PEINTRES FLAMANDS
reproeenter les épisodes de l'Evangile, avec des types, des costumes, sous un ciel et dans un de'cor vraiment orientaux. Ainsi agirent les frères de Vriendt, Van der Ouderaa et Ooms (fig. 619, 620.621.622). Un autre maître anversois de grande valeur : Charles Vedat (Anvers, 1825- 1890) alla s'établir en Palestine et y resta deux ans. 11 peignit des scènes empruntées à l'Misloire Sainte : Vox Populi (le Triomphe de Barrabas), l/ox Dei (fig. 624) (le Triomphe du Christ) et aussi des tableaux de la vie quotidienne de là-bas. Dans ses récits du Nouveau Testament, tout comme dans ses aperçus de la vie moderne, il montre les hommes comme il les avait vus et dans le décor même où il avait frayé avec eux. Comme tous les peintres d'histoire précédents, Verlat ne se confina pas dans un seul genre ; sa production fut plus variée et plus abondante que la leur ; il fit
des tableaux de la vie commune, des portraits, bref tout ce qu'on désirait de lui, mais surtout des animaux. La Défense du I roupeau (fig. 625) (1878) du Musée d'Anvers est son chef-d'œuvre.
La fureur avec laquelle le buffle écrase le lion sous lui et les efforts désespérés du carnassier pour se dégager sont saisissants de grandeur et de puissance.
Dans tout ce qui nous venait d'Anvers se manifestait l'attachement au glorieux passé de cette ville : après 1830. Bruxelles disputa le premier rang au foyer principal de l'art flamand ; on s'y trouvait en rapport direct et plus
Vu,. ()22. — Cn. Ooms. — La lecture
prohibée.
(Mjiaée de Itriixelles.) (Cliché Ilermans.)
Vu;. Ô23. — CLl'YSnNAER.
L'emperei;r Henri IV' a Canossa.
(Musée de lirttxelUs.) (Cliché Lévy )
n.ANnnr.
rontinu avec Pan» : l'influt-nre rie la Irance y était plus manifeste, et les esprits s'y montraient plus imprcs&ionnables et plus vifs. Un des premiers qui déploya ces disfxii liions fut Jean Portaels (Vilvorde 1818-BruxeIles 1895). Ses frefqucnts voyajçes et séjours à I e'tranî?er en firent un peintre cosmopolite, sensible aux curiosite's exotiques et sollicité péU' le charme féminin, mais colonste terne et banal, ainsi qui! résulte de sa Loge à f Opéra de Budapest (fig. 626).
11 nous reste à parler de la jeune école, mais il est difficile et même impossible de porter dès maintenant un jugement d'ensemble sur ses tendances, car ce qui la distingue est précisément l'absence de programme commun. Chaque artiste, à commencer par les élèves de Portaels, suivit sa propre voie, et il y a autant de directions différentes que d'artistes de valeur. Leur maître contnbua ainsi k développer
cet individualisme moderne, qui a pour avantage de favonser l'onginalité et pour inconvénient de tendre vers l'anarchie. Le temps amènera-t-il la pondération et l'apaisement nécessaires pour nous permettre de fixer le caractère général de l'art contemporain ?
Il se peut. Pour l'instant, le principe généralement adopté est de ne suivre personne et de mettre en peinture plus d'images de la réalité que de rêves ou de pensées.
Parmi ceux qui se trouvèrent à la tête des jeunes générations.
nous rencontrons d'abord Alfred Fig. 624. — Charles \ erlat. r^^ /n 11 ioqt
Vox DEi Cluysenaer (bruxelles, \odJ-
(yiusée d'Anvers.) (Cliché Hermans) 1902), un artiste de tempérament
:»ib