LA MANIERE D'OTTO VENIUS
est moelleuse et grasse, le coloris chaud, la lumière caressante et transparente, le tout sans vigueur spéciale ; la couleur panachée de Martin De Vos a disparu ; les personnages ont recouvré la santé et sont heureux de vivre. On sacrifie bien encore à la correction académique, mais on y arrive plus simplement. Si l'artiste ne déploie pas une grande puissance créatrice, du moins a-t-il répudié le mauvais goût. Un de ses meilleurs tableaux est le Christ avec les quatre
Pénitents
(fig. 369) du Musée de Ma-
Fig. 370. — Otto Vkmls.
yence. I-a Vocation dk Saisi Mathieu.
Otto Ve- (Musée d'Aiti'ers.)
(('liclic IIcrvia)is)
mus peignit aussi quantité de portraits. Celui de Miraens,éoêque J Anvers{^g. 373), est carac-
téristique de sa manière dans
Fi<;. 371. — Otto Vknii's.
(^haritk dk Saint Nicolas.
(Miiaéc d'Ainiers.)
{dlicltc llciDiaiis.)
ce genre ; c'est de la saine peinture, sans puissance remarquable toutefois. Notre peintre était un esprit très lettré et très cultivé ; il écrivit nombre de livres, prêchant la morale, mettant l'histoire en tableaux, essais qu'il illustrait d'estampes dans le goût de l'époque.
Il traita aussi semblables sujets dans des séries de tableaux : telle la Vie de Marie en quinze tableaux et le Triomphe
Fig. 372. — Otto Ve.mis.
Saint Nicolas proiège ,Mvra
ASSIK(iKE.
(Mtisic d'Ani'crs.) (Cliché llcrwans.)
</( I l'.^liyc C(ilfu>li(fuc cil BIX tableaux, tou» deux au Mu«?c <lc
SiliIcmnlKiin. Il exerça une influence prépondérante »ur utn illustre
clcvr Kulx-ns. qui fut il !W)n
exemple- d la foi» un Irttr»- r\
un artiste.
Martin Pepyn (Anvers.
1575-1643) était plus jeune
d années, mais de style i)lus
ariliaï jue. Il d< meura Ix-au-
coup |)lustidclequ Otto Venius
a l'école des Romanistes antérieurs ; il en a conservé la couleur froide, le terne éclairage
et le dessin timide. Le Musée
d'Anvers possède un grand
nombre de ses peintures. L'un
d'eux, le Baptcrnc Je Saint
Augustin, est daté de 1626
(tig. 374). 11 atteste que son
auteur était demeuré tout a fait
étrange: à l'influence de Ru-
bens et qu'il continuait a peindre tendrement, suivant la manière
traditionnelle, alors que l'école entière se laissait entraîner sur les traces du formidable révolutionnaire vers un art plus fougueux et plus puissant.
C'est en Abraham Janssens (Anvers. 1373-1632) que se manifestent les premiers symptômes de cette révolution. Le Musée d'Anvers possède de lui deux lamentables tableaux religieux, et il en existe encore beaucoup d autres de ce genre. Mcus, par contre, le même Musée contient un Escaut (Scaldis) avec
la Pucelle d'Anvers (hg. 373),
FiG. S-j. — Martin Pepyn. j i i i i: J û ,.
, n i ^, . dans lequel la heure du neuve est
Le Baptême de ^aint Augustin. .^ ' j " o L 1
(Musée d'Anvers.) (Cliché Ilcnnans ) déjà UH DlCU de Kubcns, par la
ig2
FlO. 373. — OlTO VeML'S. — FoHTHAlî DE .MlRAEUS. tvtqVZ D'.\m*EI»S.
iSlusit d'Anpen.f (Clickt HermanM i