous semblera, N. T.-C. F., entendre Notre-Seigneur lui-même répéter ces paroles de charité et de miséricorde qu'il a laissées dans l'Evangile : J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette Bergerie ; il faut aussi que je les amène ; elles écouteront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur." (Jean. 10. t6.)

Comprenons bien que, comme nous l'assure le Saint- Père, le salut non seulement des particuliers mais encore de toute la société chrétienne, dépend de ce retour si désiré de nos frères séparés. Le monde entier ne peut en effet jouir de la paix véritable, s'il ne devient un seul troupeau sous un seul Pasteur. Ce sera, en entrant dans ces beaux sentiments que nous* prouverons hautement à nos frères séparés que les Catholiques sont bien éloignés de vouloir damner les Protestants, comme on se plait quelquefois à le répéter, pour les rendre odieux. A la vérité, les Catholiques croient et disent, en conformité à leur foi, que comme il n'y a qu'un seul Dieu il n'y a aussi et il ne peut y avoir qu'une seule Religion, qui lui soit agréable, et dans laquelle on puisse se sauver ; il disent de ceux qui, connaissant ia vraie Religion, négligent de l'embrasser, ce qu'ils disent des mauvais Catholiques qui, vivant dans la vraie Foi, n'en font pas les œuvres et meurent dans leurs péchés.

Hélas ! ceux qui vivent dans l'erreur ou le péché sont très-malheureux et bien à plaindre, au milieu des honneurs et des richesses dont ils sont comblés, parce qu'ils ne sauraient goûter la paix du cœur, qui ne se trouve qu'avec la pratique de la vraie Religion. C'est Dieu lui-même qui, dans son infinie bonté, les presse, les sollicite, les tourmente ainsi intérieurement, pour les faire entrer dans la bonne voie qui conduit au ciel. Car ce Dieu tout bon et tout miséricordieux veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité, parce qu'il veut que tous les hommes soient sauvés. Or tel doit être notre continuel désir, si nous sommes les vrais enfants de notre Père qui est aux cieux, et si nous comprenous bien ce que nous lui demandons, en lui disant si souvent ; Que votre nom soit sanctifié, que votre régne arrive, que votre volonté soit faite sitr la terre comme au ciel.

Notre zèle deviendra de plus en plus ardent, si nous faisons bien attention, N, T.-C. F., aux énormes difficultés qui s'opposent à la conversion de nos chers frères séparés. Car il n'y a pas à douter qu'il ne leur en coûte horriblement de se débarasser des préjugés de leur enfance ; de réformer les idées de leur première éducation ; de vaincre le respect humain, qui les retient forcément dans le cercle de leurs parents et amis, de s'exposer à la persécution qui les attend, s'ils changent de religion, de se déclarer catholiques, au risque de perdre les bonnes grâces des personnes qui leur sont les plus chères, et même de se voir dépouillés de leur patrimoine et réduits à la misère ; de s'assujettir aux pratiques gênantes delà Religion, au jeûne, à l'abstinence, et surtout à la confession. Mettons-nous un instant à leur place, et jugeons quel pénible sacrifice il nous faudrait faire pour embrasser la vraie Religion, et quels spécieux prétextes nous alléguerions peut-être pour reculer devant ce sacrifice.

•Nous les aiderons donc, N. T.-C. F., de tout notre cœur à faire une démarche qui pourrait leur paraître impossible, et qui l'est en effet, à ne considérer que les forces humaines, mais qui devient facile, avec le secours de la grâce de Dieu, qui surmonte sans peine tous les obstacles, adoucit l'amertume des plus noirs chagrins, soutient le courage des plus faibles.

