LES TABLEAUX D'EGLISE
FiG. 488. — JORDAENS. — Lk RoI BOIT ! (Musée de liruxelles.) (Cliché G. Hcnnans.f
Bruxelles ; des compositions allégoriques telles que la FcconJitc (iig.484) du même Musée, et une autre version du même sujet autrement ordonnée, appartenant au Musée Wallace de Londres ; des portraits comme ceux de Van Surpele et de sa femme, du duc de Devonshire, et le Portrait Je famille (fig. 485) du Musée de Madrid.
Même dans ses tableaux d'église, Jordaens demeure le réaliste intransigeant, amateur de mouvements exagérés, de muscles noueux et saillants. Ce n'est certes pas un peintre de Saints ; il lui manque le recueillement. Mais il prend sa revanche dans les scènes allégoriques, où il exprime son amour de la splendide nudité. Sa grande nymphe de la Fécondité de Bruxelles est bien un peu raide d'attitude, mais les jeux de la lumière sur la chair nue sont vraiment éclatants et prestigieux, ainsi que la ferme et consistante couleur dans laquelle cette scène est peinte.
Après 1630, Jordaens modifie sa manière et se range sous la bannière de Rubens. Sa couleur acquiert plus de transparence et de moelleux. 11 reprend d'anciens sujets pour les traiter dans sa nouvelle manière : le Mangeur de bouillie de Cassel, le Satyre
et le Paysan (hg. 486) ^ "
du Musée de Bruxelles.
Toute dureté de ligne et de ton a disparu dans ce dernier tableau ; la lumière est douce, fondue, transparente ; les figures gardent leur consistance, mais elles ont dépouillé leur aspect fruste. Jordaens, sa femme et ses enfants se reconnaissent dans cette réunion de gens heureux.
Fig. 489. — Jordaens. — Diogène
A LA recherche d'uN HOMME.
(Muscle de Dresde I (Clicht^ liruckmann )
KiG. 4yo. — JofiDAE.MS. — Le jelke
Bacchl's.
(i.ttUeclion Max Roose» f /Cliché liermant.f
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lairc flamande, (^uchjucs parlics
de ce tableau pèclicnl par leurs
façons débraillées, mais combien
toutes les autres sont appétissantes
et cordiales ! I out exulte et
ce'lèbre le bonheur de vivre : ces
gros gaillards, par leurs cris et
leurs chants, ces jolies filles, par
leurs sourires et leurs œillades.
ces ivrognes par leurs hoquets !
Avec quelle joie Jordaens peignait cette fêle ou cette bâfre'e !
Le Musée de Bruxelles possède
deux exemplaires de ce sujet. Il
y a une version à Cassel, une autre à Vienne, une autre encore au
Louvre, une autre enfin chez le duc de Devonshire, et toutes nva-
lisent de jovialité' et de valeur artistique.
Un sujet, non moins cher à Jordaens, est le proverbe : les Jeunes
pépient comme chantent les Vieux (lig. 487). Le plus anaen tableau
illustrant ce dicton et le meilleur est celui du Musée d'Anvers,
datant de 1638. Une société' de bourgeois cossus entoure une table
copieusement servie; grand- père et grandmère chevrotent un vieux
refrain ; le père joue de la cornemuse. Ce sont la les Meux qui chan-
, tent. Les enfants soufflent
sur leurs pipeaux ; ils repre'sentent les jeunes qui pépient ! Une lumière radieuse se mêle aux ombres et au clair-obscur.
La couleur éclatante est tour à tour veloutée et émaillée. Parmi ses tableaux m>-thologiques, il faut citer : Jupiter et la T7,^ , T I c • Chèvre Amalthée, dont
FiG. 4QI. — Jordaens. — La Sérénade. T^
(Coll. Leblon, Anvers.) (Cliché Alexandre.} il existe Une VCrsion aU