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ABRAHAM JANSSENS ANNONCE RUBENS

Fio. 375. — Abraham Janssens. — L'Escaut (Scaldis)

AVKC LA PUCELLE d'AnVERS.

(Musci: d'AiiPCrs.} (Cliclic llcrmans.)

vigueur des muscles et la transparence des ombres. LaPucelle d'Anvers est digne de cette figure héroïque. Lorsqu'on se rappelle que Janssens peignit ce tableau en 1610 pour la salle des Etats à riiôtel de ville d'Anvers, et qu'à la même époque et pour la même salle Ru-

bens exécuta sa première Adoration des Mages, on comprend d*oii provenait cette révolution, et on n'hésite pas à considérer le Scaldis, sinon comme une œuvre de la main de Rubens, du moins comme une figure créée sous son influence directe. Ce tableau n'est pas le seul qui présente des particularités faisant songer à Rubens. Le Musée de Berlin possède de Janssens un Vertumne et Pomonc et un Méléagre et Atalante (fig. 376) avec animaux par Snyders et rappelant tout a fait \dPucelle d'Anvers. Les figures sont solidement

charpentées et peintes avec verve.

La dureté et l'opacité du coloris portent l'empreinte du vieux style, mais à bien d'autres signes il est manifeste que la révolution a commencé.

Au XVI" siècle, la gravure suivit le même mouvement que la peinture. Elle commence par reproduire sur bois les compositions immortelles qu'Albert Durer. Hans Burgkmair et Hans Springinklee exécutèrent pour l'Empereur Maximilien. L*Anversois Corneille Liefrinck travailla à Augsbourg en 1510 à la Généalogie de Maximilien ; en 1 5 1 6 et 1 5 1 7, il produisit neuf

Fig. 376. — Abraham Janssens.

Mki-éagre et Atai.antk.

(Miiscc de licrlin.) (Cl. Phot. Cicsdlscluifl.)

FiG. 377. — JeaS MoLTJfs.

Le doge Fi«a>çois I)o.xato.

iMut^e Plant tn Morctut.)

(Cluhe lUrmau*.)

I l.Wl} /< /.

des l)()iH (lu C(nt(K''" tn«*rn|)lidl d'AI-

bcrl Durer, en I "316-1618. dou/c

pièces des Sainl» d'Autriche, d'autres

planches encore. CÀuiIlaume Licfrinck,

probaMement \r frère fie ( orneiHe.

travailla de I 3 1 6 à 1318 aux mêmes

œuvres célèbres; en 1528. il était

de retour a Anvers, ou il vécut

juscju'en 1338 ; son clèvc Jean

Molyns ou Lyns suivit les traces de

son maître. Son i)ortrait du doge de

Venise, François Donato, gravé et

publié par lui en I 554, a encore la

facture large et puissante de l'époque

précédente (tig. }11). Une suite

de neuf planches gravées sur bois,

appartenant à la même école, représentent de manière vigoureuse des

héros à cheval dans l'attitude de combattants : Godefroid de Bouillon. Hector de Troie et d'autres. L'une

de ces pièces porte la date de 1 5 10 et le monogramme M. C. ; une

autre, avec les initiales R. H., s'est conservée. La Bibliothèque

Royale de Bruxelles possède des exemplaires des deux éditions dont l'une, portant le nom des preux en flamand, appartient à la même école de facture large et puissante (hg. 378).

La génération suuante perdit beaucoup de cette vigueur et adopta une mcmière maigre et déliée, qui parfois ne manque pas d*élégance : tel le p)ortrait de la reine Elisabeth pdj Jean Liefrinck, fils de Guillaume. Ce fut cette même manière qu'adopta Pierre Coeck. l'auteur de

la séné les Mœurs des Turcs,

FîG. 378. — Un des Neif Preux. J" 1 L J " ' 1 *

,,. ' ,, „..,. ^, „ , . en dix plcinches dessinées par lui

(Bruxelles. Bibliothèque Royale.) . ^ . JT ,

{Cliché van Damme.) \Q%- 3oU et hg. 5o\). 1 el en-

LES GRAVEURS Sl'R CUIVRE

graveurs sur cuivre

core fut le style que suivirent la pléïade d'illustrateurs de livres qui travaillèrent pour l'imprimerie plantinienne, Arnold Nicolaï, Antoine Van Leest, Ge'rard Jansen, Corneille Muller qui gravèrent d'après les dessins de Pierre Van der Borcht, et beaucoup d'autres.

Bien plus grand fut le nombre de dans la seconde moitié' du XV 1' siècle. Anvers devint alors le grand marché des estampes qui souvent se publiaient par cahiers de plusieurs feuilles.

Parmi les peintres les plus réputés de cette ville, il y en eut qui procurèrent aux graveurs sur cuivre des modèles innombrables : François Fions, Martin De Vos, dont les travaux de ce genre se comptent par centaines ; Stradanus de Bruges, Pierre Breughel. Les tailleurs de ces modèles furent plus nombreux que les dessinateurs. 11 y eut d'abord les simples reproducteurs en cuivre des dessins, qui multipliaient la composition sans y ajouter de leur art, tels les graveurs des planches religieuses, des préceptes moraux, des allégories, des enseignements historiquesou professionnels publiés ordinairement in quarto,

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