‹ Fleur d'orChapitre 2 sur 13 · TOUTE-PUISSANCE · texte numérisé non relu

TOUTE-PUISSANCE

Pourtant notre héroïne ït fille d'un colon puissant ; chacun s'incline umblement à ses pieds adorés, l'homme blanc ussi bien que le noir en ses fers pâtissant; t l'amour de son père obéit aux caprices ans frein de son esprit.

Elle a tout, — les délices 'une existence d'or et, quels qu'ils soient, ses goûts, îs désirs sont comblés, les plus grands, les plus fous! our elle, le possible est fait et l'impossible î fait, même au mépris de chose inaccessible. . .

Veut-cuc un rare objet qu'à Santo-Domingo,

Ou bien au Port-au-Prince on vend? — Du Cibao

Où retentit son ordre, aussitôt vingt esclaves

Se précipitent tous, en dépit des entraves ;

Et, dans le moindre instant possible, dans sa main

Klle a, réalisé, son désir. — Or demain

Encor, ce qu'elle veut, il faut qu'elle en jouisse,

Quitte à briser, après^ l'objet de ce caprice

D'une heure, qu'elle jette ensuite avec mépris.

Et pourtant, cet objet bien souvent est le prix

D'une existence humaine, hélas ! . . . C'est que l'esclave

Qui tarde même un peu, voit son cas qui s'aggrave

Sous le fouet odieux du cruel commandeur!

Il met donc grande hâte et parfois son ardeur

Lui fait perdre le souffle; il arrive, — mais tombe

Roidc, payant ainsi l'effort dont il succombe . . .

Mais qu'importe au planteur de sombres désespoirs

Et ces morts! — N'a-t-il point par milliers de ces noirs?

Il est content, heureux; — sa fille est satisfaite!

Elle sera si belle à la prochaine fête. . . .

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