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LA MANIERE DE TENIERS

Fkî. 53o. — Tenikhs. — Kkrmkssk villageoise. (Musée df Bruxelles.) (Clichc llermans.)

demeurent convenables ; mais la crânerie avec laquelle la casquette luisante est plantée sur la tête, les nippes aux plis savoureux et surtout les jeux capricieux de la lumière et de la couleur rappellent Adrien Brouwer. 11 procédait aussi de Rubens ; il lui devait la blanche lumière, la facture moelleuse, l'ordonnance pleine de naturel et de mouvement. Pierre Breughel non plus ne laissa pas de l'influencer, et la Tentation Je Saint Antoine{^g.529), aux personnages fantastiques, était même un de ses thèmes favoris. Il se montrait ami des paysans, mais il les interprétait en homme raffiné, et, en dépit du mépris de Louis XIV pour ses magots, c'était un peintre de cour. Dans beaucoup de ses Kermesses villageoises, par exemple dans celle de Bruxelles (fîg. 530), le châtelain et sa famille viennent prendre leur part aux réjouissances de leurs paysans, et dans ses compositions officielles, dans le Tir au Papegai à Bruxelles (fig. 53 1 ) entre autres, l'archiduc et un imposant afflux de courtisans assistent à la fête. Il est sensible aussi au charme du paysage ; la campagne qu'il peint avec une facilité et une joie cordiales est aussi gaie que les habitants. Il semble choyer les auberges et les fermes, qu'il enduit de teintes brunes, d'un marron moins foncé que celles de Pierre Breughel.

mais plus joyeuses, plus légères et plus ensoleillées.

Gilles Van Tilborch (Bruxelles 1625? -

1 678 ?) était un élève

de Teniers. Il rappelle j,,^. 33, -i^^.,ers. - Le Tir au Papegai. son maître aussi bien (Vienne. Musée Iwyéri.^n (Cliché Hruckmann.)

Il i'.f)/u

FlO. 532. — GiLl.h.i Va.s 1 ii.HOHr.ii.

Une Noce flamande.

(Musée de Dresde.) (Cliché liruckmann.)

par !<• rlioix cl<-s suj'l^ 'jur par la façon de Itt traiter, rnais il ne le rappelle que de loin.

Pourtant wjn j^ranci tableau de Dref.de, un*- Noce l'ianmndc \i\v,.

532), est d'un Teniera peine inft-rieur. D'autres grands tableaux, la l'cte villageoise de Lille, le Géographe ou mieux les C inq Sens de Dijon (1638). le hestin de La Haye, comptent parmi ses œuvres capitales.

Un meilleur e'Iève et imitateur de Teniers fut David Ryckaert (1612-1661), fils de peintre. Mais il ne reproduit des scènes villageoises que par exception. L'/l£i6crgc (fig. 5 33) de Dresde (1638) est un de ses plus anciens tableaux et pour ainsi dire le seul dans ce genre. Il y rappelle bien plus Brouwer que Teniers. Il choisit aussi des sujets chers à Jordaens : les Jeunes pépient comme chanlent les Vieux, et le Roi boit!, la Tentation de Saint Antoine, des proverbes, des allégories. Mais les scènes de mœurs populaires l'emportent sur le reste ; il pre'fërera l'artisan a l'ouvrage dans son logis avec sa femme et ses enfants (fig. 534); il ne représentera ni des scènes trop brutales, ni des épisodes trop folâtres : c'est un homme

rassis, un artiste calme, décent et pondéré. Ses modèles ne rient ni ne s'amusent; ils n'ont nen d'élégant, ni d'affable non plus ; leur lourde tête semble peser sur leur corps ramassé ; ils ont le teint blafard et pâle des ouvners en chambre. Comme

Fig. 533. — David Ryckaert. — LAcberge. ^"^^ .^ Cniers, les

(Musée de Dresde.) (Cliché Bruckmann.) aCCCSSOires SOnt d UnC

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