Vous aurez ce zèle divin de la conversion de vos frères, vous, âmes religieuses qui vivez à l'ombre des Autels, qui comprenez le prix des âmes, qui, pour en sauver une seule, seriez prêtes à sacrifier mille vies. Faites-vous donc victimes de propitiation pour tant de millions d'infidèles, d'hérétiques de schismatiques et de pécheurs qui se perdent ; mêlez vos larmes à celles de la Mère des Douleurs, qui a tant

souffert pour l'amour des âmes, joignez vos prières a celles de la sainte Eglise, qui demande avec tant d'instance la conversion de ces pauvres âmes égarées. Imitez la séraphique Ste. Thérèse, qui a poussé tant de soupirs et de sanglots, en apprenant de la bouche des missionnaires qu'il se perdait beaucoup d'âmes dans leurs missions.

C'est à vos pieds sacrés, ô Vierge Immaculée, glorieuse Mère de Dieu, que Nous nous prosternons humblement, pour déposer ce modeste travail et vous prier de le bénir, afin qu'il puisse produire quelques heureux fruits, à la gloire de votre]adorable Fils et à l'avantage de sa divine Religion. Nous recourons à vous, ô Vierge mille fois bénie, parce que la sainte Eglise nous apprend à célébrer vos victoires sur les erreurs qui ont jusqu'ici infecté la terre coupable que nous habitons, en nous mettant à la bouche ce beau cantique . " Réjouissez-vous, Vierge Marie ; seule, vous avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier. Car vous êtes le sceptre de la foi orthodoxe . . . . " (St. Cyrille d'Alexandrie). Ce fut à pareil jour que vous fûtes, par la plus sainte des alliances, confié e à la garde de votre cher Epoux, le glorieux St. Joseph ; daignez, en cette considération, le charger du soin de l'Eglise, exposée à tant et à de si imminents dangers. Nous sommes en route pour la Ville Eternelle ; soyez notre étoile au milieu des brouillards de la mer. Nous partons pour le Concile Œcuménique ; soyez, pour Nous, une lampe ardente qui éclaire nos pas et nous préserve de toute erreur.

Les ' Noces d'Or" de Pie IX.

Circulaire, 20 Mars 1869— {Rome.)

Il se fait à Rome de grands préparatifs, pour célébrer, aussi splendidement que possible, un jour qui va être placé dans les fastes de l'Eglise, comme un jour monumental pour les siècles à venir, et pour nous tous, qui allons le voir comme un de ces jours mémorables que le Seigneur a fait, pour que nous nous livrions à tous les transports de la joie.

Ce grand jour, ce jour de joie, est celui où notre immortel Pontife, Pie IX, reçut, il y aura cinquante ans, le onze d'Avril prochain,

l'onction sainte qui en fit un prêtre selon le cœur de Dieu.

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Evidemment, cet Elu de Dieu reçut dans son ordination une surabondance de dons célestes, qui, en ornant sa belle âme sacerdotale, le préparaient des lors à être un des plus grands Pontifes qui aient gouverné l'Eglise de Dieu, depuis St. Pierre, dont il est le digne et légitime successeur Car il est dans l'ordre de la Providence que ceux qui sont appelés à remplir de hauts et de sublimes ministères, dans l'Eglise de Dieu, soient comblés de plus de grâces ; afiu que, nonobstant la faiblesse humaine, qui fait le fond de notre pauvre nature, ils puissent se soutenir à la hauteur de leur sublime mission.

Mais ces grâces, ayant été si largement accordées à ce nouveau prêtre, non-seulement pour lui, mais encore pour l'univers catholique tout entier, il s'en suit que, dans ce jour mémorable, tous doivent se réjouir et bénir le Seigneur de ses ineffables bontés ; Hœc dies quamfecit Dominus, exultemus et lœtemur in ea.

Si tout un Diocèse est dans la joie lorsque son Evêque parvient à cette heureuse vieillesse, dans le sacerdoce de Jésus-Christ ; si toute une Paroisse est dans la jubilation quand son pasteur reçoit de la main du juste Juge l'auréole que lui méritent ses cinquante années passées pures et sans tache au service des saints autels ; s'il y a alors, dans le Diocèse, dans la Paroisse, des démonstrations publiques et solennelles, comme vous avez pu en voira plusieurs reprises, il est tout naturel que l'univers catholique fasse éclater, le 11 Avril prochain, toute sa joie, à la vue de son glorieux Pontife qui lui apparaît avec ses cinquante années de prêtrise, toutes consacrées au Seigneur, d'abord par l'exercice des œuvres de charité et ensuite par la pratique des vertus qui font l'habile et sage conseiller, le saint et le vigilant Pasteur, Péminent et humble Cardinal, le grand et intrépide Pontife.

