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PAYSAGISTES ANVERSOIS : LES BRIE

rencontre de ces dernières au Palais Rospigliosi de Rome, dans les bainsde la maison Sainte-Ce'cile, au Vatican (hg. 354 -355), et à Sainte- Marie- Majeure. Elles sont fort décoratives et s'accordent harmonieusement aux lambris somptueux qui les encadrent. La Bibliothèque Ambrosienne de Milan est aussi fort riche en œuvres de Paul Bril ; menus paysages fins comme des miniatures ou vastes compositions largement brossées. Paul Bril était et demeura un peintre de pure race flamande qui pratiquait le paysage avec la fantaisie et le métier scrupuleux et savoureux de ses compatriotes, mais

qui, sous l'influence italienne, adoptaun style plus large et plus décoratif, il n'isole pas un coin de la nature ou ne s'arrête pas à un Eitedéterminé, mais il combine des motifs divers, imposants ou séduisants, qu'il emprunte à la région alpestre.

11 inaugura donc le paysage monumental, qui se perpétua durant des siècles, tant en Italie que de ce côté des monts.

Durant la seconde moitié du xvi" siècle, l'école des Italianistes subit une transformation ou plutôt une ' ^ série de transformations qui la détachèrent encore plus de l'ancienne école flamande, mais qui la séparèrent tout autant de l'italienne et lui assurèrent une réelle originalité. La couleur reprit son importance, couleur arlificielle sans doute, mais plus riche que.celle

1 • "i r • . ^''<''- ^^-- ~ l^AL'i. Bail,. — Lk Chris I gikrissant

des premiers italianistes.

On vit alors quantité de llUiucothcquc de Mimich.t iCUchc Hnukmjnn.)

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Fio. 35i. — JossK De Mo.mpiu. — I.k Pkim kmps. I Musée de lirunswick.) (Cliché Hruckmann )

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Vu,. 353. — l'Ai I liMii — Paysage MortTAGXEix.

(SIh^vv de hrcsdc i (rdchâ Uruckm^inn )

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fort adroit» à rrun.irr lr« pinceaux, mai» dc\to\u- VU! de véritable tem- ]>i'tàmrn\ artiitKju'*. narratcurb prolixe» fi r-pitode« biUiques ou de légendes de saints, mais (Irnucs de puissance dramatique et de sensibilité.

A leur tcle s'avance Martin De Vos d'An- | vers (I 531-161 3). qui fit le voyage d'Italie et connut le Tintoret a Venise. Il se trouvait dans la pleine maturité du talent quand se déchaîna la furie des iconoclastes, qui anéantit tous les tableaux d autel des églises d'Anvers. Le pays ayant été pacifié et le culte rétabli, les églises, les gildes et les confréries

s'empressèrent de rebâtir

11 1 FiG. 334. — Paul Bbil. — Paysage.

leurs autels, et de cette (lUbiiotheque du Valicant (ClicM R. Mourionif

époque datent d'innombrables tableaux religieux, traités dar.s la manière emphatique et

déclamatoire des écoles

bolonaise et vénitienne.

De \ os était un artktc exiraordinairement fécor.d qui brosscut avec entrcun et comme en se jouant composition sur composition.

Il avait connu en Italie l'enseignement d'un des plus stupéfiants improvisateurs de la peinture, auquel il n'emprunta malheureusement que cette faci-

FiG 335. — Pavl Bril. — Paysage.

(Palais Rospigliosi. Rome.} (Cliché R. Moscioni.)

INFLUENCE DU TINTORET SUR MARTIN DE l'OS

Vu;. 356. — Mahtin Dk Vos. L Incukimi.ité de Saint Thomas.

(Mit<icc .i'Ani'crs.) (('.licite Ilcniuiiis.}

lité et celte abondance. Le Tintoret est le plus fougueux des peintres ; Martin De Vos, au contraire, est pondéré jusqu'à la timidilé dans la conception comme dans l'agencement de ses motifs ; sa couleur ne manque pas de variété et de brillant, mais elle est dénuée de vigueur ; ses personnages semblent pommadés et fardés ; de tous nos peintres, c'est celui dont la manière nous donne la plus fâcheuse impression de porcelaine. LI ncrédulilé de Saint Thomas (fig. 356), qu'il peignit pour l'autel des pelletiers dans la cathédrale d'Anvers (1574), fournit un exemple de ces tableaux fastidieux où des figures sans passion prennent des attitudes symétriques. De même pour le Denier de César (fig. 357) peint en 1601 pour l'autel de Saint-Eloi à l'église Saint- André, une de ses dernières œuvres, actuellement au Musée d'Anvers. Le meilleur tableau de Martin De Vos est le Triomphe du Chrisl (fig. 360), au Musée d'Anvers, un triptyque composé pour le Vieux Serment de l'Arbelète. Ici nous trouvons une réelle élévation du sentiment. C'est a croire que cette fois Martin De Vos fut emporté par son sujet et qu'il travailla autant du cœur que de la tête. Néanmoins, chez lui comme chez brançois Fions, le portraitiste vaut mieux que le peintre d'histoire. Nous citons comme preuve le portrait

l"iG. 357. — Maktin Di: Vos.

Le Dkmkr de (^.ksar.

iMusce dWiivt'is ) (('liclu^ HcniUDis I

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Fio, 35s. — Martin I)k \ os — Portraii

or I A FAMii.i.K Anselmo.

