‹ FlandreChapitre 41 sur 173 · CARACTERES DES TABLEAUX DE VAN DER GOES · texte numérisé non relu

CARACTERES DES TABLEAUX DE VAN DER GOES

d'harmonie dans le coloris que celui de Florence.

Les deux prophètes de ton SI fastueux et de physionomie si expressive prêtent un cadre de fantaisie et de splendeur à une scène historique fortement imprégnée du caractère de Van der Goes, le réalisme de la vie quotidienne, en dépit du chœur des anges qui s'y trouve mêlé.

Parmi les autres ouvrages attribués à Hugo Van

der Goes, deux au moins paraissent être de sa main. C'est d'abord un petit diptyque du Musée Impérial de Vienne représentant la Pieta et le Péché originel. La Pieta (fig. 184) est une peinture pour ainsi dire ' miniaturée ", que caractérisent à la fois les déplaisants visages familiers à Van der Goes et ses couleurs fines

et radieuses. Dans le Péché originel (fîg. 186), on voit deux figures nues délicieusement modelées, situées dans un charmant paysage.

La Mort de Marie du Musée de Bruges est aussi un tableau remarquable (fîg. 187). Du haut du ciel.

Dieu le Fils tend les bras à sa mère pour la recevoir, tandis que de son lit de mort celle-ci contemple le Christ avec espérance et amour. Les apôtres, abattus par la douleur, entourent la mourante. Les chairs nous frappent par un bizarre ton blanc cendré ; les vêtements présentent de grandes taches de couleur à reflets Fio. 200. — Memi.inc. — ViEiu.i; adoucis ; les physionomies sont intel- ,,.. AU ONATMR. ligentes, visiblement impressionnées;

(\ tenue, Musce Impérial.) .^ v V

(Cliché i.nwy} l^s ycux notamment sont remplis d an-

{\'ienni\ .\/hsiV Impérial.) (Cliché Li'tu')-.)

I LAN OHE

goistc : tout y ctt {/lu» diKrci. plut amorti qur cficz Ir \ ari (jrr C><^jc« orciuiâtrc. Pour expliquer U diffé' rcncc entre ce taUe^u et tet autres œuvre», or» prétcrjd qu'il avait deja l'esprit trouble quand il le peignit.

Sur l'un des volets du Martyre Je Saint Hipptjlytc attnijué à I hierry Bouts sor>t [>eints le* portraits des donateurs (fig. 186).

Ceux-ci diffèrent à tel point de»

autres parties de l'ouvrage qu'on les attribue a un autre artiste que

I hicrr>- Bouts, et notamment à

FiG. 20I.- Memiinc— Les DELx Van der Goes. La peinture si Saint Jkan. ■ i i r •

magistrale, les hgunnes si expressives lendent cette attnbution fort admissible.

Durant la seconde moitié du X\' siècle, la peinture flamande subit une sorte de rénovation avec Hans Memlinc, après les \ an Eyck. le plus grand de nos maîtres du X\ ' siècle. Il dépouille tout ce qu il y avait encore de raide et de rude dans les personnages de ses prédécesseurs. Il prête à l'apôtre Jean et aux saints ermites une élégance quasi féminine. Ses personnages ne sont pas des gens d'action, mais des rêveurs, ignorant la souffrance et la mort, qui se renferment dans l'existence mystique et dont la vie s'écoule dans une paisible contemplation ; ses modèles préférés sont des enfants enjoués, de tendres mères, des vierges pudiques, ce que le monde compte de plus aimable et de plus suave. Sa couleur est moins intense, " mais plus séduisante, sa facture polie, Fig. 202. — Memlinc.

Page 1