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Ce qu'est une lettre.

Circulaire aux Communautés Religieuses, 6 Mai 1869. — {Rome.)

Une lettre en général est le portrait que fait de lui-même celui qui l'écrit. Et, en effet, quiconque écrit une lettre se peint lui-même et fait le portrait de sa propre personnalité; en dessinant les traits de son esprit, de son cœur, de son caractère, de ses sentiments.de ses habitudes, de son âme toute entière. C'est comme son image, sa physionomie, ou, si vous le voulez, sa photographie spirituelle, qu'il envoie au loin, pour que ceux qui ne l'ont jamais ni connu ni" vu le connaissent et le voient jusque dans les plus secrets replis de son âme.

S'il en est ainsi, Nos Très-Chères Filles, il vous est facile de vous former une juste idée de ce que signifie ce simple titre : Lettres Apostoliques, dont -Nous vous adressons le contenu, avec la présente. Vous y verrez le vrai portrait de l'auguste Personnage que vous seriez si heureuses de voir des yeux du corps, comme ces bonnes religieuses qui se trouvaient ce matin à la Basilique de St. Jean de Latran, pour assister à la Bénédiction Pontificale. Elles étaient sans doute, pour ce moment solennel, dispensées de la règle qui prescrit partout d'avoir la vue basse. Car leurs yeux étaient invariablement fixés sur notre auguste Pontife : et elles ne voyaient certainement rien autre chose dans le magnifique cortège qui l'entourait. '

L'Apostolicité est comme le cachet qui imprime à ces Lettres le caractère éclatant de la divine autorité dont elles sont revêtues, et qui les fait rayonner d'un éclat de gloire incomparable.

CCXV1I Prière pour le Concile.

Amende Honorable des Quarante Heures, 1869- 1870.

" Eclairez de votre Divin Esprit, O Dieu Tout-Puissant, le Concile Œcuménique, qui aura à examiner avec le plus grand soin et à " déterminer ce qu'il convient le mieux de faire en ces temps si difficiles et si durs', pour votre plus grande gloire, pour l'intégrité de la Foi, " pour la beauté du Culte Divin, pour le salut éternel des hommes, pour la discipline du clergé régulier et séculier et son instruction salutaire *" et solide, pour l'obéissance aux lois ecclésiastiques, pour la réformation des mœurs, pour l'éducation chrétienne de la j-eunesse, pour la paix ' ' commune et la concorde universelle.

" Car, Seigneur, l'influence de votre Sainte Eglise et de sa doctrine, s'exerce non seulement pour le salut éternel des hommes, mais " encore contribue au bien temporel des peuples, à leur véritable prospérité, au maintien de l'ordre et de la tranquillité, au progrès même, et à " la solidité des sciences humaines. Et comme vous avez promis de vous trouver là où sont assemblés deux ou trois en votre nom, vous voudrez " bien assister les Pasteurs de votre Eglise, qui vont se trouver réunis en si grand nombre, par l'abondance de votre grâce divine, afin qu'ils " puissent régler toutes choses de manière à procurer le plus grand bien de votre Sainte Eglise.

" Enfin, nous vous prions en général pour tous ceux qui consacrent, à la défense de votre Divine Religion, leur esprit et leur cœur, " leurs talents et leurs connaissances, leur santé et leur vie, leur courage et leur épée, et particulièrement pour nos braves soldats, qui, tout en " défendant le Patrimoine de St. Pierre, auront l'ineffable bonheur de prendre part à la grande solennité d'un Concile Œcuménique. Puissent " les bénédictions qu'ils y puiseront, couler abondamment sur nous tous ! Ainsi-soit-il."

Du Dogme de l'Infaillibité.

Lettre Pastorale, g Août 1870.

