LES MAITRES DE LA STATUAIRE
1891), le créateur de la Chute de Babylone (fig. 581) du Musée de Bruxelles et l'auteur de la statue de Leys à Anvers, sont classés parmi les plus importants maîtres de la statuaire de celte époque.
Notre nouvelle école de sculpture s'élève de beaucoup au-dessus de l'ancienne. Sans rompre avec le passé, elle a témoigné d une vigueur jeune et innové avec une audace heureuse. En général, elle est composée de personnalités qui se sont fait une haute idée de l'art, qui l'ont étudié avec ferveur et conscience, qui se sont efforcées de s'élever à une conviction personnelle. Il en est résulté aussi, comme pour la peinture, une grande variété de talents, de tendances et de manifestations. Mais ce que tous ces sculpteurs récents ont de commun, c est une pénétration plus profonde de la nature humaine, un sentiment à la fois plus intime I et plus intense de la vie, tantôt plus tendre, i tantôt plus viril, parfois ému et rêveur, parfois expansif et passionné.
A la tête de ceux qui mirent le plus de poésie dans leur art, nous placerons Paul de Vigne (Gand 1843 - Bruxelles 1901). Il étudia de longues années en Italie, où il subit particulièrement l'influence de Donatello ; mais il ne se laissa pas moins impressionner par l'école française moderne.
C'était une nature tendre, éprise des lignes élégantes du corps humain, interprétant les émotions nobles et délicates, faite pour donner à ses harmonieuses créations des formes irréprochables, et pour les parer de je ne sais quelle pureté et quelle grâce mo-
1 IV* • .. 1 ,1- Fig. 588. — Constantin Melnieu.
raies. Mais cette delica- i.k Korokron.
tesse ne 1 empêchait pas (Mu.-iccdc uruxciics t <<:iuitc Dciœuij
Constantin Meunier.
Le se.meur.
(Jardin liotaniqtie,
(lint.w'lk's.) (Cliché iKlœul )
FiG. 58o. — Jef Lambeai'x. — Le baiser.
(Miiacc J'Aiirers.) ((.licite llfriuaiis.)
I LANhKI.
d'cln- <m(Kjrle parioi» d un k>u(fl*- «-pKjur. Sa Povcrclla du Mu.u-c dr Hruxcllc» cxpnm*- »a lrndr<-s£<- r<;veusc ; son /mmorta- IHc du nfiéme Muscc (fig. 582) traduit son amour des lijçnc* curyllimiqucs ; &f)n 1 riompnc de l Art, a la façade du palai» des Beaux- Arls de Bruxelles, témoigne de sa noble (oi idéaliste, et son BrcyJcl cl Je C oninch au Grand Marché de Bruges atteste son héroïsme dramatique.
Charles Van der Stapr>en (Bruxelles. 1843-1910) s'efforçait aussi de rendre les aspects
variés de la nature et des sentiments humains et savait adapter son style au caractère du sujet. L Homme à ïépée (fig. 384) du Musée de Bruxelles montre des formes irréprochables et une attitude digne de l'art grec, avec plus de vigueur, plus de muscle, une hardiesse plus onginale que n'en montre De Vigne. Sa Mort dOmpdrailles éveille des émotions saisissantes par le déploiement d'une force surhumaine et fait entendre une éloquence tragique.
Julien Dillens (Anvers 1 849 - Bruxelles 1904) appartient au même groupe ; quelquefois il reste sous le charme de la statuaire italienne ; ailleurs il traduit de douces émotions en des lignes caressantes comme dans ses figures funéraires ; parfois enfin il s'essaie avec bonheur à des compositions d'allure plus grandiose, à des groupes monumentaux, comme dans sa Justice (fig. 585) du Palais de Justice de Bruxelles.
Les réalistes, ou plutôt les glorificateurs du travail manuel, forment
3oo
Fig. 5oo. — Jek Lambeaux.
La Fontaine dp Brabon.
(Grand'Place. Ani-ers.)
(Cliché Hermans.)