D'ARCHITECTURES
ordinairement animés de figurines exécutées par d'autresartistes(fig. 554).
La prmcipauté épiscopale de Liège fournit au XVlh' siècle à la Belgique quelques artistes de renom, qui se séparèrent de l'école flamande et subirent l'influence méridionale. Gérard Douffet (1594- 1660), qui, dit-on, travaillait chez Rubens, fut le maître de Bartholet
FiG. 554. — Pierre Neefs. — Intérieih d'église GOTingiE.
(Musùe du Prado) (Cliché .\ndcr:>n>i)
Flémallc (1614-1675). Celui-ci visita l'Italie et, à son retour à Liège, il eut pour élève Gérard de Lairesse ( 1 64 1 - 1 7 1 1 ), qui alla se fixer à Amsterdam pour y révéler par ses écrits comme par sa peinture le style académique que le règne de Louis XiV semblait avoir définitivement
FiG. 555. — GÉRARD DE LAIRESSE.
Judith.
(Musée de Liéffc) (Cliclié Lévy.)
établi en France (fig. 555).
Le XVI IK siècle fut pour notre école de peinture une ère de profonde décadence et de longue léthargie. C'est tout au plus s'il nous vaut de pâles tableaux d'autel, sans invention et sans couleur, signés Guillaume- Ignace Kerricx (Anvers, 1682- ^^^^^ do.mestique.
1745), Jacques Van Helmont (Musée de Urunswick) (Cliché liruckmann.) 281 ■
FiG. 556. — P.-J. H0RE.MANS.
I LANnni
Fir,. 557. — A.-C. Lens. — Ariane.
(Hnixelles, Miinét) (Cliché llermans )
(Bruxrllrs. 1683-1726). KoU-rl Van Audenacrdr (Gand, 1665- 1743), ou des scènes dornc»liqucs d un rralismr rduiror»' (•laixjrccs [)ar un Pi<:rr<--Jacf)U'-s \ loremans (Anvers, I 70(J- 1 776) (fiK. 556). Des portraits par des peintres a peu près inconnus sont les œuvres les moins banales.
Vers la fin de ce siècle, une sorte de mouvement de réveil se produit dans le monde des arts.
Andrè-Corneille Lens (Anvers 1739- Bruxelles 1822) s'en fut étudier a Rome et, à son retour, se posa en champion de la liberté des artistes, demandant que ceuxci fussent désormais dispensés de l'obligation de faire partie de la gilde de Saint-Luc. Il obtint gain de cause, mais l'éirt ne s'en releva point pour cela, car Lens usa de son nom et de son influence pour suivre l'exemple de son maître Balthazar Beschey et implanter chez nous ce style pseudo-classique qui régnait despotiquement en France (fig. 557). Guillaume-Jacques Herreyns (Anvers, 1743-1827)
demeure plus fidèle aux an- ,
ciennes traditions (fîg. 558), et de même Pierre Verhaegen (Louvain, 1728-1811).
Celui-ci, talent plus solide, retourna résolument au style de Rubens et opposa sa peinture robuste et colorée aux mièvres compositions de Lens (fig. 559). Mais il prêcha dans le désert, et ce n'était pas encore de lui que devait partir le mouvement régénérateur. La secousse ne fut point non plus donnée par un- peintre qui s'acquit une grande renommée et qui fît même
Fig. 558. — Herreyns. — Le dernier
SOUPIR DU Christ.
(Musée d'Anvers.) iCliché Hermans.)