Nous arrivons, N. T.-C. F., du St. Concile du Vatican, auquel Nous avons eu l'inestimable bonheur d'assister depuis son ouverture jusqu'à sa quatrième et dernière session.

Nous ne pouvons, dans la présente, que vous dire un mot du Magistère Infaillible du Souverain Pontife qui est le sujet du quatrième chapitre de la Constitution de l'Eglise.

En résumé, il y est défini, comme Dogme de Foi, que le Souverain Pontife, quand il parle ex cathedra à toute l'Eglise, pour lui enseigner les vérités de foi qu'elle doit croire, et les préceptes de morale qu'elle doit pratiquer, est infaillible, c'est-à-dire que par le secours d l'Esprit Saint qui l'éclairé, il ne peut passe tromper. Car, obligé de confirmer et soutenir ses frères dans leur foi, il faut qu'il soit lui-même inébranlable dans la sienne. Obligé en outre de paître les brebis aussi bien que les agneaux du Bon Pasteur, il faut qu'ils connaissent quels sont les pâturages qui ne sont point infectés du poison de l'erreur.

Cette vérité a été crue dans tous les siècles de l'Eglise ; et elle est passée delà bouche de Notre-Seigneur et de ses Apôtres jusqu'à nous, par le canal très-pur de la tradition. Quelques-uns néanmoins contestaient cette vérité révélée, en l'interprétant d'uue manière erronée, de façon à faire croire que c'était à la majorité des Evêques à réformer les jugements du Pape qu'ils prétendaient pouvoir tomber dans l'erreur. Cette erreur menaçait depuis quelque temp des se répandre, et pouvait par là produire de très-fâcheux résultats, celui surtout de changer et bouleverser la diviue constitution de l'Eglise. Car Jésus-Christ a voulu que Pierre et ses successeurs confirmassent leurs frères, c'est-à-dire les Evêques dans la foi. Or, dans ce système erroné, ç'aurait" été aux Evêques à confirmer les Papes dans la foi. Le Concile a donc jugé nécessaire de condamner cette erreur si préjudiciable à la foi, malgré toutes les oppositions qui ont été apportées à la définition de ce Dogme de foi catholique.

Nous avons, N. T.-C. F., été appelé, comme tous les autres Pères du Concile, à nous prononcer publiquement et solennellement sur ce dogme sacré, en définissant la vérité divine qu'il nous faut croire et en condamnant l'erreur qu'il nous faut rejeter, sous peine d'anathème et de damnation. Pour répondre à cet appel, Nous avons porté notre jugement, en disant tout haut : Placet, et en protestant ainsi devant Dieu et toute l'Eglise, que ce Décret de Foi Nous plaisait ; que Nous l'acceptions avec toute l'effusion du cœur, que Nous y mettions toutes Nos complaisances ; que Nous le croirions jusqu'à la mort très-fermement et sans nul doute ; que Nous travaillerions, avec bonheur, à le faire connaître et accepter partout, autant du moins qu'il serait en Notre pouvoir.

-. • . CCXIX Un " Jour de l'An V en habits de deuil.

Circulaire atix élèves des Couvents, Académies et autres Institutions, n Déc. 1870.

Mes chères Enfants, Nous voici bientôt à la fin d'une année, qui a vu couler des fleuves de sang et de larmes, et a entendu de longs et pénibles gémissements. Celle qui nous arrive ne se passera peut-être pas sans une chaîne d'événements tout aussi déplorables. Espérons cependant qu'il n'en sera pas ainsi.

Le Jozirde VA ?i, qui a coutume d'apporter avec lui tant de joies et de plaisirs, ne peut donc être, pour les âmes compatissantes, qu'un jour bien triste. Car notre Père est dans une grande affliction, et des milliers de familles pour lesquelle nous avons nécessairement de vives sympathies, sont plongées dans le deuil.

En présence de ces faits douloureux, je me sens inspiré, Mes Chères Enfants, de vous envoyer des étrennes qui vous fournissent l'occasion de montrer au monde que, malgré votre jeune âge, vous savez vous associer aux calamnités publiques ; ç'est tout simplement un beau et bon Bouquet de Myrrhe. Or, j'ai l'intime conviction que vous le recevrez avec bonheur, quand je vous en aurai fait connaître la nature et le prix.

