RÊVERIE
Ur pourquoi de l'enfant cet indicible ennui, Cette vague langueur? Son œil qui toujours luit D'un feu superbe et noir, entre ses longs cils sombre* Est morne; — quel chagrin lui met au front ses ombres?
— Veut-elle un fin joyau qu'elle a vu quelque part ? Non; — car elle l'aurait sans le moindre retard,
Et sa boite à bijoux esc riche de camées,
De perles, de colliers, — qu'envieraient les alméts!...
— Le plumage ocellé de son superbe paon
S'est-il un peu terni ? — Peut-être son faon Familier serait mort? — Non plus.
Alors qu'a-t-elle?..
Ah ! saurait-elle, ô Dieu, son amant infidèle ? Non, certes ! Car jamais elle a senti son cœur S'émouvoir à l'aveu d'un soupirant vainqueur. 'D'ailleurs, se pourrait-il que, tel qu'il fût, un homme, Grand planteur ou pourtant un titre qu'on renomme, Pût avoir oublier l'éclair de son œil noir Une fois qu'elle y fit luire un rayon d'espoir?
Aurait-elle enfin vu près d'une autre, — rivale Triomphante, en richesse, en beauté qui l'égale, — Courir ses courtisans? — Non plus, car ils sont tous Plus ardents que jamais et d'elle toujours fous. Même ils doivent venir pour une promenade A travers la forêt, — joyeuse cavalcade, Dont elle sera reine.
Or voilà son ennui :
Cela n'est point nouveau ! Son caprice aujourd'hui Voudrait d'un plaisir neuf, inconnu, qui l'amuse; Et depuis ce matin son esprit se refuse A satisfaire enfin ce caprice nouveau.
Elle n'a rien trouvé!....
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