‹ Fleur d'orChapitre 5 sur 13 · LES JEUNES BLANCS · texte numérisé non relu

LES JEUNES BLANCS

Jja voilà qui soudain de son hamac se lève. Ce souvenir a-t-il mis un terme à son rêve? Non. Mail, une rumeur de fouet et de grelot, De cavalier joyeux qui viennent au galop Eveille sa torpeur.

Elle court à sa chambre, S'habille en amazone, et le doux parfum d'ambre, Que tous connaissent bien, annonce son retour. Elle arrive superbe, altière, en son atour Qui la moule à ravir.

Comme fait une reine, Elle donne a baiser, tranquillemei ne,

Son poignet délicat. Avec hâte, les blancs Descendent de cheval» empressés et galants,

de grâce et mielleux de tendresse, — Car elle est belle, — elle a surtout grande richesse !

• — « Trêve de compliments, Messieurs! Trouvez plutôt Un divertissement que mon âme en défaut A cherché vainement.

— « Faisons la promenade A cheval dans les bois!... »

-- <j. Du nouveau, c'est trop tade!

Ça, mettez-vous en frais d'imagination, Pour faire à mon ennui prompte diversion!.. »

« — Canotons sur l'étang... »

— (( Fi de la bagatelle !

Je m'ennuie et voudrais d'une chose nouvelle,.. »

Alors ils ont tous peur qu'elle se moque d'eux Et préfèrent garder un silence honteux.

Car ils savent qu'il faut pour plaire à l'assoiffée De plaisirs toujours neufs, la vertu d'une fée Ou le pouvoir d'un roi !

— « Bret, partons sans projet, Messeigneurs, — leur dit-elle; — au bois même un sujet Viendra nous divertir. Ma jument isabelle Dans sa course rapide à mon ennui rebelle Saura me disputer!— Vite, tous à cheval!... »

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