La Myrrhe est, comme vous le savez, une gomme odorante qui coule d'un arbrisseau qui pousse sur le Calvaire et est arrosé du Sang du Sauveur mourant et des larmes de sa Mère navrée de douleurs. Aussi, l'Egnse en célébrant la fête de " Notre-Dame de Pitié," metelle à la bouche de cette Mère affligée ces paroles'mystérieuses : J'irai à la montagne de la myrrhe et à la colline de l'encens.

Maintenant, il vous est facile de comprendre, Mes Chères Enfants, que le bouquet de la nouvelle année que je vous adresse, avec une affection toute paternelle, ne peut être qu'un sacrifice souverainement agréable aux Saints Cœurs de Jésus et de Marie et répandant dans le monde un parfum délicieux.

Eh bien ! ce sacrifice, c'est celui des petites vacances que l'on a coutume de vous donner à la fin de l'année pour vous procurer^ avec un peu de repos, les jouissances de la famille. Car, comme vous le savez, les familles dans le deuil ne font point de visites et n'en reçoivent pas au Jour de VAn.

Appartenant toutes à la grande famille chrétienne, vous êtes vivement émues, je n'en doute pas, en voyant le Père commun sur un nouveau Calvaire attaché à une croix pesante. Vous entendez retentir au loin les échos lugubres, les soupirs déchirants que poussent des milliers de familles. Hélas ! que de pères et de mères arrosent aujourd'hui de leurs larmes les tombes de leurs enfants chéris, tombés sur les champs de bataille ! Que d'enfants éplorés, devenus orphelins, redemandent en vain leurs pères tendrement aimés !

Connaissant vos bons cœurs comme je les connais, j'ai l'intime conviction qu'en apprenant ces tristes nouvelles, vous avez pris vos habits de deuil. Or, avec ces lugubres vêtements, vous ne pourriez convenablement vous montrer dans le monde dont les joies ne peuvent que vous être à charge.

Ce sacrifice, qui vous' est suggéré et que vous ferez de votre plein gré, vous l'offrirez à Dieu pour appaiser sa juste colère. Vos religieux parents en feront autant, je n'en doute pas. et attireront uar ce moven d'abondantes bénédictions sur leurs enfants et petits-enfants jusqu'à la dernière génération.

Au reste, vous pouvez vous dédommager mutuellement de ce sacrifice qui exhale tout le parfum de la myrrhe, en faisant, dans un jour de congé qui vous sera donné à cette fin, quelques belles et touchantes démonstrations, pour prouver que vous prenez une large part aux douleurs du Père commun1 et à celle de la Fille aînée de l'Eglise.

Pour donner un nouveau prix à votre sacrifice et rendre votre Bouquet de Myrrhe plus odorant, vous ponriez appliquer au soulagement du Vicaire de Jésus-Christ, que la Révolution a dépouillé de tout, le fruit de vos épargnes. Ce sera un ruisseau de charité qui se mêlera à tous les autres, de toutes les parties du monde, dans le sein de ce Père affligé.

Enfin, puisque nous nous trouvons placés entre deux années, une qui se termine et l'autre qui va commencer, j'appelle sur vous, Mes Chers Enfants, les abondantes bénédictions du Père Céleste, et je le supplie humblement de récompenser le généreux sacrifice que vous allez faire pour son amour, en vous donnant les dons les plus parfaits qui feront de vous toutes, des enfants accomplies aux yeux de Dieu et des hommes.

Ne cessez de prier pour l'Eglise et pour N. S. P. le Pape, sans oublier celui qui est de vous toutes, le très dévoué et affectionné père en N. S. J.-C.

" Le Code des Curés " par Son Honneur le Juge J. U. Baudry.

Circulaire, 12 Mars 187 1.

