HISTORIQUE
Les fistules cataméniales hémorragiques sont connues depuis longtemps : Elles s’observaient avec une grande fréquence, à la fin du sièele dernier, à la suite de l’ablation unilatérale des annexes, suivie
de fixation du moignon tubaire à la paroi abdominale.
Il s'agissait, à la période préaseptique d’une manœuvre de sécurité. Un clamp était laissé à demeure sur le moignon utérin ainsi fixé en dehors de la cavité péritonéale. Son ablation le 3€ ou 4€ jour n’entraînait aucune complication grave, mais très souvent, une fois sur trois environ, persistait une fistule cataméniale hémorragique. Cette éventualité s’observait surtout en cas de suppuration pariétale : fait très important sur lequel 1l faut insister : dans la majorité des cas une fistule purulente est la condition préalable indispensable à la fistule cataméniale.
Actuellement, l’aseptie, les progrès de la technique des sutures ont permis de rejeter définitivement la fixation extra-péritonéale du moignon tubaire.
Notons cependant que, tout récemment, Jeanne-
ney et Laporte ont été amenés par des circonstances très particulières, à pratiquer cette manœuvre, il en est résulté une fistule cataméniale. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de faire une étude de leur observation, très intéressante à plusieurs points de vue.
Mais de nombreuses causes de fistules hémorragiques cataméniales ont été observées et certains auteurs ont essayé de les classer.
BourGueLLe, 1884.
Logvy (thèse, Paris), 1902.
Lepasreur, 1911.
CocrarD (thèse, Bordeaux), 1935.
Logvy distingue deux variétés de Fistules Catéméniales |
19 Celles qui surviennent à la suite d’opérations gynécologiques intéressant l’ovaire ou la trompe ; et pour lesquelles le sang provient de l’appareil génital,
20 Celles qui surviennent à la suite d'opérations abdominales quelconques — où il y a indépendance complète entre l’appareil génital et la plaie.
Legasreur distingue trois classes :
17e Crasse : fistules qui donnent du sang ; sans qu'il y ait eu intervention directe sur l’ovaire — l'ovaire restant donc en place : Exemple : ouverture d’une collection purulente telle que :
pelvi péritonite suppurée,
salpingite avec abcès pelvien.
ou collection sanguine : |
hématocèle, hématosalpinx,
kyste hématique de l'ovaire.
mi es : |
2e Crasse : ovariotomie bilatérale.
Que faut-il penser de ces écoulements sanguins qui surviennent dasn ces cas ? demande LEeBASTEUR? Très probablement, comme le pensent Hécar, VALDEGER, et d’autres, que souvent l’ovariotomie a été incomplète. L’ovaire, soit par suite de suppuration, soit par suite des adhérences, a été morcelé — une partie est restée adhérente au pédicule — le fait a parfois été prouvé (1).
C’est ce qui explique les hémorragies qui nous intéressent et aussi la persistance des menstruations, malgré une ablation aussi complète que possible.
«Le moignon ovarique, au moment des règles, se « congestionne et saigne. Le flux hémorragique, « n'ayant plus de conduit pour gagner l'utérus et le « vagin, puisque la trompe a été enlevée, ou tout au
«moins obtruée par la ligature du pédicule utérin,
« s'écoule en dehors, les adhérences de la cicatrice « abdominale lui fournissant un passage. » |
3e CLasse : on a utilisé la « méthode ancienne » j'entends par là, fixation au pédicule dans la plaie abdominale ; la trompe comprise dans ce pédicule peut rester en partie perméable et nous arrivons ainsi à notre troisième elasse de Fistule cataméniale hémorragique par pédicule fixé : adhérent à la plaie.
Enfin, Lesasreur fait une place importante pour expliquer la production des fistules hémorragiques cataméniales dans les cas où l'indépendance de
(1) L'ablation seconde de ce moignon ovarique a amené dans cer-
tains cas la guérison.