ECOLE DE PAYSAGISTES ET D'ANIMALIERS
l''i(..534.— Ryckaert. — L'Ai. chimiste.
{Musée de liruxelles.) iCUlIu' Ilermans.)
peinture savoureuse. Mais le paysage n'intéresse pas Ryckaert. Il peint le bourgeois, c'est-à-dire la classe la moins pittoresque de toutes. Jordaens avait déjà fait de même, m^is alors que ce grand lyrique les magnifiait de son métier splendide, Ryckaert les présente sous leur aspect et à leurs travaux de tous les jours. 11 prélude aux tableaux placides et secs du xviii" siècle ; il manque totalement de fantaisie et même d'agrément.
Rubens n'a pas fondé seulement la peinture d histoire et de genre ; il a créé une école de paysagistes et d'animaliers. Parmi les premiers, ses collaborateurs furent Luc Van Uden (Anvers, 1595-1672 3) et Jean Wildens (Anvers, 1586-1653). Rubens avait réformé le paysage ; il en avait fait la représentation exacte et large de la nature, tantôt la vue héroïque, tantôt le site rustique. Quand Van Uden travaillait avec lui, ce qui arrivait fréquemment, il déployait une telle fougue et une telle vigueur qu'il est difficile de discerner le travail des deux collaborateurs. Toutefois la part de Van Uden se reconnaît à la prédilection pour les troncs d arbres élancés, grêles et tortueux, et aussi à sa lumière pâle et plus avare que celle de son illustre prédécesseur. Dans les tableautins qu'il peignit seul, sa mamère miniaturée le rapproche de Breughel de Velours (fig. 535). Jean Wildens fut encore un collaborateur assidu
de Rubens et paraît ,,,. , x, ,,
^ . ^ ^ Fig. 535. — Lixas Van Uden. — Paysage.
même avoir compté (Musée de Munich > (Cliché linu'kmann.)
Vui. byi). WiLDENs. - Paysage.
{Musùe Impérial de Vienne) (Cliché iMwy.i
paiini srs commensaux.
H iM- j)( i^'iiil |)as 8ful<'mcnl tics paysa^rs, mais (juantitc d'accessoires el de natures mortes. H semble même s'clre borne à cette flatteuse collaboration. SI bien qu'on ne lui attribue avec certitude que de rares tableaux complets. Outre quelques sites de la nature, il est e'tabli qu'il peignit quelques vues de villes
et aussi des animaux et des chasses. En géne'ral, les tableaux de Wildens sont gris et mats. On dirait d'une prose claire et cursive. Une vue de la campagne d'assez grande dimension, récemment acquise par le Musée Impérial de Vienne, est signée en toutes lettres (fig. 536). Aux lueurs dorées d'un soleil couchant, s'étend une pièce d eau aux bords de laquelle se groupent des bergers et des chasseurs ; des deux côtés quelques arbres élancés chaudement éclairés, superbe ensemble qui prouve que l'auteur était digne de collaborer avec Rubens dans ses plus fiers paysages.
Innombrables sont les !" paysagistes qui se succèdent jusqu'à la hn du X\ 11' siècle, mais ils sont en général de personnalité médiocre. Tous possèdent une certaine habileté et peignent un aimable site avec bois et montagne dans le style décoratif :
mais ils semblent insensibles aux beautés naturelles qu'ils prétendent interpréter. Néanmoins quelques-uns furent recherchés à l'étranger et dans
les pays où la peinture de la Fig. 537. — Corneille Huysmans.
n nature ne rerxontra que rare-
Pavsage. r-ii
(Munêe de Vienne.) (Cliché Bruckmann.) ment de DOns adeptes. Lillles
Kio. 538. — Ai.EXANDKE Kerricx. — Paysage.
(Mu HCC de lirttiisii'ick.) (CAichc liriicknuuin )
PAYSAGISTES DU Xl/'IJ" SIECLE
Neyts (Anvers, 1617- 1687), Pierre Gysels (Anvers, 1621-1690), Corneille Huysmans
(Anvers 1 648 - Malines 1 727) (fig. 537) sont des plus connus. Alexandre Kerricx travailla de longues années en Angleterre (fig. 538), Van Plattenberg en France, où on l'appelait Plate- Montagne ; Jacques Foucquier. Gaspar de Witte et Abraham Genoels, en France et en Italie ; Pierre Spierincx et Jean François Van Bloemen, en Italie ; René Megan a Vienne. Le meilleur d'entre eux fut Jean Siberechts (Anvers, 1627-1703), un artiste de réel talent (fig. 539). Il peignit des paysages avec figures et excellait autant dans l'ensemble que dans le détail de ses tableaux. Ses tons sont un peu poussés au noir, mais la fraîcheur de l'air, des étangs et des feuillages semble vraiment imprégner la toile. L'impression diffère totalement de celle que cherchent à rendre les amateurs de la torride atmosphère du Midi
qui préfèrent une roche à un arbre et le poil terne d'un baudet italien au pelage bigarré de la vache flamande. Siberechts sent la beauté du paysage natal ; il jouit de vivacité réconfortante qu'il dégage, et il s'entend à merveille a nous en communiquer la sensation.
Aux paysagistes se rattachent les peintres de marine. Ils ne sont ni nombreux ni brillants. Il est même étrange qu'Anvers, depuis deux ou trois siècles le foyer de la peinture flamande, n'ait point produit un plus grand nombre d'interprètes des aspects de l'Lscaut et d'observateurs de
FiG. 53q. — Jean Siberechts.
Paysage.
(Mtisce de Munich) iClichc linickiuann.)