Je signale le " Code des Curés," à votre attention, parce qu'il contient des principes contraires aux droits dont l'Eglise doit jouir dans notre heureux pays. Les appréciations qui s'en font dans le Nouveau-Monde et autres journaux, ont pour but de prouver que, dans la Province de Québec, il doit y avoir un parfait accord entre le droit canon et le droit civil ; et que notre liberté religieuse nous est assurée par des actes solennels, que l'on ne saurait méconnaître, sans violer même la loi civile.

Ainsi, loiu de créer des difficultés, cette discussion tend à faire disparaître celles qui ont pu être suscitées jusqu'ici ou qui pourraien l'être plus tard, si des hommes mal intentionnés parvenaient au pouvoir et voulaient opprimer ici la religion, comme on le fait ailleurs, en invoquant des principes dont on abuserait, parcequ'ils seraient mal compris. Voilà pourquoi l'on se croit obligé de les combattre, afin d'empêcher que le livre qui les professe serve de règle, dans nos Cours de Justice.

Au reste, comme vous n'aurez pas manqué de l'observer, le journal en question rend justice aux qualités personnelles de l'auteur, et s'il s'élève contre son Code c'est uniquement pour empêcher que la liberté de l'Eglise ne soit opprimée. Ce qu'il prétend obtenir, c'est que l'Etat respecte la liberté de l'Eglise, comme l'Eglise respecte la liberté de l'Etat.

En gardant le silence, ce livre se serait installé sans bruit dans les.bibliothèques, et beaucoup de personnes, qui n'ont pas étudié ces matières, n'auraient pas l'ombre de doute sur la nature des principes qui y sont émis et sur les conséquences que l'on en déduit.

Protestation nationale contre l'usurpation des États Pontificaux par Victor- Emmanuel.

Adresse à S. M. la Reine Victoria, Mars 1871.

Nous demandons la permission d'exposer humblement à Votre Majesté :

1 0 Que comme Chrétiens, nous protestons contre l'usurpation des Etats Pontificaux par le roi Victor-Emmanuel, parce que c'est la violation directe et évidente du précepte divin qui défend de convoiter et de prendre le bien d'autrui.

20 Que comme Calholiç2ies, nous protestons, avec les deux cents millions de nos coreligionnaires répandus dans l'univers, contre cette atteinte à notre liberté religieuse, dans la personne du chef de notre Religion, quia besoin de liberté et d'indépendance, pour pouvoir remplir efficacement la mission que nous croyons lui avoir été confiée par Jésus-Christ.

30 Que comme Sujets Brita7iniques, -nous protestons encore contre cet acte de spoliation violente exécuté dans des circonstances si iniques et d'après un principe tellement contraire aux lois fondamentales de toute société constituée, qu'il serait du devoir du gouvernement de punir, comme coupable de haute trahison, tout citoyen qui voudrait l'invoquer à l'égard de Votre Majesté.

4 0 Que comme Membres d'iune société civilisée, nous protestons contre cet attentat au droit sacré de la propriété, sans lequel aucune société ne peut ni se maintenir, ni prospérer.

5 0 Que comme Membres de la fa7niile humaine, nous protestons contre cette violation du droit des gens ; violation qui détruit dans leur essence tous les traités entre peuples et peuples, et anéantit toute sécurité, en posant la force pour règle suprême du droit.

En conséquence, nous prions humblement Votre Majesté d'intervenir au nom de la justice, de la liberté, de la propriété, de l'ordre et du droit des gens, auprès des Puissances de l'Europe, afin de faire restituer au Pape la souveraineté de Rome et des Provinces dont il a été violemment et injustement dépouillé.

Et vos suppliants- ne cesseront de prier.

Le Règne du Saint Esprit.

Mandement, 6 Mai 1871.

