SCÈNE VI
heur arrive si vite !.. ( Elle se rapproche de la fenêtre et prend la lettre.)
LA VIOLETTE
ï a-t-il une réponse ?
florette, ouvrant la lettre.
C’est que nous allons voir. (Elle lit.) « Mon enfant, vous avez de l’esprit comme un démon ! » ( S’interrompant et faisant la révérence.) Elle est bien honnête, madame de Pompadour. (Lisant.) « Vous m’avez rendu un service que je n’oublierai » jamais... » (S'interrompant.) J’ai rendu un service à madame de Pompadour, moil.. (Continuant de lire.) « Grâce à vous,
» cette présentation est une affaire manquée.» (S'interrompant.) Il paraît que je l'ai décidément fait manquer... (Achevant la lettre.) « Acceptez la bagatelle ci-jointe et comptez en toutes » circonstances sur ma protection. » (Déployant un petit papier contenu dans la lettre.) Un bon de caisse de cent louis!...
la violette.
C ;nt louis !.. Pour quoi faire ?
FLORETTE
Pour quoi?.. Pour nous marier!
la violette, prêt à tomber d'émotion.
Ah ! mam’selle, ne dites donc pas de ces choses-là à un homme qui est sur un arbre !..
florette, effrayée.
Ah! mon Dieu!.. Dépêchez-vous de descendre... et surtout tâchez de ne rien vous casser.
la violette, descendant.
As pas peur, mam’selle... Je suis un véritable écureuil ! (Il disparaît. — On l'entend tomber lourdement. )
FLORETTE
Patatras!.. Voilà l’écureuil par terre !.. ( Courant à lafcnêtte.) Vous êtes-vous fait mal?..
la violette, d'en ùas .
Au contraire, mam’selle !..
FLORETTE
A la bonne heure... (A elle-même.) Je ne pourrais jamais souffrir un homme cassé !.. (Criant à la fenêtre.) Attendezmoi... jo vais vous rejoindre... ( Redescendant la scène.) Dépêchons-nous de serrer mes cent louis... (Elle va reprendre son
panier, et y met tousses ustensiles, ainsi que le billet de caisse.) Cent louis à moi!... et la protection de madame de Pompadour !.. ça vaut mieux que les vingtlouis de l’autre... 11 parait que j’ai bien fait de flâner... (An public.) Mais une fois n’est pas coutume... et, comme je vais m’établir à mon compte, si vous voulez me donner votre pratique, vous trouverez chez moi exactitude, célérité, discrétion... ( Baissant la voix.) Je dis cela pour les dames qui ont besoin d’artifices. — Mais, pardon... La Violette m’attend... (Elle fait une révérence elva vour s'en aller.) A l’honneur... (S’arrêtant et revenant sur le devant de la scène.) Ah! ustuberlue que je suis!., et mon adresse que j’oubliais de vous donner!.. (Elle prend une adresse dans son panier).
Air précédent.
N’oubliez pas la petite Florette,
Qui vous attend tous à son magasin.
Où, sous 1’ beau nom de madam’ La Violette,
EU’ va trôner comme un’ rein’ dès demain,
Je veux trôner comme un’ rein’ dès demain.
Bonne ouvrière,
, A mon comptoir C’est surtout 1’ soir Que l’on pourra me voir.
D’vous satisfaire Tous désormais Je vous promets ;
Car on le sait, je n' llàn’ jamais...
Et mon époux Quoiqu’ très-jaloux.
Messieurs, s’ ra pleiu d'égards pour vous.
( Trompette au dehors.)
farts. — Tvji, <tc M™* V" Dowlry-Dupré, rue Saint-louis, 46, au Marais.
Oui, messieurs (bis), faites tous comme cela!
;e déjà ?