PEINTRES DE NATURES MORTES
1667), Jean-François Van Son (1658-1718). Le meilleur de tous est Jean Davidszoon De Hecm (Ulrccht 1606-Anvers 1683,4), dont la vie fut partagée entre la Hollande et la Belgique. C'est le peintre le plus prestigieux de ce que la nature a de plus féerique et l'industrie des hommes de plus raffiné. Heurs et fruits aux couleurs appétissantes ; mouches ou scarabées étincelants comme des pierreries, plumages variés, dentelles, cristaux, bijoux, gemmes serties par des doigts de fée, tout ce qui éblouit et caresse les regards fut rendu par ses pinceaux au point que sa peinture est un miroir magique rehaussant encore l'éclat et la splendeur des réalités (fig.
551). Son fils, Corneille DeHeem (1631-1695) traita les mêmes sujets avec talent, mais dans une gamme plus timide et plus éteinte. On rattache assez abusivement les peintres de fleurs aux peintres de natures mortes.
Les plus fervents se gardent bien pourtant de montrer leurs bouquets, leurs gerbes et leurs guirlandes à coté d'autres produits de la nature. Le plus célèbre est Daniel Seghers (Anvers. 1590-1661). 11 fut l'élève de Breughel de Velours et surpassa son maître dans le genre qu'il avait adopté. Il entra dans la Compagnie de Jésus, ce qui ne l'empêcha point ' de peindre toute sa vie. Son art • était d ailleurs un exercice de j
dévotion. 11 se plaisait à entou- ,, ^^ , ^ ..
j 1 j 'i- • a ' **^' ~ '■'^^ ^^ IIee.m. — Fruits.
rer de ses plus délicieuses Heurs isiust^e de Dresde.) (Ciuhô nmcktjuiuu.}
Fio. 55o. — Guillaume Gabron.
Nature morte.
(Musée de lirunswick.} (Cliclià liruckivann.)
Il AS nui
FiG. 552.— Dan.Seghers. S^ Ignace.
(Mtisôe iY'.\;n'ersJ (Cliché Ilennans.)
I (Irs mc-daillons de Vierges cl de
Saints. Nul n'a Irouve \H)\xr ses fleurs chatoyantes des tons plus frais et plus justes (fig. 552.
Segficrs eut pour élève» ou imitateurs : Jean-P}»ilip[>e Van Iliiel<-n (Malines. 1618-1667) et Nicolas Van Vercndael (Anvers, 1640- 1691). qui le suivirent fidèlement, mais avec moins de faveur.
D'autres encore se rattaclient a lui.
mais moins directement. Tels François Ykens (Anvers, 1601- 1693); Jean-Antoine Van den Baren. qui accomj^agna en 1656 l'archiduc Leopold Guillaume à Vienne ; Jean \'an den Hecke (1620-1684). Christian Luckx
(1623-?) el bien d'autres encore.
Enfin il faut citer les peintres d'architectures, dont quelques-uns
s acquirent auX\'ll* siècle un grand renom. Les principaux sont Pierre
Neefs, d'Anvers (1578-1660), et son fils, il adopta la manière de
Henri Van Steenwyck. Père et ■ .
fils, le premier avec le plus de
talent, peignirent de préférence
de petits tableaux représentant des
intérieurs d'église. Néanmoins, on
distingue difficilement les œuvres
de l'un de celles de l'autre. On
en trouve dans presque tous les
musées de l'Europe. Ils prirent
généralement Notre-Dame d'Anvers pour modèle, mais ils ne la
peignirent jamais telle qu'elle est.
Elle leur sert plutôt de thème à
variations. Ils s'ingénient à rendre
le jeu de la lumière qui se répand
dans les nefs et se disperse entre c- cco r. c r- ^,„c
^ Fig. 553. — Dan.Seghers. — Flelrs.
les colonnes. Leurs tableaux sont (Musée de Dresde.) (CHché Bruckmann.)