JACQUES JORDAENS
V\G. 484. — JOUDAKNS. Al.I.KGOHlE
DK I.A KkCONDI I K.
(Mus^ée de Hrfi.xelles.) (Cliché IlerDians.)
peintres de son époque.
Il avait commencé sans cloute par peindre à l'aquarelle, car, lorsqu'il fut reçu, en 1615, dans la gilde de Saint-Luc, il y fui inscrit comme aquarelliste iwaterschilJer). Ses ouvrages du début étaient probablement des toiles dans le genre de ces tapisseries de lin tissé dont on garnissait alors les parois des chambres. Le plus ancien tableau que nous connaissions de lui est le Christ en croix de l'église Saint-Paul à Anvers, peint probablement en 161 7, ou même avant. Jordaens n'a pas encore trouvé sa manière, et sa facture n'est pas encore fixée. On trouve son style pour la première fois bien marqué dans F Adoration des Bergers (fig. 482) du Musée de Stockholm, datée de 1618. Dans ce tableau, nulle intervention du surnaturel. Marie et le petit Jésus sont de simples mortels. Elle n'est qu'une mère enchantée de montrer son nouveau-né à quelques paysans du voisinage. La couleur est appliquée à pleine pâte ; l'opposition des clairs et des ombres est très
accentuée : c'est une œuvre de vigueur fruste et de vérité sans alliage.
L'Adoration des Bergers est du domaine commun à tous les peintres. Le premier, Jordaens commençai traiter des scènes de la vie populaire, -comme personne ne l'avait fait avant lui. Ce fut d'abord le Satyre et le Paysan (hg. 483), la fable du chèvre-pied qui s'assied a la table du paysan, surpris
KlG.485.-J0RDAF.NS.-P0H,HA.TDKKAM.l...K. ^^ '"' ''''''' SOufflcr indlffé- ^\/l<SlV .ÏH Pr.lio J (Cliché Atidersnn.) Temmcnt le chaud et le froid ;
Fio. 486 — JoRDAENs. — Le Satyre
KT l.E l'A V SAN (Musée de liruxelles.) ((Cliché flermant )
1/ uvrr d'un re'alum'- rrn- (orcr : le niitrc en lf»uii (Ir- rnangcr ta bouillie e»t un être tant a\t\nci : ta f'-mm^- ri tf,ute ta farmll'ont dr vrai» vill«i^<-'-r- .
I .a couleur de ton savoureux est appliquée sur Li toile a pleine» coulée» :
du routée éclatant, du blanc intense, ça et la des accessoires vibrar t d autres tons sonores. Ce ne sont plus les paysans de Pierre Breughel ; il»
sont grandeur nature ; Jordaens les hausse a la taille de héros d'épopée. 11 traita ce sujet a différentes repnses ; M Alph. CeU j (de Bruxelles) possède la plus ancienne de ces versions, celle qui fut gravée par Luc Vorsterman. Les IVIusées de Munich, de Budapest, de Cassel, en possèdent d'autres de cette prennière pénode. Ailleurs | on en trouve d'époques postérieures.
Parmi les meilleurs tableaux de sa première pénode. il faut compter les Quatre Evangélisks du Louvre, ou les tons sont un | peu adoucis et plus fondus, mais tout aussi sohdes. Ici, comme dans la plupart de ses chefs-d œuvre. Jordaens se révèle puissant observateur et véntable psychologue. Ces quatre évangélistes sont autant d êtres graves et réfléchis, d'anciens artisans qui s élèvent '
à la dignité de leur rôle, chacun selon sa nature.
A cette époque remontent aussi quantité de tableaux d'autel : le Martyre de Sainte Apolline, de l'église de Saint-Augustin a Anvers (1628) :
Saint Martin guérissant un possédé du couvent de Saint-Martin à Tournai ( 1630). transféré depuis au Musée de