Pénétrez-vous bien de cette consolante vérité que, si la paroisse est dévote au St. Esprit, il en prendra possesion, pour la gouverner, l'éclairer et la protéger. Ce bon esprit, en y régnant, la préservera de tous les maux, qne cause partout le mauvais esprit, qui est un esprit de trouble, de division, d'impiété, de sensualité et d'irréligion. Hélas ! N. T.-C. F., vous le comprenez intimement, toutes ces grandes calamités qui désolent le monde sont causées par ce mauvais esprit, qui est l'ennemi déclaré du Saint Esprit. Ne cessons donc jamais de demander, avec le

Prophète, de conserver soigneusement cet " Esprit principal," qui soutient tout. Spiritu principali confirma, Spiritum rectum innova in

visceribus meis ' Spiritum sauctum tuum ne auferas a me.

O Vierge Immaculée, uous sommes à vos pieds pour vous offrir et pour consacrer cette instruction, faite uniquement pour établir partout le règne du Saint-Esprit. Souvenez-vous que vous êtes pleine des grâces de cet Esprit Sanctificateur ; que c'est par sa divine opération que vous avez conçu le Fils Unique de Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, la lumière éternelle ; et qu'au grand jour de la Pentecôte toutes les langues de feu reposèrent dans votre Très-Saint Cœur, avant de se distribuer aux Apôtres et aux Disciples du Sauveur, parceque, dans ce moment solennel, vous fûtes constituée la trésorière de toutes les grâces destinées aux enfants de l'Eglise.

Les bons combats de la plume.

Circulaire 6 Mai ^871.

On ne peut que bénir et combler d'éloges les jeunes hommes qui mettent au service de l'Eglise leurs connaissances qui sont le fruit de leur travail et de leur application, et qui, pour atteindre ce but, s'exposent à des luttes acharnées et souverainement pénibles.

Il est donc juste que l'Eglise, en les reconnaissant pour ses enfants dévoués, les couvre de sa protection maternelle, leur fasse entendre des paroles de paix et de consolation, leur donne enfin tout l'appui dont ils ont besoin, pour qu'ils ne se découragent pas dans les longs et pénibles combats dans lesquels ils se trouvent engagés, pour travailler autant qu'il est en eux à sauver et protéger, dans notre société, les principes conservateurs qui sont les seuls qui puissent rendre le peuple bon, moral, paisible, industrieux et par-dessus tout sincèrement religieux. C'est à remplir cette noble tâche que nous invite notre immortel Pontife, dans son admirable Encyclique Inter multipliées, adressée au Clergé de France.

" C'est pourquoi, dit-il, en vous efforçant d'éloigner des fidèles confiés à votre sollicitude le poison mortel des mauvais livres et des " mauvais journaux, veuillez aussi, Nous vous le demandons avec instance, témoigner toute votre bienveillance et votre protection aux " hommes qui, animés de l'esprit catholique et versés dans les lettres et les sciences, consacrent leurs veillées à écrire et à publier des livres et " des journaux, pour que la doctrine catholique soit propagée et défendue, et pour que les droits dignes de toute vénération de ce Saint Siège et

" ses actes aient toute leur force Votre charité et votre sollicitude êpiscopale devra donc exciter l'ardeur de ces écrivains catholiques

" animés d'un bon esprit, afin qu'ils continuent à défendre la cause de la Société Catholique avec un soin attentif et avec savoir ; que si, dans " leurs écrits, il leur arrive de manquer en quelque chose, vous devez les avertir avec des paroles paternelles et avec prudence.''''

Vous voyez comme le Saint Père tient à ce que les Evêques encouragent, protègent et défendent les journalistes et autres écrivains catholiques. C'est une puissante invitation, qu'il faut considérer comme un ordre, en donnant à chacune de ses paroles l'attention religieuse qu'elles méritent : Nous votis le demandons avec instance .... Votre charité et votre sollicitude êpiscopale devra donc exciter F ardeur de ces écrivains, etc., etc., etc.

Il est visible que le Saint Père tient fortement à ce que les Evêques favorisent la Presse Catholique, et il assigne à cettePresse un champ immense, telle que la propagation et la défense de la doctrine catholique. ... la défense des droits du Saint Siège, l'exécution de ses décrets dans toute leur force ; la discussion et la lutte contre les opinions et les sentiments contraires à l'enseignement et à l'autorité du Saint Siège, la poursuite des erreurs jusque dans les retraites les plus obscures.

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