‹ FlandreChapitre 80 sur 173 · NATUREL ET VERITE DANS LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

NATUREL ET VERITE DANS LE PORTRAIT

Fio. 334. — Antoine Moro.

Marie Tudor.

(Musée de Madrid.) (Cliché Aiidvrsnn.)

se distingue aussi comme portraitiste. 11 naquit à Anvers vers 1518 et travaillait à Londres en 1554 ; à Windsor Castle et dans d'autres palais et châteaux de l'Angleterre se trouvent la plupart de ses œuvres, et celles-ci sont même tellement prisées qu'on hésite à les lui attribuer pour en faire honneur à Moro ou à Holbein (lig. 329). Le Musée de Berlin possède de lui un Portrait de Jeune hominz (fig. 330) à la casquette noire, dont Rubens fit une copie . D'une carnation chaude et caressante, peint grassement, le modèle se détache savoureusement sur un fond sombre et transparent. Le nom de Nicolas Neufchâtel ou Lucidel (de Mons) mérite d'être retenu pour quelques portraits aujourd'hui à Munich (fig. 331). Mais il nous tarde d'arriver au plus illustre des portraitistes du milieu du XVl' siècle, Antoine Moro. Il naquit vers 1519 à Utrecht, où il fit aussi ses débuts dans la carrière. En 1547. la Gilde anversoise de Saint- Luc l'agréa comme membre. Par la suite, on le rencontre à Bruxelles (1549), à Rome (1 550-1 551 ), à Madrid (1551), au Portugal (1552), à Londres (1553), puis il retourne à Utrecht. d'où il repart en 1559 pour accompagner Philippe II en Espagne. A Bruxelles, nous le voyons travailler en 1 568 pour le duc d'Albe. Il meurt à Anvers en 1 576. Il fut le peintre attitré des princes et des grands ; aussi la plupart de ses portraits sont-ils des efligies d apparat, soignés jusque dans leurs moindres détails, sans que cette minutie nuise le moins du

l' ic. 335. — Antoink Moro. — (>icanoink.s. (Musée de lierlin.) (Cliché Phot. Gesellschaft.)

FiG. 336. — Amoine Moko

L'E.MPEKEl'R MaXIMIIIKN II iSIttsée de MiUlrid.) (lllichc Andcrsun.)

iLASbni:

inondr a la vcrilc de \& |>hy»ionomie. au naturel de 1 altitude, au fruson même de Id vie. V.r% mrxJèlet \\\%\<n\<\uf% j/^^rlrni leur caractère gravé d'une fa^on tajiuMnte sur leur visage. Ain»i en .Marie ludor (fig. 334) du Musée de .Madrid, on reconnaît 1 implacable fanatique, l'homicide vêtue d<r srjie et i>aree de bijoux : dan» le duc d'Albe (fig. 332) (une copie) de Bruxelles, l'oppresseur f>crfide et fcroce; en son proi)re portrait de Florence (fig. 333). 1 artiste profond et pénétrant ; dans les C hanoincs de Berlin, les prêtres de doctrine austère, mais de vie plutôt e'picuricnnc (hg.

333); en Maximilien 11 "a Madrid (fig. 336). une suprême aristocratie, une distinction native. Mais il ne rendit pas seulement dans toute leur originalité les grands de la terre et les pnvilégiés de la société, il saisit et fixa aussi la caractéristique des déshérités et des grotesques. Ainsi le bouffon du cardinal Granvelle au Louvre et Pereson le bouffon du roi d'Espagne au Prado (tig. 337) comptent parmi ses chefs-d'œuvre. Ce dernier tient un jeu de cartes dans une méun ; il porte l'autre main à la poignée desonépée.

Ce type de laideur a été empreint dans la Fig. 33;. — Antoine Moro. toile avec une force et une intensité sans Pereson, Bouffon dc- Roi égales, et pourtant sans la moindre rudesse. En général, malgré leur solidité, ces portraits ne tombent jamais dans la raideur. Ils

représentent la transition entre les personnages un peu compassés de la période antérieure et les figures que Rubens et \ an Dyck vont bientôt animer dune vitalité débordante.

Au cours du X\l' siècle, nous rencontrerons encore comme portraitistes Gilles Congnet (1338-1399). Il peignit Pierson La

D Espagne.

(Musée Je Madrid.) (Cliché Anderson.f

Page 1