LES REALISTES : CONSTANTIN MEUNIER
l'IG. 5qI. — 'l'HOMAS VlNÇOÏTE.
Fronton du Palais du Roi.
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un second groupe de fculpteurs. Déjà Cathler (Charlevillel830-Bruxelles 1892) avait personnifie le travail par un groupe d'ouvriers au pied du monument Cockerill à Bruxelles (1872). Guillaume De Groot (Bruxelles, 1839), de même, symbolisa l'aclivitë ouvrière dans une figure vraiment puissante du Musée de Bruxelles (fig. 586). Ici le rude travailleur, l'humble tâcheron est haussé aux proportions d'une figure épique ; le quatrième état, en voie d'acquérir une si formidable influence sociale, va occuper désormais une place prépondérante dans l'art. Constantin Meunier était le plus âgé des sculpteurs de cette jeune école (Bruxelles, 1831-1904); il en était aussi le plus original et le plus vigoureux. Nous lavons cité à la suite de De Groot, parce qu'après avoir débuté comme sculpteur il se consacra entièrement à la peinture, pour ne retourner à la statuaire
qu'après une défection de vingt-cinq ans. 11 ne reprit le ciseau et l'ébauchoir qu'en 1885. Mais cette tardive rentrée fut merveilleusement féconde et glorieuse. En peu de temps Meunier s éleva hors de pair. Il fut par excellence le sculpteur de l'ouvrier :
d'abord du bouilleur du Hainaut, puis du travailleur de tous les métiers et de toutes les contrées. 11 sentit et dégagea la beauté du travail pénible et utile, celui du paysan qui ensemence sa glèbe (fig. 587) comme celui du forgeron qui martelle le fer (fig. 588). 11 est parvenu à revêtir ses modèles d'une beauté classique. Ils deviennent les héros d'un drame
Fig. 592. — Thomas Vinçottf.
Buste de I.éopoi.d II.
(Musée de Bruxeiies.) (Cliché lieckcr.) grandiose, tantct Commandant aux
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bien le panégyriste des passions violentes, des exploits athle'tiques, de la jouissance effrénée, de la femme plantureuse. Affranchi de toute règle classique et académique, il semble un héritier de la