(Musce Ai- Hriixellea ) (Cliché Ixictul.)

dr U famille Anwlmo (fl^. 358). qui M- Ifouvr au Mui^c de BruxcDrt M 377): celui dr G.llr»

I lofîman rt dr $a frrmnc ( I 370).auMu»ecd'Anutcrdam (hg. 339) ; cn6n criui d'une dame inconnue, a Madrid. Dans tout ces portraits, j'aif^ect de porcelame si défai^rcable dans la f>einturc de De Vos est fortement attc'nuc es modèles sont de robustes

et change en une pâte d'email solide

types flamands rendus avec conscience et venté.

Le principal élève de François Moris fut Ambroise francken d'Anvers (1544-1618). fils d'un peintre et le cadet de trois frères également peintres. Le musée et les églises d'Anvers [>ossèdent quantité de ses tableaux. La Multiplication des Pains (fig. 361), qu'il peignit en I 598 pour l'autel des meuniers et des boulangers à la cathédrale, est le meilleur de ses ouvrages. Le plus grave défaut de cet artiste et de tous ceux de son groupe est d avoir perdu ce sens de la couleur que possédaient leurs prédécesseurs. Ils s'ingénient à produire de l'effet par des tons rares, et ils en trouvent

d'artihciels et de déplaisants. Dans le Martyre des Saints Crépin et Crispinien (hg. 362).

exécuté pour l'autel des cordonniers a la cathédrale, le peintre a cherché le sujet d'un drame, mais les persoRr.ciges qui l'interprètent sont les bourreaux et non les martyrs. Ceux-ci ne lui ont fourni que le prétexte de

^ o- ,, ^ ,. w. peindre du nu : mais ces

Fig. 3oc). — Martin De \ os. — Portrait , .

DE Gilles Hoffman et de s.v femme. ^"^^""^ ^^"^ cotonneuses

(Musée dWmsterdam ) (Cliché linickmami.) et mates. Tout CC monde

- ÀMBROfSr. r-RANCKEN ET SON CROUPE

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Fie. 36o. — Martin De Vos. Le Tiuo.MPHE DU Christ.

{Musi^e dWiwers.) (Cliché Hcrviiiiis.)

FiG. 3ÔI. — A.MBROISE FrANCKEN.

La Multiplication des Pains.

(('liché Ilcnnans.)

a beau s'agiter, aucun n'arrive au pathétique. Il se trouve au Musée d'Anvers un triptyque provenant de l'autel des forgerons à la cathédrale. Il porte un monogramme composé des lettres GLMB(fig. 367) et le millétime 1588 tracé sur un mausolée. Ce tableau est évidemment de cette époque, mais on ne peut l'attribuer à un des maîtres connus. 11 présente quelques rapports avec les œuvres d* Ambroise Francken, mais les visages sont plus vivants, plus portraits ", le dessin plus châtié, le tout plus naturel. C'est même une œuvre supérieure a la plupart de celles de ce temps.

A ce groupe se rattache encore le Gantois Luc de Heere (1534-Paris 1584). 11 était le plus lettré, mais aussi le plus académique des arlistes de son temps. A l'église Saint-Bavon à Gand, il y a de lui un Salomon recevant la Reine de Saha daté

KiG. 302. — A.MB. Francken. — Li; .NL\r-

TVRE DES Saints Crépin et Crispinien.

iMii^cc dWni'crs.) ((Hiclu^ IlerniiinA.}

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I"iu. 363. — I.iic Df Iikkrk, — Les Vierges

SAGKS Kr I FS \'lKRGKS KOI. LUS.

(Muste de Cuptnhague I

(Jr I'jS'^; au Mu" de C.of>rnfiaguc, /c> i uTf^ch Sages et le» Vierge» /'oUcs (fig. 363). l'une et l'autre (ruvTct d'unr c irrrciion l>irn (foifJc. A cetic li»lr ajoutons enfin le Bruxelloiijcnte VanWinghc (1544-1 rar.cfort \(À)}). dont le Musée Impérial de \ icnr.c f>o»M-de entre autres deux tableaux d'une tonalité e'teinte, représentant Apcllc peignant la maîtresse ([Alexandre le Grand (fig. 364).

Le plus celcbre et le plus remarquable des Flamands installés h l'élranger est Denis Calvacrl ou Dionysio liamingo. Il raquit à Anvers, vers 1540. et se rendit vers sa vingtième année à Bolr^r.e. au moment où se fondait l'école bolonaise, le dernier épanouissement de la peinture italienne. Les Italiens »ont les premiers à reconnaître que. par son robuste coloris. Calvaert contribua pour une grande

part au développement de la nouvelle école et que plusieurs de ses nombreux élèves. pMDur ne citer que le Guide et l'Albane. composèrent leur pellette d'après la sienne. La physionomie de ses personnages respire une jeunesse et un charme qui exerça une influence féconde sur les écoles transalpines. De son côté, il emprunta a ses con.Vères Italiens ; ses ligures contractèrent une expression passionnée, une profondeur de f.g.3ô4.-JosskVanW,nohk. sentiment ignorée des ar-

Apelle peignant la maîtresse -, 1 x" 1 c r . .

dAlexandre LE Grand. tistes du Aord Ses Saints

(Musée Impérial de Vienne! (Cliché Lôiry FranÇOis et Dominique

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