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STATUAIRE

la béatitude dés bienheureux, ou l'ascétisme farouche des prophètes et des apôtres. Le goût satirique et grivois du peuple se donne fréquemment carrière dans d'innombrables figures comiques et hcencieuses introduites dans la décoration des édifices ou du mobilier des éghses.

Le chef-d'œuvre de notre statuaire gothique primitive se trouve sur la façade de la cathédrale de Tournai. Des figures et des groupes de divers siècles s'alignent en trois séries superposées : la série inférieure date du Xlll" siècle et représente des prophètes (fig. 51), des pères de l'éghse et Adam et Eve. La barbarie a disparu, les attitudes sont naturelles et variées ; les personnages se drapent avec une sobriélé presque classique.

Au nombre des plus anciens ouvrages sculptés, il faut compter les ivoires sur lesquels, dans les temps reculés, on inscrivait les noms des prêtres et des néophytes et qui servirent plus tard de garde aux Evangiles et à d'autres hvres du culte. C'est, par exemple, une garde appartenant à la cathédrale de Tournai et représen-

1' IG. 5o. — ECUYKR

nv Bkffroi

DK GaND.

(Cliclic Seuckens.)

Fio. 5i. — Prophktes.

(Cathédrale de Tournai.}

(Cliché Hermans)

tant Saint Nicaise avec son diacre et son acolyte (fig. 52). Cet ivoire sculpté remonte au ix*" siècle. On admire la noblesse et les imposantes proportions du personnage principal, entouré d'un joli motif ornemental dans le style roman.

Les orfèvres aussi fournissaient de superbes ouvrages aux églises et aux abbayes, des châsses, des fiertés ou autres reliquaires de vermeil incrustés de pierreries. Les archives en mentionnent du IX siècle; mais nous n'en avons pas conservé de celte époque.

Le plus ancien et le plus remarquable ouvrage d'orfèvrerie des premiers siècles est la châsse de Sainte Gertrude, appartenant au trésor de la Collégiale de Nivelles et qui fut exécutée de

Mil à \2^m (lig. 53). tJlc rn>r«cn!c un* rKliKc v,(i\\\\i\\ïc avec det bAft-rclidt illutiratr la vie cl le» miracles de la S/unIc. Ce» »cènc» sont »culi)lec8 »ur le toit de l'éKliie. Sur le» parois de la nef court une »cne de figurines de saints. Sur la cKâs»e de Saint IJeuthèr' (lit?. 54). exécutée en 1247. et appartenant a la catlicdrale de lournoj. est représente' le saint c'vrfjue tenant d une main la crosse, de l'autre la maquette de l'église. L'ajçcncemenl de cette œuvre révèle un artiste ingénieux l||gâ|g^^M^ habile et plein de goût.

flHH^^^^H Les fonts baptismaux, dont il nous reste

I ^I^^H ^" grand nombre, comptent ponni les plus

I ^""^^^B I précieux spécimens de notre sculpture pii-

milive. On en trouve déjà au X! siècle, mais

ils se multiplient au XII . Les plus anciens, d'un travail rude, sont en pierre. D'aucuns comme ceux de Herenthds, sont dépourvus de tout ornement ; d'autres, comme ceux de Gentines, sont décorés d oiseaux et de feuillages. Les premières figures que l'on y voit paraître sont de véritables cancatures, comme celles des fonts baptismaux de Zedlichem (fig. 55) ; d'autres, péu- exemple à Goesen (fig. 56), montrent des têtes cuneuses par leur type assynen ; les uns et les autres sont les plus anciennes reliques de la sculpture nationale, travail tout à fait grossier exécuté comme à coups de hache. .Au

Xll'' siècle, les figures

prennent une apparence plus humaine ; ainsi celles qui décorent les fonts baptismaux de Wilderen (hg. 57). L'exemplaire le plus remarquable est daté de 1 I 1 3 : ce sont les fonts baptismaux en cuivre de l'église Saint-Barthélemy de Liège (hg. 58), exécutés par Renier de Huy pour l'église Notre-Dame-aux-

Fio. 52.

Saint Nicaise.

son diacrf.

et son acolyte.

(Cathédrale de Tournai.)

(('liche lioiisseau )

Fiu. 3i.

— Xiveli.es. — Ch.\SSE de bAiNTE

Gertrude dl* xni* siècle. (Cliché Théo Geffin.}

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